Littérature : Dalie Farah remporte le prix des lycéens et apprentis d'Auvergne-Rhône-Alpes

Elle est professeure, écrivaine et auvergnate. Dalie Farah vient de remporter le prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une 5ème distinction pour son roman Impasse Verlaine paru aux éditions Grasset. 
L'écrivaine auvergnate Dalie Farah en visite dans un lycée de Bourgoin-Jalieu pour présenter son premier roman : Impasse Verlaine. Elle vient de recevoir le prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
L'écrivaine auvergnate Dalie Farah en visite dans un lycée de Bourgoin-Jalieu pour présenter son premier roman : Impasse Verlaine. Elle vient de recevoir le prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Auvergne-Rhône-Alpes. © Dalie Farah/France 3 Auvergne
Impasse Verlaine est son premier roman. Pourtant Dalie Farah a toujours écrit. Elle vient de remporter une 5ème distinction pour ce livre : le prix des lycéens et des apprentis de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une reconnaissance qui la touche particulièrement. Elle est professeure de français, philosophie et culture générale au lycée Jean Zay de Thiers. Elle s'est rendue dans plusieurs lycées et CFA auvergnats pour présenter son roman.

Vous venez de remporter un nouveaux prix, quel est votre ressenti ?

" Ce qui me fait plaisir, c'est que c'est un prix de lecteurs et ça a été une belle aventure, j'ai rencontré plein de jeunes. C'était très émouvant de partager quelque chose qui à la base est intime - l'écriture c'est solitaire - avec des gens qui vont marcher dans vos pensées. C'est un moment de tendresse inouïe. J'ai partagé quelque chose de fort. C'est à la fois fort et joyeux ! " 

C'est un prix littéraire reçu par des lycéens. J'imagine que ça vous touche particulièrement, vous qui êtes professeure ?

" Ca fait plus de 20 ans que j'enseigne et j'en ai plus fait dans les rencontres pour présenter mon livre que pendant toute ma carrière. On est dans la vraie vie, l'écriture c'est comme de l'artisanat et les jeunes étaient avec moi dans l'atelier. Il n'y a plus le costume de l'enseignante où l'idée même de transmission. Il y a vraiment l'artisan qui parle de ses bricoles, de sa tambouille et d'autres qui sont là avec leur cuillère et qui veulent goûter. Ces rencontres ont été mon bonheur. Elles ont dû s'arrêter, malheureusement, à cause de l'épidémie de coronavirus." 

Vous avez reçu 5 prix pour Impasse Verlaine, comment vivez vous cette avalanche de reconnaissance ? 

" Je ne suis pas méritocrate mais ça donne de la visibilité au livre. Je suis toujours touchée par le contact avec les gens qui remettent le prix. C'est pas le prix en lui même que j'aime mais ceux qui le donnent. En plus ce dernier prix littéraire vient de ma région, l'Auvergne-Rhône-Alpes donc c'est encore mieux ! "

Est ce qu'il y avait des messages que vous souhaitiez passer à travers ce livre ? C'est un roman, mais il est beaucoup basé sur votre propre vie et notamment les relations mère/fille...

"Je ne suis pas très traditionnelle comme écrivaine. J'ai un rapport un peu animal avec la littérature, pour moi c'est une expérience de vie. Il n'y a pas de message. Les messages c'est la pub, le gouvernement,... Quand j'écris, mon bonheur c'est de voir une autre personne qui va raconter un bout de sa vie et qui va raconter le bout de vie qu'elle a vécu avec moi à travers le livre. 
Est ce que vous vous rendez compte que des humains, qui sont donc mortels, vont passer 2 heures, 2 heures et demie de vie à lire des mots que j'ai écrits ! C'est un cadeau ! Je suis ravie...

C'est un roman à matière biographique donc, oui, je suis partie sur la relation avec ma mère et j'ai raconté ce lien mais ça n'est pas une autobiographie. Chaque chapitre décrit une scène de vie mais pas de façon linéaire. "

On va enlever la casquette de l'écrivaine pour remettre celle de professeure : quel est votre avis sur ce qu'il se passe en ce moment, cette épidémie, votre travail d'enseignante, vos élèves confinés,... ?

" Je suis absolument désolée de tout ce qu'il se passe. Je suis triste. En ce moment j'enseigne à travers des écrans. Le virtuel est déprimant. Ca donne une fausse image. On doit rester en contact mais c'est un mensonge. On leur envoie des choses en leur disant qu'ils vont apprendre, mais ça se saurait s'il suffisait d'envoyer des polycopiés pour que les élèves apprennent ! Après, comme mes collègues, je travaille énormément pour limiter la casse. Mais il y a des élèves qui nous échappent...
Ce qui me fait peur c'est que cette période va les rendre un peu plus désabusés, ils vont perdre confiance. Mais j'espère que ça les rendra aussi moins dociles, plus lucides, plus critiques. "


Quel est le message que vous aimeriez donner à ces jeunes qui n'ont plus de repère ?

" Je leur demande de nourrir leur joie. De prendre soin de leur joie. On dit souvent "prend soin de toi" mais ça ne veut rien dire... Il faut prendre soin de sa joie. "

 
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