Dans le Puy-de-Dôme, ces éleveurs passent au bio et au circuit court pour mieux gagner leur vie

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Écrit par S.B avec Christian Darneuville

La France est désormais le 3ème pays européen en termes de surfaces agricoles utilisées en bio, derrière l'Espagne et l'Italie et désormais devant l'Allemagne. Et ce, même si les ventes de produits biologiques continuent de ralentir au premier trimestre 2022. Une autre tendance est la vente directe. Dans le Puy-de-Dôme, certains agriculteurs en quête d'indépendance sont adeptes des deux.

Comme chaque jour, matin et soir, Mathieu Favodon, agriculteur du Puy-de-Dôme, rend visite à ses animaux. Ses vaches savent ce qu’elles veulent. « C’est le caractère auvergnat ! », plaisante l’éleveur face à son troupeau de Charolaises avec quelques Ferrandaises, race locale du Puy-de-Dôme. L’agriculteur possède 144 têtes de bétail. L’exploitation est certifiée en agriculture biologique depuis avril 2021, raconte Mathieu Favodon : « J’ai réduit mon cheptel de moitié mais financièrement je m’en sors mieux car je valorise quasiment tous mes animaux en bio, sauf une dizaine de broutards par an qui partent. Et encore, ils partent en France, car je refuse de vacciner mes animaux ».

Un combat quotidien

Le choix de l’agriculture biologique est également celui des frères Laurençon. Leur exploitation est certifiée depuis juin 2021. Ils élèvent des cochons. Le chemin n’a pas été facile, raconte Olivier Laurençon : « Il a fallu qu’on se batte pour se convertir en bio et c’est un combat encore aujourd’hui. Ce n’est pas parce qu’on fait du bio que la conversion financière est faite. Par contre, se lever le matin pour aller voir les cochons ou, pour mon frère, aller dans les champs, ça a changé notre quotidien. Après, on doit encore se battre pour y arriver ».

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La France est désormais le 3ème pays européen en termes de surfaces agricoles utilisées en bio, derrière l'Espagne et l'Italie et désormais devant l'Allemagne. Et ce, même si les ventes de produits biologiques continuent de ralentir au premier trimestre 2022. Une autre tendance est la vente directe. Dans le Puy-de-Dôme, certains agriculteurs en quête d'indépendance sont adeptes des deux. ©C.Darneuville/B.Livertoux/K.Janicki/ France 3 Auvergne

Le circuit court

Une bataille qui a déjà commencé en 2012 avec la vente directe puis, trois ans plus tard, l’embauche d’un boucher et la création d’un atelier de découpe. « Normalement, un éleveur vend ses cochons à la coop' sans avoir la mainmise sur le prix. Aujourd’hui non plus on ne peut pas dire qu’on l’ait car il y a la concurrence et d’autres choses. Je ne sais pas si on a plus de réussite mais en tout cas elle est entre nos mains », ajoute Olivier Laurençon.

Pas d'intermédiaires

Aujourd’hui, éleveurs de porcs et de charolais sont associés et une autre salariée a été embauchée. Entre les fermes, la boutique, les marchés et le travail à l’atelier, les heures s’accumulent mais tous ont trouvé un équilibre, notamment financier. Leurs revenus ne dépendant plus de la fluctuation des marchés, et Mathieu Favodon s’en félicite : « J’ai 80 % de ma production de bœuf que j’élève chez moi qui se retrouvent ici, dans l’atelier de découpe. Le but est de court-circuiter tous les intermédiaires qui se font des sous sur notre dos et de pouvoir donner une viande de qualité à nos clients ». Prochaine étape, la création d’un site internet et d’un catalogue de vente en ligne mais pas question de changer de modèle.

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