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PORTRAIT. D'animateur radio sur France Bleu à éleveur de vaches, l'étonnante reconversion de Bruno Izard

En 2012, Bruno Izard a fait le choix de quitter Radio France pour devenir agriculteur dans le Puy-de-Dôme. / © Stéphane Moccozet
En 2012, Bruno Izard a fait le choix de quitter Radio France pour devenir agriculteur dans le Puy-de-Dôme. / © Stéphane Moccozet

A l'heure où les exploitations agricoles disparaissent, où le monde agricole est confronté à une crise des vocations, certains font pourtant le choix de se reconvertir agriculteur. C'est l'histoire de Bruno Izard, animateur sur France Bleu durant 25 ans, devenu éleveur de vaches dans le Puy-de-Dôme.

Par Stéphane Moccozet

Il y a des parcours de vie étonnants, qui méritent parfois qu'on prenne le temps d'y accorder un peu d'attention, comme celui de Bruno Izard par exemple. Comme d'autres avant lui, ce Clermontois a fait une petite crise de la quarantaine... A cet âge, c'est son désir professionnel qui s'est placé au coeur des ses interrogations. Après plusieurs mois de réflexion, à peser le pour et le contre, à imaginer les conséquences pour sa femme et ses deux enfants, il a finalement décidé qu'il était temps de changer de métier. Le 20 décembre 2012, Bruno Izard a présenté sa dernière émission sur France Bleu Pays d'Auvergne pour devenir éleveur de vaches.

Sept ans plus tard, ce petit-fils d'agriculteur (ses grands-parents produisaient du lait de brebis pour le Roquefort dans l'Averyon) ne regrette pas un choix qui n'est rien d'autre qu'un "retour aux sources" comme il le dit lui-même. "Un rêve de gosse" devenu réalité. Aujourd'hui, Bruno Izard est associé au sein d'un GAEC à Laqueuille, dans le Puy-de-Dôme, où 60 vaches laitières participent à la production de Cantal AOP.
 

Animateur sur France Bleu durant 25 ans

Avant de démarrer une seconde vie à 1 000 mètres d'altitude, au pied de la Banne d'Ordanche, Bruno Izard a donné de la voix pendant près de 25 ans pour le groupe Radio France. Il a fait toute sa carrière d'animateur dans les antennes locales du média de service public et a travaillé à Grenoble, Belfort, La Rochelle, Guéret et enfin Clermont-Ferrand. Mais un CDI au sein d'une entreprise prestigieuse et un revenu confortable ne suffisent pas toujours à rendre un homme pleinement heureux. Depuis toujours, il rêvait de grands espaces, de nature, de liberté...

Un beau jour, justifiant d'un projet professionnel, il a obtenu de son employeur une rupture conventionnelle de son contrat. "J'avais l'impression d'avoir fait le tour, il fallait évoluer vers des postes à responsabilités comme responsable des programmes, ce n'était pas forcément quelque chose qui me faisait rêver", raconte-t-il. L'opportunité de lancer une entreprise de travaux agricoles, puis de reprendre une petite exploitation en s'associant à deux autres personnes, s'étaient présentées à lui et il a franchi le pas, non sans peur, "j'avais passé la barre des 40 ans et je n'avais plus droit à la dotation jeune agriculteur". Bruno Izard avait assuré ses arrières, la maison était payée, il n'y avait plus de crédits engagés, "mais ça m'a tracassé l'esprit un certain nombre de fois, et encore aujourd'hui, mais je pense que si je ne l'avais pas fait, je le regretterai encore aujourd'hui". On peut le comprendre, s'installer avait un coût : 100 000 euros.
 

Devenir agriculteur, un projet familial 

Ce choix, c'est aussi celui d'une famille. Avec un des ses deux fils, qui a fait des études dans le monde agricole, il existe une envie de développer l'activité de production fromagère en misant sur les circuits courts. "Je pense qu'on peut se dégager un meilleur salaire si on accepte de mener le produit au bout, de le transformer et de le vendre", explique-t-il posément, "aujourd'hui, le consommateur a envie de ce produit fermier, il y a des vrais débouchés, et si on fait du produit de qualité, avec une alimentation tout foin par exemple, on va parler au consommateur".

D'ici là, Bruno va continuer de marcher dans les pas de ses aïeux en attendant que son fils le rejoigne. Il va continuer à profiter de ce quotidien qui ne l'oblige plus à se lever à 4 heures du matin comme il le faisait du temps où il animait la matinale de France Bleu Pays d'Auvergne. Il a dû faire des concessions : "vivre avec un peu moins par mois pour aspirer à une qualité de vie un peu meilleure", mais c'est une évidence le concernant : son bonheur est dans le pré.
 


 

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