Puy-de-Dôme : comment les fours de l'usine Constellium vont chauffer des bâtiments d’Issoire

Dès 2022, les fours de l’usine Constellium d’Issoire (Puy-de-Dôme) devraient chauffer une quarantaine de bâtiments de la ville. Un projet de réseau de chaleur a été approuvé par la municipalité. Il permettra de récupérer la chaleur des fours de l’usine, une première en Auvergne.

Ce sont ces fours de fusion de Constellium qui vont alimenter en chaleur une quarantaine de bâtiments d'Issoire (Puy-de-Dôme).
Ce sont ces fours de fusion de Constellium qui vont alimenter en chaleur une quarantaine de bâtiments d'Issoire (Puy-de-Dôme). © Constellium Issoire

Les fours de l’industrie Constellium pourront, d’ici 2022, permettre de chauffer une quarantaine de bâtiments d’Issoire (Puy-de-Dôme). Ce projet de réseau de chaleur, approuvé par la municipalité le 30 mars, est inspiré d’autres réalisations similaires que l’on trouve dans une poignée de villes françaises comme Dunkerque : « On s’est rendu compte que là où il y avait des fours qui produisaient des chaleurs importantes, il y avait une possibilité d’utiliser la chaleur résiduelle. On a été voir nos usines d’Issoire pour savoir s’il y avait un projet commun possible. Constellium a accepté qu’on utilise la chaleur résiduelle des fours », explique Bertrand Barraud, maire de la ville. Cette chaleur sera exploitée par la filiale d’EDF Dalkia, qui installera son unité de production à côté de l’usine.

De nouveaux équipements pour alimenter la ville en chauffage

Les ingénieurs de Constellium ont alors réfléchi à des solutions pour récupérer cette chaleur perdue et la mettre à disposition de la mairie, raconte le directeur du site Constellium d’Issoire Stéphane Corre : « On a investi dans des équipements qui permettent de capter la chaleur sur les fours et de transférer la chaleur qui est dans l’air à l’eau, via un échangeur, et cette eau sera envoyée sur le réseau de la ville. » Le directeur explique que dans les fours de l’usine, la chaleur est de 800°C pour faire fondre l’aluminium. Cet air chaud entre dans l’échangeur à environ 500°C, ce qui permet de chauffer l’eau à environ 100°C. « D’un point de vue opérationnel, ça ne change pas grand-chose. L’opérateur qui conduit son four continue d’opérer de la même manière. C’est quand même très valorisant et une grande fierté pour les salariés de pouvoir contribuer à diminuer les émissions de CO2. C’est une préoccupation de tout le monde. »

"Plutôt que cette chaleur soit perdue, elle va servir à chauffer les Issoiriennes et les Issoiriens"

Des fours de l’usine alimenteront donc en chaleur une partie de la ville grâce à des échangeurs. « Cela nous permettra d’alimenter à plus de 100°C, pour le chauffage et la production d’eau chaude, une quarantaine de bâtiments. Ce sont essentiellement des bâtiments publics : gymnase, mairie, bâtiments culturels, mais aussi des bâtiments comme l’hôpital, le 28ème régiment de transmission, des parcs de logement sociaux qui vont être alimentés par ce biais », affirme Bertrand Barraud. Le maire se réjouit de cet arrangement : « Plutôt que cette chaleur soit perdue, elle va servir à chauffer les Issoiriennes et les Issoiriens. C’est très positif sur le plan environnemental mais il y a aussi un intérêt économique. C’est moins cher qu’une chaleur gaz ou autre. »

Favoriser des solutions durables

Du côté de Constellium, le projet enthousiasme : « On s’est aperçu que la ville réfléchissait à mettre en place un réseau de chaleur et nous, on a de la chaleur qui est perdue. On voulait trouver une solution où tout le monde soit gagnant d’un point de vue environnemental. L’enjeu n’est pas financier. On montre que l’industrie peut amener des solutions qui sont bonnes pour l’environnement. On est fiers de pouvoir participer à ce projet novateur et qui est quand même très peu répandu », explique Stéphane Corre. Sur les 5 fours que compte l’usine, 3 sont connectés au dispositif, mais pour le directeur, « il n’est pas exclu qu’on puisse aller plus loin » dans les prochaines années en ajoutant au réseau les 2 autres fours.

Des extensions au projet déjà envisagées

Les travaux devraient être terminés fin 2022. Cette récupération sera couplée avec une production de chaleur à partir de bois, qui viendra compléter l’offre en chaleur : « Cette production est variable, elle représentera au minimum 50% de la chaleur fournie mais on montera jusqu’à 80%. En été où il y a besoin de moins de chaleur, on sera à 100%. En plein hiver, il faudra utiliser du bois sinon ça ne suffira pas », précise l’édile. Il s’agit d’un investissement de 11 millions d’euros pour l’entreprise, subventionné à hauteur de 5 millions par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et de 1,25 million par le Certificat d’économie d’énergie (CEE). Bertrand Barraud espère pouvoir étendre le projet à l’entreprise Aubert&Duval : « Ils ont eux aussi des fours qui produisent de la chaleur et on peut étendre le nombre de bâtiments concernés, à partir du moment où ce n’est pas trop loin de la source de production », affirme le maire. Il s’agit d’une première en Auvergne.

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