Le Puy-de-Dôme accueille 57 réfugiés d'un camp du Tchad

Certains enfants n'avaient jamais été scolarisés. C'est désormais chose faite. / © Valérie RIFFARD
Certains enfants n'avaient jamais été scolarisés. C'est désormais chose faite. / © Valérie RIFFARD

Suite à l'engagement pris par Emmanuel Macron à accueillir 10 000 réfugiés réinstallés d'ici 2019, huit centres d'accueil ont ouvert depuis en France, dont quatre en Auvergne-Rhône-Alpes. A Pessat-Villeneuve, dans le Puy-de-Dôme, 56 exilés viennent ainsi d'arriver directement d'un camp au Tchad.

Par Valérie Riffard

Ils sont arrivés directement du Tchad, après un long voyage en avion et en bus. Le 31 mai dernier, 56 Africains originaires du Niger, d’Erythée, du Soudan ou de Centre-Afrique se sont installés à Pessat-Villeneuve, pris en charge dans le cadre d’un dispositif à destination des réfugiés réinstallés mis en place par la mairie et l’association CeCler.
Après avoir accueilli des demandeurs d’asile à trois reprises depuis 2015, suite notamment au démantèlement du camp de Calais, ce sont maintenant des migrants qui ont obtenu le statut de réfugiés qui vivent dans les locaux d’une ancienne colonie de vacances racheté par la mairie. Un statut qui leur garantit une protection internationale et qui leur donne droit à un titre de séjour valable dix ans.
Ce statut, ces 57 réfugiés l’ont obtenu suite à une mission de l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. En octobre dernier, des fonctionnaires s’étaient rendus dans le camp au Tchad où ils vivaient, certains depuis près de dix ans, et avaient étudié leurs demandes avant d’organiser leur départ. Une mission mise en place suite à l’engagement pris par Emmanuel Macron à accueillir 10.000 réfugiés réinstallés d’ici 2019.


Autonomie


Depuis leur arrivée, ces réfugiés, dont une bonne partie est venue en famille, commencent à se reconstruire pour construire leur vie ici, grâce notamment à une quarantaine de bénévoles mobilisés au quotidien.
Fin septembre, comme le prévoit le dispositif, ils devront être autonomes financièrement afin de pouvoir s’installer dans leur propre logement. Prévu pour un an, le dispositif leur garantit ensuite un suivi pendant les huit mois suivants.
« Lorsqu’ils seront chez eux, on va continuer l’accompagnement au plus proche de leur contexte d’avenir. C’est la nouveauté finalement, explique Dominique Charmeil, directrice de l’association CeCler.
Alors que les enfants, dont certaines n’avaient jamais été scolarisés, ont faire leur rentrée scolaire le lundi 18 juin, les adultes apprennent ou perfectionnent le français et travaillent sur leur avenir professionnel.

 

Le point de départ ? Une photo 


C’est suite à l’appel à la solidarité envers les migrants lancé aux communes de France par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, que Gérard Dubois, maire de Pessat-Villeneuve, a décidé de s’engager.
« Le point de départ, une photo tout simplement, raconte-t-il. Une photo qui circule sur tous les réseaux sociaux, celle de cet enfant mort sur cette place qui m’a secoué. Et derrière un début de réflexion en se disant nous qu’est-ce qu’on peut faire ? »
Depuis, son engagement ne cesse de se concrétiser et lui a même valu la Légion d’honneur, décernée en juin 2017. Aujourd’hui, en partenariat avec l’association Cecler, il souhaite ouvrir un centre d’accueil permanent, afin de pérenniser son action.
En c’est en attendant l’ouverture de cette structure l’année prochaine, que ces deux porteurs du projet ont décidé de prendre en charge des réfugiés réinstallés.
Dans quatre mois de nouveaux migrants prendront la place de ceux qui viennent d’arriver. Des migrants qui seront peut-être des rescapés de l’Aquarius, puisque des fonctionnaires de l’OFPRA sont actuellement à Valence pour repérer ceux qui auront le droit de venir en France.

 

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