Clermont-Ferrand : une société de maintenance aéronautique bientôt expulsée de l'aéroport

La nouvelle est tombée fin avril : la société Enhance aéro doit être expulsée de la plateforme aéroportuaire d’Aulnat dans les plus brefs délais. 80 salariés sont concernés. / © Aurélie Albert
La nouvelle est tombée fin avril : la société Enhance aéro doit être expulsée de la plateforme aéroportuaire d’Aulnat dans les plus brefs délais. 80 salariés sont concernés. / © Aurélie Albert

Des loyers impayés et une dette qui s’accumule, la société de maintenance aéronautique, Enhance aéro, est sous le coup d’une expulsion. L’entreprise est basée sur la zone aéroportuaire d’Aulnat. Le tribunal administratif a donné raison au gestionnaire de la plateforme.

Par Aurélie Albert

La nouvelle est tombée fin avril : la société Enhance aéro doit être expulsée de la plateforme aéroportuaire d’Aulnat dans les plus brefs délais. Le tribunal administratif a donné raison au gestionnaire de la plateforme, Vinci Airports.

Après 18 mois de loyer impayé, ce qui représente 566 000 euros, et une dette qui s’accumule, Vinci Airports a annoncé la nouvelle vendredi. Un coup dur pour les 80 salariés de l’entreprise. Comme pour Florent, qui travaille ici depuis 8 ans : « ça représente ma vie pare que tous les matins quand je me lève, je suis content de venir au travail parce que ce que je fais, j’aime ça. En plus, je le fais dans ma région de cœur. Pour l’instant, tout allait bien pour moi, jusqu’à vendredi (1er juin) ».

Depuis plusieurs années, le conflit s’enlise entre la PME et le gestionnaire. Créée en 2007, Enhance aéro s’installe sur la plateforme. En 2011-2012, ils doivent se déplacer dans de nouveaux locaux pour laisser leur place à une autre entreprise. Des nouveaux locaux vétustes, selon le président-fondateur, qui auraient nécessité une remise aux normes de plus de 160 000 euros. Des frais engagés directement par la société. S’ensuit des projets de développement industriel à hauteur de 450 000 euros ; le lancement d’une compagnie aérienne, Fly Kiss, qui n’a duré que quelques mois, sans soutien de l’aéroport et des collectivités selon le président-fondateur ; un loyer majoré de 30 %.
« Mener à la fois des investissements, des projets, recruter puisqu’on a créé une trentaine d’emplois ces deux dernières années, explique Bruno Lechevin. Et subir des aléas des marchés et de l’économie font qu’on s’est retrouvés en difficulté face à Vinci, et font que la situation est tout à fait résorbable ».

Un arrêté d'expulsion en 2015


Du côté de l’aéroport d’Aulnat, qui s’occupe de la plateforme pour le compte de Vinci Airports, les difficultés de la société ne datent pas d’hier. « Depuis leur déménagement, il y a des problèmes avec l’entreprise », évoque Cyril Girot, directeur de l’aéroport de Clermont-Ferrand. « La dette toute cumulée par la société est de plus de 900 000 euros. Certains impayés sont incontestables et ont été confirmés par le tribunal administratif. Notamment les 566 000 euros de loyers impayés. On avait déjà obtenu un arrêté d’expulsion en 2015. Mais compte tenu de la situation, nous avons privilégié la conciliation. »
Jusqu’en décembre 2017. Dès janvier, la résiliation de leur bail a été prononcée.

L’expulsion devrait être effective d’ici quelques semaines. Même si, les discussions ont repris entre les deux parties.
« On est dans une situation aujourd’hui où l’expulsion, si elle devait être mise en œuvre, aboutirait à la cessation de l’activité et au licenciement sec des salariés du site », insiste Bruno Lechevin.
La société Enhance aéro a d’ores et déjà fait appel de la décision du tribunal administration.

Une société de maintenance aéronautique bientôt expulsée à Clermont-Ferrand
Des loyers impayés et une dette qui s’accumule, la société de maintenance aéronautique, Enhance aéro, est sous le coup d’une expulsion. Basée sur la zone aéroportuaire d’Aulnat, le tribunal administratif a donné raison à Vinci airports, gestionnaire de la plateforme. Intervenants : Florent Senneret, technicien mécanien à Enhance aéro ; Bruno Lechevin, président fondateur du groupe - Reportage : Aurélie Albert, Arthur John et Gilles Malfray

 

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