VIDEO. "J'ai fait 200 000 km depuis ma jeunesse" : à 81 ans, André court toujours

Mais qu'est-ce qui fait courir André ? Agé de 81 ans, ce retraité de Clermont-Ferrand a, dans sa carrière, participé à 110 marathons. Rencontre avec cet infatigable passionné de course à pied.

A Clermont-Ferrand, sur la piste du stade Philippe-Marcombes, André Lacour, âgé de 81 ans, court encore et toujours. C’est une légende de la course à pied. Ce membre du Clermont Université Club vient au stade tous les jours et ne supporte pas de marcher. Il explique : « Quand on fait de la randonnée, avec ma femme et des amis, il faut toujours que je trottine plutôt que de marcher. Quand je marche, il faut des cannes, parce qu’à mon âge, on se déstabilise. En courant, on est toujours en ligne, on court toujours verticalement, si bien qu’il n’y a pas besoin de faire des grands écarts comme la marche à pied. Pour la marche à pied, il faut se tortiller, c’est difficile, tandis que courir en sautillant, c’est simple ».

Un entraînement physique

Sa passion de la course à pied le conduit à repousser ses limites avec des accélérations pour faire monter son rythme cardiaque. André Lacour souligne : « C’est là que le cœur se muscle mais il faut qu’il se muscle pendant 10 à 15% du temps de travail. Quand vous courez, il faut 80 à 85% avec des pulsations cardiaques en dessous de 110-120. De temps en temps, vous montez à 170-180 ».
 

J’ai fait une centaine de marathons, environ 110

Au fil des années, il a accumulé des trophées qu’il range discrètement au fond de son armoire. André a multiplié les participations aux compétitions de course de fond. Il a même remporté 3 fois le marathon de New-York dans sa catégorie d'âge. « J’ai fait une centaine de marathons, environ 110. Depuis 50 ans, j’en ai fait 2 à 3 par an, pas plus. Quand on travaille, on ne peut pas se permettre de courir tout le temps » avoue-t-il. Docteur en physique nucléaire, il a toujours privilégié sa carrière professionnelle. Il confie : « A l’époque, c’était très mal vu de faire du marathon et d’être un intellectuel, de faire des études dans le supérieur. C’était fait pour ceux qui travaillent la terre et les ouvriers ». Il a réalisé un record de 2h18 au marathon. André Lacour a même battu Alain Mimoun mais il lui reste un regret, celui de n’avoir jamais participé aux Jeux Olympiques. L'octogénaire indique : « On me reprochait de trop réfléchir et de faire réfléchir les athlètes. A l’époque, vous obéissiez et faisiez des 100 mètres et il ne fallait pas essayer de comprendre ce que vous faisiez ».

Des disputations en groupe 

Plusieurs fois par semaine, André pratique son exercice favori, le footing en groupe, au pied des volcans. La séance dure une heure et demie à deux heures, à son rythme, en parlant, en discutant, parfois même en se disputant. Il précise : « Celui qui ne peut pas faire de la disputation, il se retire, il donne ses idées et il s’en va. Ca ne va pas. Il faut qu’il y ait une disputation, sans que ce soit affectif ». Jean Yves Besson, fan d’André Lacour, indique : « Il va passer une demi-heure à vous prouver le contraire de ce que vous dîtes. Au bout d’une demi-heure, il vous dira que vous avez raison ». Ramon Ferrer ajoute : « C’est un individu, un personnage, un très grand personnage. Il est encore à nous expliquer des choses, à nous raconter les volcans et la vie, comme au premier jour. C’est un éternel recommencement ». Catherine Bouvet souligne : « André, tu cours 2 heures avec lui et tu n’as pas vu passer les 2 heures, car il va te parler du dernier livre qu’il a lu, de l’émission qu’il a vue hier sur Arte, de ses théories sur le cerveau, sur plein de choses ».

Un coureur infatigable

Pour lui, il est important de courir, contempler, partager, sans oublier de comptabiliser les kilomètres. André rappelle : « J’ai fait 200 000 kilomètres depuis que je cours, depuis ma jeunesse ». Courir comme au premier jour, c’est toute la vie d’André Lacour.

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