Santé : le CHU de Clermont-Ferrand réalise la première greffe de ménisque en Auvergne

En août dernier, la première greffe de ménisque en Auvergne a été réalisée au CHU de Clermont-Ferrand. Une intervention majeure mais pourtant rare, il n’y a qu’une quinzaine de greffes de ce type en France chaque année

Le 5 août, au CHU de Clermont-Ferrand, a eu lieu la première greffe de ménisque en Auvergne.
Le 5 août, au CHU de Clermont-Ferrand, a eu lieu la première greffe de ménisque en Auvergne. © Stéphane Boisgard
Le 5 août dernier le CHU de Clermont-Ferrand réalisait la première greffe de ménisque en Auvergne. Une opération exceptionnelle effectuée sur un patient d’une trentaine d’années qui comme beaucoup avait subi l’ablation de son ménisque à la suite d’un gros traumatisme. « Le ménisque est situé entre le fémur et le tibia, et sert d’amortisseur naturel pour protéger les différents cartilages. Lorsqu’il est endommagé, son rôle de coussin n’est pas assuré et cela provoque de fortes douleurs. Pour calmer ces douleurs on retire la partie endommagée du ménisque.» explique le Pr Stéphane Boisgard, chef du service Orthopédie au CHU de Clermont-Ferrand. Mais pour ce chirurgien, retirer la lésion ne suffit pas : « C’est nécessaire dans un premier temps pour calmer la douleur mais vivre sans ménisque entraine à la longue une usure du cartilage et provoque de l’arthrose. L’idéal reste alors de remplacer le ménisque avant qu’il ne soit trop tard. » Heureux d’avoir pu réaliser la première greffe aux côtés du chirurgien orthopédique Roger Erivan, il sait que cette opération reste encore bien trop rare en France.

Une opération inédite

Pour le Pr Stéphane Boisgard, si cette opération est rare en France elle n’est pas facile à réaliser : « Nous avons tout fait par arthroscopie, c’est-à-dire que nous avons introduit de tout petits tubes pour fixer le ménisque sur son tissu périphérique. Les incisions font moins d’un centimètre et permettent d’introduire la greffe qui ne fait pas plus de 15 millimètres. » Une opération rapide selon le chirurgien Boisgard, réalisée par Roger Erivan en 60 minutes. « Il faut compter une soixantaine de jours pour la cicatrisation et pour que le tissu extrait du donneur décédé se régénère grâce aux vaisseaux sanguins. Après il faut surtout que ça dure dans le temps. » Pendant plusieurs mois les chirurgiens vont suivre leur patient pour s’assurer que la greffe a bien fonctionné : « Ce n’est pas comme le cœur ou les reins qui sont des organes qu’on a l’habitude de greffer, on expérimente encore mais tout semble bien marcher. » ajoute le chirurgien. Une opération révolutionnaire mais difficilement applicable selon Bruno Aufauvre, chirurgien orthopédiste au Pôle Santé République de Clermont-Ferrand qui aimerait lui aussi la mettre aussi en place.

Nous n’avons pas assez de greffons

« Pour l’instant la greffe du ménisque n’est qu’au stade expérimental et seuls les CHU sont habilités à le faire et reçoivent les greffons. » explique Bruno Aufauvre. Aussi, pour que la greffe soit réalisable, le patient doit répondre à un certain nombre de critères contraignants ajoute le chirurgien du Pôle Santé République : « Il faut que son ablation ou blessure soit récente, qu’il soit plutôt jeune, qu’il n’ait subi aucun autre traumatisme au genou, et que la morphologie de son ménisque soit exactement la même que celle du donneur bien entendu.» Un nombre de critères important comparé au nombre de donneurs, insuffisants selon le Pr Stéphane Boisgard qui dirige également l’Ostéobanque à Clermont-Ferrand, une banque associative de tissus humains de l’appareil locomoteur : « Notre Ostéobanque est l’une des plus riches de France car elle permet de récupérer de nombreux tissus en Auvergne et principalement à Clermont-Ferrand et de fournir des greffons mais cela ne suffit pas. Nous aurions besoin de réaliser au moins 300 greffes par an en France et nous ne pouvons en réaliser qu’une quinzaine. »

Demande de dons 

Pour remédier à ce déficit, le CHU en étroite collaboration avec l’Ostéobanque, met en place cette année un réseau de prélèvements dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, pour permettre d’augmenter le nombre de dons et donc le nombre de greffes. « Une équipe mobile va prélever dans les hôpitaux de toute la région Auvergne-Rhône-Alpes les greffons et même dans certaines villes comme Brive-la-Gaillarde qui ont accepté de collaborer. Il faut environ 100 tailles de ménisques différentes en stock pour pouvoir répondre suffisamment à la demande et être le plus exhaustif possible.» précise le Dr Stéphane Boisgard. En attendant que cette pratique se développe, le CHU de Clermont-Ferrand organisera sa prochaine greffe en octobre prochain. Tous espèrent voir le nombre de greffons augmenter d’ici là.  
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