REPORTAGE. Pénurie de carburant : à Clermont-Ferrand, la galère pour faire le plein

Cherche carburant... désespérément. À Clermont-Ferrand, comme ailleurs, faire son plein est, depuis quelques jours, une véritable galère. J'en ai fait l'expérience en explorant les différentes stations-service de la ville.

Dix heures du matin. La voiture de reportage a besoin de carburant. Ma mission : trouver de l'essence à Clermont-Ferrand. Je jette un coup d'œil rapidement sur la carte recensant les stations-service ayant du carburant encore disponible. Bingo. Direction une station-service au nord de la ville. 

« Je me suis réveillée à 6 heures du matin pour mettre de l'essence »

J'arrive sur place. Manque de chance, plus d'essence seulement du gasoil. J'aperçois une conductrice faisant les cent pas, près de sa voiture, le capot ouvert : « Ce qui devait arriver arriva. Je suis tombée en panne », souffle Sandrine désabusée. Une panne qui n'est pas due au manque d'essence mais qui embarrasse tout de même la trentenaire : « Je me suis réveillée exprès à 6 heures du matin pour mettre de l'essence. Tout ça pour tomber en panne.» En attendant, je n'ai toujours pas rempli ma mission : trouver de l'essence. Je revérifie. Une station-service près du Brézet a visiblement encore du carburant. 

>> CARTE ACTUALISEE. Carburant : où trouver de l’essence et du gasoil près de Clermont-Ferrand

« Je fais 10 stations, chaque jour, avant de trouver la bonne» 

Sur place, des dizaines de véhicules font la queue près des pompes. Mais faux espoir encore une fois. Le fameux SP 95 est en rupture de stock. Arrivés devant les pompes, plusieurs automobilistes ont fait demi-tour. Ils n'avaient pas vu le panneau rouge qui affichait pourtant la rupture : « C'est que le gasoil ici ?!», s'exclame Samir. 

Une fausse joie qui a en trompé un en particulier. Saïd était venu mettre du gasoil dans sa citadine blanche. Heureux de pouvoir enfin trouver du carburant, il en a même oublié que sa voiture roulait à  ... l'essence. Le jeune homme a donc fait un plein de diesel sans s'en rendre compte :  « J'étais tellement joyeux de trouver enfin une station-service ouverte que j'ai même pas fait gaffe quel carburant je mettais ». Le malchanceux rentre donc chez lui sans essence... et sans voiture.

À l'image de Saïd, beaucoup n'en sont pas à leur coup d'essai et ont dû faire plusieurs stations. Clara a fait le tour des stations-service depuis tôt ce matin : « Je fais pas moins de 10 stations, chaque jour, avant de trouver la bonne ». Une nécessité au vu de son travail : « Je suis agent d'entretien. Je fais une dizaine de sites par jour, et parfois en dehors de Clermont-Ferrand. Donc l'essence et la voiture, j'en ai besoin ». 

Certains - ne voulant pas gaspiller de l'essence pour en chercher -  anticipent leur quête du précieux carburan. C'est le cas de Gérard : « Tous les jours, je jette un coup d'œil sur une appli et sur les différents sites qui recensent les stations-service qui ont encore du carburant », explique le jeune retraité tout en me montrant son smartphone. « Je n'ai pas eu besoin de chercher bien longtemps, par chance», ajoute-t-il, tout en souriant.

Près de 45 min d'attente 

Je ne perds pas de vue mon objectif : trouver de l'essence. Par chance, en discutant avec un pompiste il m'indique qu'une station-service au centre de la ville vient d'être livrée en carburant, ce matin. En arrivant, je m'aperçois que je n'étais pas la seule à avoir eu l'information : une cinquantaine d'automobilistes aussi. La file s'étend jusqu'au carrefour, créant des embouteillages.

Un conducteur s'agace : « C'est vraiment une catastrophe. J'habite à la campagne, j'ai vraiment besoin d'essence. Venir ici et se taper les bouchons c'est agaçant » s'impatiente ce trentenaire. Il est 11 h 50, une trentenaire de voitures sont encore devant moi. Une dizaine de minutes plus tard, la sécurité disposent des plots. « Plus d'essence ! » s'écrie un agent de la station-service. « Bon, et bien 30 minutes à attendre pour rien », lance Catherine en haussant les épaules. Mais une automobiliste ne l'entend pas de cette oreille. L'agent doit jouer les médiateurs avec la conductrice déterminée à rentrer dans la station : « D'habitude, ça se passe très bien. Et puis, parfois des automobilistes en ont un peu marre et sont tendus » m'explique l'agent vêtu d'un gilet floqué aux couleurs de la station-service. La conductrice finira par repartir bredouille. 

Quant à moi, je ne me décourage pas et décide de faire une autre station-service, à l'est de la ville. C'est le même constat, une ribambelle de véhicules étalés sur près d'un kilomètre patientent pour faire leur plein.

Au volant d'un de ces véhicules, il y a Delphine pour qui cette station-service est sa dernière chance : « Le scooter de mon fils et ma voiture sont tombés en panne sèche à cause du manque d'essence », explique la mère de famille. Malgré l'interdiction, dans son coffre, quatre jerricanes rouges sont prêts à être remplis pour approvisionner ses autres véhicules : « C'est la seule voiture qui me reste si celle-là me lâche aussi, je suis mal ».  Après plus de « 45 minutes d'attente », Chloé est enfin arrivée à bon port. Cette aide-soignante a dû prendre son mal en patience : « Dans tous les cas on a pas le choix. C'est soit la queue, soit la rupture », philosophe-t-elle, un œil sur la jauge d'essence.

Après avoir fait près de six stations-service, et passé près d'une heure dans les files d'attente de véhicules, j'ai réussi ma mission. La voiture est pleine d'essence... en attendant mon prochain périple dans les stations-service.

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