Réforme des retraites : à Clermont-Ferrand, "On ne lâchera rien dans ce combat", préviennent les syndicats

A Clermont-Ferrand, les syndicats veulent faire de la manifestation du 31 janvier un nouveau coup d'éclat. Après la forte mobilisation du 19 janvier, ils sont toujours opposés à la réforme des retraites et espèrent, en ce jour de grève, rassembler encore plus largement.

A Clermont-Ferrand, l’unité syndicale contre la réforme des retraites portée par le gouvernement ne se fissure pas. L’intersyndicale, composée de 10 organisations, prévoit une retraite aux flambeaux ce jeudi 26 janvier, à 18 heures, à Chamalières, près de Clermont-Ferrand. Une autre journée de grève interprofessionnelle est programmée le mardi 31 janvier, à Clermont-Ferrand. Frédéric Bochard, secrétaire départemental FO du Puy-de-Dôme, explique : « Nous avons pris un certain nombre de décisions pour poursuivre l’action et l’étendre. Jeudi, à 18 heures, nous allons organiser une marche aux flambeaux du Carrefour Europe de Chamalières jusqu’à la place de Jaude. Le mot d’ordre est le retrait de la réforme. Partout où on le peut, nous organisons des opérations de tractage pour continuer d’informer les salariés et la population sur les conséquences de la réforme. C’est aussi pour cela qu’on soutient toutes les initiatives prises dans les entreprises et dans les services publics. On organise une journée de grève interprofessionnelle le mardi 31 janvier. On prépare une grande manifestation qui partira de la place du 1er Mai pour se rendre à la place de Jaude ».
Pour Valérie Guillaume, secrétaire générale adjointe CFDT Auvergne-Rhône-Alpes, il faut continuer les actions : « Il doit y avoir des assemblées générales dans les entreprises.  C’est avec les travailleurs et les travailleuses qu’on construit la suite. Nous voulons mobiliser largement pour le 31 janvier. Après, on verra selon les secteurs d’activité s’il y a des demandes particulières. On appuie les différentes grèves qui peuvent avoir lieu dans les différents secteurs professionnels. Les travailleurs et les demandeurs d’emploi décideront jusqu’où ils sont prêts à aller car la réforme est injuste socialement. Il y a plein de points à revoir, comme la pénibilité et l’emploi des séniors. Tout le monde n’est pas prêt à travailler jusqu’à 64 ans ».

"Faire mieux que la journée du 19 janvier"

Selon Ghislain Dugourd, secrétaire départemental CGT du Puy-de-Dôme, les syndicats doivent occuper le terrain : « L’état d’esprit est de faire mieux que la journée du 19 janvier. C’est pour cela que l’intersyndicale a décidé d’une action dès ce jeudi, pour essayer de populariser le mouvement et montrer à celles et ceux qui ne se sentiraient pas concernés qu’ils le sont, bien entendu. On veut rassembler encore plus largement, continuer de convaincre qu’il y a nécessité de se mobiliser par la grève, collectivement dans les entreprises et dans les services. Le 19 janvier était un point de départ. Forcément, on a l’ambition que ce soit encore plus massif mardi prochain ». De leur propre aveu, les organisations syndicales ne s’attendaient pas à une telle mobilisation dans les rues de Clermont-Ferrand le jeudi 19 janvier : elles avaient avancé le chiffre de 30 000 manifestants contre 19 000 pour la préfecture. « Honnêtement, il y a longtemps qu’on n’avait pas vu autant de monde. On était plutôt satisfaits de la mobilisation globale. Notre objectif pour le 31 janvier est de faire aussi bien, si ce n’est mieux » indique Valérie Guillaume, secrétaire générale adjointe CFDT Auvergne-Rhône-Alpes. 

"Il faut que le gouvernement entende cette colère, entende ce refus et qu’il retire son projet"

Patrick Lebrun, secrétaire académique FSU se félicite de la mobilisation : « On a rarement vu ça pour une première journée de grève et de manifestation, dans un contexte social qui n’est pas facile. Cela nous rassure et cela devrait inquiéter le gouvernement. Il était parti sur des bases où il sous-estimait notre capacité de mobilisation et de conviction. On va essayer de mobiliser encore plus. L’objectif est de faire plier le gouvernement. Les actions sont là pour montrer qu’on est toujours présents, mobilisés et déterminés ». Frédéric Bochard, secrétaire départemental FO du Puy-de-Dôme, est lui aussi satisfait de la manifestation du 19 janvier : « Quelque 30 000 manifestants pour cette première journée de grève interprofessionnelle c’est clairement un coup de semonce retentissant contre le projet de réforme. Il faut que le gouvernement entende cette colère, entende ce refus et qu’il retire son projet. Je me souviens de mon instituteur. Quand il me rendait une copie et qu’elle n’était pas bonne, je la reprenais. Là, la copie du gouvernement n’est pas bonne. Nous sommes en quelque sorte les instituteurs qui disons au gouvernement qu’il doit retirer son projet car il n’est pas bon ». Même son de cloche de la part de Ghislain Dugourd, secrétaire départemental CGT du Puy-de-Dôme : « On s’attendait à quelque chose de fort. On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi fort. C’est une réussite dans le sens où on a fait mieux qu’en 2019 et 2020 ».

L'importance de l'unité syndicale

A Clermont-Ferrand comme au niveau national, les syndicats parlent d’une même voix. Patrick Lebrun, secrétaire académique FSU, souligne : « Il y a toujours une unité intersyndicale et interprofessionnelle très forte. C’est toujours l’unité qui nous guide. On n’attendait rien des annonces du gouvernement et elles ne vont pas nous faire changer d’avis. On est toujours déterminés. L’objectif est le retrait de cette réforme : on ne veut ni l’allongement de la durée de cotisation, ni du report de l’âge légal de la retraite ». Une unité qui ravit Frédéric Bochard, secrétaire départemental FO du Puy-de-Dôme : « Cette unité syndicale nous conforte tous mais aussi les salariés, les jeunes, les retraités. Cela conforte tout le monde de voir cette unité claire sur le mot d’ordre d’abandon de la réforme, du refus de l’allongement de la durée de cotisation, du refus du recul de l’âge de la retraite. Je constate que les oppositions à ce projet sont multiples. On avait les organisations de retraités mais parmi les politiques je constate que l’unanimité ne se fait pas, y compris dans le camp de ceux qui pourraient soutenir cette réforme. Des membres du parti des Républicains renâclent à voter cette réforme ».

Objectif mardi 31 janvier

Désormais, les syndicats locaux ont les yeux rivés sur la manifestation du mardi 31 janvier. Frédéric Bochard, secrétaire départemental FO du Puy-de-Dôme, insiste : « L’objectif de mardi est de faire une grève interprofessionnelle massive, avec des manifestations. On comptera. Comme l’a dit notre secrétaire national, si le gouvernement ne renonce pas à son projet, il faudra le blocage du pays. Dans les secteurs de l’énergie, du transport, de la santé, de l’Education nationale, des appels à la grève reconductible sont lancés ». Valérie Guillaume, secrétaire générale adjointe CFDT Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle que faire grève n’est jamais anodin, surtout dans un contexte d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat : « Ce n’est jamais par plaisir qu’on se met en conflit et qu’on perd une journée de salaire. Ce n’est pas rien pour bon nombre de travailleurs et de travailleuses qui sont déjà dans la précarité. Faire grève est la preuve qu’ils sont déterminés ». Ghislain Dugourd, secrétaire départemental CGT du Puy-de-Dôme, précise : « On sait bien que ça coûte de faire grève une journée. Si, sur une journée de mobilisation, on est des milliers à se mettre en grève, le rapport de force augmente donc c’est cela qui peut faire que le gouvernement reviendra sur sa décision ». Face à un gouvernement qui n’entend rien lâcher pour faite passer sa réforme, la confrontation avec les syndicats s’installe. Ghislain Dugourd indique : « Je ne sais pas si le conflit pourrait être long. On est forcément contraints par l’agenda imposé par le gouvernement. On a eu des exemples par le passé où, malgré un passage en force d’une loi ou d’une réforme, la mobilisation peut arriver à faire bouger les lignes. C’est une mobilisation qui s’inscrit dans la durée. On l’a répété : on ne lâchera rien dans ce combat ».

Après la manifestation du mardi 31 janvier, l’intersyndicale doit se réunir à Clermont-Ferrand. Elle envisage d’ores et déjà des actions pendant les vacances scolaires.

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