Puy-de-Dôme : depuis le confinement, le succès du drive ne se dément pas

Depuis le confinement, les habitudes de consommation ont changé. Les clients ont testé la formule du drive et semble-t-il y ont pris goût. Dans le Puy-de-Dôme, les supermarchés constatent cet engouement pour le drive.
 

Pour Brice Meunier, directeur de supermarché à Ceyrat, près de Clermont-Ferrand, "Le drive est un vrai phénomène de société".
Pour Brice Meunier, directeur de supermarché à Ceyrat, près de Clermont-Ferrand, "Le drive est un vrai phénomène de société". © Jean-François FREY / MAXPPP
C’était l’un des grands succès du confinement : les drive, ces ventes à emporter de produits de la grande distribution préalablement commandés sur Internet, ont croulé sous la demande. Dans le Puy-de-Dôme, le succès de ce mode de consommation ne se dément pas. Frédéric Bonin, directeur d’un supermarché Casino à Clermont-Ferrand, constate : « C’est un succès qui se confirme. Durant le confinement, nous avions doublé voire triplé le nombre de commandes. Actuellement, nous remarquons une hausse de 15 à 20% du nombre de commandes en drive par rapport à l’année dernière. Les clients ont adopté ce système pendant le confinement. Il y a toujours une appréhension de venir en magasin et de croiser d’autres clients ».

Des chiffres record pendant le confinement

Dans son établissement, la part du drive représente actuellement 4% du chiffre d’affaires, contre 15% pendant le confinement et 2% habituellement. Frédéric Bonin prévient : « Je pense que le drive va encore se développer mais va arriver à un point de saturation. Toute la clientèle ne se reconnaît pas dans ce mode de consommation. Il reste le besoin d’aller en magasin, de voir un vendeur, de choisir son produit. Le point de saturation arrivera dans 4 ou 5 ans ». Rodrigue Serman est le directeur de l’hypermarché Leclerc du Brézet à Clermont-Ferrand. Il affirme : « Nous sommes loin de l’engouement pour le drive que nous avons connu pendant le confinement. Mais depuis l’annonce du passage du département du Puy-de-Dôme en zone rouge, on sent que les clients commencent à revenir, que les créneaux se remplissent plus vite. Mais il n’y a rien à voir avec le confinement, où on a enregistré une progression du chiffre d’affaires du drive de 30 à 40% ». Dans cet établissement clermontois, le drive représente 25% du chiffre d’affaires total, contre 35% pendant le confinement. Avant le confinement, il stagnait entre 22 et 25%.

Des drive fermiers

A Riom et à Aubière, près de Clermont-Ferrand, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a voulu surfer sur ce succès en créant en avril dernier 2 drive fermiers. "Nous enregistrons une quarantaine de commandes par semaine contre 150 environ pendant le confinement" confie Angélique Sérange, de la Chambre d'agriculture. La structure compte environ 200 références et une quinzaine de producteurs locaux. Elle espère fidéliser sa clientèle pour ainsi soutenir les producteurs locaux et valoriser les circuits courts.

Convaincre les réticents

A l’Intermarché de Ceyrat, près de Clemont-Ferrand, Brice Meunier, directeur de la grande surface, a aussi constaté l’engouement pour le drive. Il explique : « On reste sur des niveaux de vente encore assez élevés depuis le confinement. Aujourd’hui, le drive représente 10 à 12 % du chiffre d’affaires. Il était monté jusqu’à 18% pendant le confinement. Avant cette période, il représentait entre 8 et 10% du chiffre d’affaires ». Les grandes surfaces semblent être parvenues à fidéliser une nouvelle clientèle venue pendant le confinement. Brice Meunier souligne : « Même les personnes âgées, qui étaient réticentes, s’y sont mis. Elles ont continué à commander sur le drive. Nous avons réussi à convaincre des clients qui n’étaient pas forcément à l’aise avec l’outil informatique ».

Le drive est un vrai phénomène de société

Pour le directeur du supermarché de Ceyrat, « Le drive est un vrai phénomène de société. Ca a changé notre organisation, notre logistique. Nous avons dû embaucher 4 personnes pour le drive. De plus, le panier moyen est plus élevé pour un drive que pour un achat en caisse. Là où un client achète un pack d’eau en caisse, il va s’en procurer 4 en drive ». Brice Meunier est convaincu que le drive va s’installer dans nos mœurs. Il conclut : « Le confinement n’a fait qu’accentuer une tendance de consommation. Sans le confinement, on n’aurait sans doute pas atteint un tel niveau de commandes avant 5 ans ». Le confinement a donc été un formidable catalyseur pour les ventes selon les professionnels du secteur que nous avons interrogés.
 
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