En Auvergne, les professionnels de la forêt face aux défis du changement climatique

Le réchauffement climatique se voit de plus en plus notamment en forêt. Les forestiers constatent depuis 2 ans un fort dépérissement des arbres : 10 à 15 % sont en train de mourir et cela touche toutes les essences. Mais ces forestiers prennent le problème à bras-le-corps. Ils font des recherches poussées pour trouver les essences qui conviendront demain. Illustration dans l’Allier et le Puy-de-Dôme.

A Molles, dans l’Allier, ce forestier fait face à une situation hors-norme : sur cette parcelle de 16 hectares, en montagne bourbonnaise, les pins sylvestres et les épicéas sont condamnées à cause du manque d’eau ou des températures excessives. Le dépérissement atteint 35 % : du jamais vu. Jean-Jacques Miyx, propriétaire forestier, indique : « On a de plus en plus d’arbres secs, soit sur pied, soit des chablis, c’est-à-dire des arbres qui tombent. Ici on est sur une parcelle qui a été plantée en 1955. Manifestement elle ne va pas passer les 10 ans qui viennent ». 

De nouvelles essences

Il sait donc qu’il va devoir replanter. Les commandes sont passées chez le pépiniériste mais les essences vont changer pour s’adapter au changement climatique. Des arbres, résineux, feuillus seront plantés, en provenance de Californie, de Méditerranée ou encore du Caucase. David Laurent, pépiniériste, souligne : « On n’est pas sûrs que cela va marcher et d’une certaine manière, on peut dire qu’il y a une prise de risque. Mais on ne veut pas être juste dans le constat du dépérissement et dire que c’est trop tard. On veut être acteurs pour les choses qui sont devant nous. La solution ou la proposition serait d’intégrer de manière progressive ou mélanger des essences pour lesquelles on a de l’espoir de les revoir dans 50 ans ou dans un siècle ». 

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Le réchauffement climatique se voit de plus en plus notamment en forêt. Les forestiers constatent depuis 2 ans un fort dépérissement des arbres : 10 à 15 % sont en train de mourir et cela touche toutes les essences. Mais ces forestiers prennent le problème à bras-le-corps. Ils font des recherches poussées pour trouver les essences qui conviendront demain. Illustration dans l’Allier et le Puy-de-Dôme. Intervenants : Jean-Jacques Miyx, propriétaire forestier / David Laurent, pépiniériste / Benoît Rachez, directeur général d'Unisylva ©S. Vinot / C. Jouvante / Y. Capy

De nouveaux outils pour gérer les forêts

Pour minimiser les risques d’échec, la coopérative Unisylva développe depuis deux ans de nouveaux outils pour bien conseiller ses forestiers adhérents. Suivi du dépérissement par images satellite, étude des sols, climat et de la topographie, terrain par terrain : la gestion d’une forêt désormais va devoir se faire avec précision, comme ici à Paslières, dans le Puy-de-Dôme. Benoît Rachez, directeur général d'Unisylva, explique : « On ne peut pas dire d’une façon générale quelle est la bonne façon de gérer la forêt, compte tenu du changement climatique. Il faut être capable de s’adapter. Peut-être qu’il y a certains cas où la solution va être par exemple de faire une régénération naturelle. Il y a d’autres cas, où, à l’inverse, on a des peuplements qui arrivent en bout de course et qui commencent à être fragilisés. Il vaut mieux envisager de les récolter et de replanter avec des espèces plus adaptées ». Unisylva a lancé une trentaine de plantations où elle teste les essences. Elle n’en aura les conclusions complètes que d’ici 30 ans.