Privés de visites aux enfants malades du CHU de Clermont-Ferrand, les clowns ont perdu le sourire

A Clermont-Ferrand, depuis le premier confinement dû au COVID 19, des clowns bénévoles n’égayent plus le quotidien des enfants malades du CHU Estaing. Les jouets viennent aussi à manquer.
 
Depuis le mois de mars, en raison de la crise sanitaire, les clowns bénévoles ne viennent plus dans les hôpitaux.
Depuis le mois de mars, en raison de la crise sanitaire, les clowns bénévoles ne viennent plus dans les hôpitaux. © Les deux arts enfants hospitalisés
Au CHU Estaing de Clermont-Ferrand, les clowns bénévoles qui interviennent pour réconforter les petits patients ont rangé leur nez rouge. Crise du COVID oblige, la douzaine de clowns de l’association « Les deux arts enfants hospitalisés » ont interrompu depuis mars dernier leurs interventions aux urgences pédiatriques et dans les services. Emma Hugon, clown bénévole depuis 5 ans, en fait partie. C’est un véritable crève-cœur de ne plus pouvoir aider les enfants malades. Elle raconte : « Les dernières séances se sont faites en février. Notre activité s’est totalement arrêtée dès le premier confinement. On espérait pouvoir reprendre après le premier confinement. Mais on attend et on comprend. On est encore en lien avec les équipes pédiatriques. Pour le moment, ces séances nous manquent énormément et je sais que pour les enfants c’est pareil. On intervient aux urgences, on accueille l’enfant dans la salle d’attente et on va le suivre tout au long de son parcours. Ensuite, s’ils sont en court séjour, on peut être amenés à les revoir. En long séjour, il peut nous arriver d’intervenir, même en oncologie, à la demande des médecins ».

Donner le sourire aux enfants

Jérémie Brassier, infirmier puériculteur au CHU Estaing, confirme : « Ca fait 10 ans que je travaille aux urgences. L’association « Les deux arts enfants hospitalisés » intervient en général les mercredis et les samedis. Ils ne sont pas là uniquement pour les cadeaux. Il y a une chanteuse, un clown au ukulélé, qui passent de box en box. Ils font des petits jeux avec les enfants, avec des marionnettes. Ils donnent le sourire aux enfants. Ces clowns apportent bienveillance, gentillesse et joie ».

Plus de jouets à distribuer

En plus de leur intervention, les clowns avaient aussi l’habitude de distribuer des jouets aux enfants. Avec le confinement, les stocks de jouets des urgences pédiatriques ont fondu comme neige au soleil. Jérémie Brassier souligne : « On ne voit plus les clowns depuis le mois de mars, depuis le premier confinement. Ils voulaient revenir mais c’était juste avant l’annonce du deuxième confinement, donc ils ont été obligés de tout annuler. Les membres de l’association « Les deux arts enfants hospitalisés » nous donnaient beaucoup de jouets pour les enfants, que l’on donne souvent après les soins, quand on fait une prise de sang, ou des points de suture. La conséquence est que nos armoires sont complètement vides. On ne peut plus gratifier les enfants pour leur courage. On leur dit bravo mais on ne peut plus rien leur offrir derrière ». Depuis septembre, les armoires de jouets sont désespérément vides.

J’aimerais vraiment qu’ils reviennent et je ne suis pas le seul à penser ça

L’infirmier puériculteur poursuit : « Les enfants ont connu un moment douloureux, un moment assez intense. Parfois ils pleurent pendant que l’on fait un soin. Ca les fait sourire, ça leur donne du baume au cœur d’avoir un petit cadeau après un soin. Les clowns apportent aussi de la joie au personnel et on rigole souvent avec eux. On partage des bons moments ensemble. J’aimerais vraiment qu’ils reviennent et je ne suis pas le seul à penser ça ». Même manque du côté des clowns bénévoles. « On va dédramatiser le soin. L’enfant a confiance en nous, il est plus apaisé. On fait bloc avec l’équipe médicale  On ne s’investit pas dans une association comme ça si on n’a pas la vocation, entre guillemets. On est tous du milieu médical ou du milieu artistique. Là c’est un vrai stop. C’est le cœur qui parle. Le côté bénévole me manque énormément » confie Emma Hugon. A Noël, habituellement, avec toute l’équipe de l’association, elle se déguise en lutin et passe dans les services avec le Père Noël bien évidemment. Des jouets sont alors distribués. Cette année, cela ne sera sans doute pas possible, en raison des consignes sanitaires à respecter. Mais Emme a bon espoir de reprendre bientôt le chemin de l’hôpital. Si vous souhaitez faire un don de jouet, obligatoirement neuf, destiné aux petits malades du CHU Estaing, vous pouvez vous tourner vers « Les deux arts enfants hospitalisés » ou encore auprès de l’Apech, association pour le confort de l’enfant hospitalisé, une structure de soignants du CHU de Clermont-Ferrand.
 
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