Puy-de-Dôme : ce que l’on sait sur la destruction des aménagements de la source de Croizat au Mont-Dore

La maire de La Bourboule, dans le Puy-de-Dôme, a lancé des travaux le 14 avril pour détruire les aménagements du site de la source d'eau chaude de Croizat au Mont-Dore. Des travaux de sécurité nécessaires selon la commune mais qui ont mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux.

Les aménagements autour de la source de Croisat (Puy-de-Dôme) sont désormais détruits.
Les aménagements autour de la source de Croisat (Puy-de-Dôme) sont désormais détruits. © S.Trentesaux/FTV

Le 14 avril dernier, la mairie de La Bourboule (Puy-de-Dôme) a pris des mesures pour détruire les infrastructures autour de la source de Croizat, située au Mont-Dore. Cette destruction a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. « On dénonce la non-reconstruction du site, l’anéantissement total de cette source qui était merveilleuse et qui avait une charge affective énorme. Il y avait des gens qui adoraient se baigner, dans une eau à 39°C, dans un espace complétement naturel et gratuitement. Il aurait suffi de reconstruire un bassin plus adapté. Si la mairie nous fait un bâtiment adapté et accessible à tous, on dira bravo », explique Rémi Carruttys, créateur du groupe "Sauvons la source de Croizat".

Des infrastructures créées par les usagers

En quelques jours, 3 500 internautes ont rejoint le groupe Facebook, partageant des photos et des souvenirs de la source. Cependant, sur les réseaux, des propos injurieux et des menaces ont été proférés, une réalité unanimement condamnée. Sur la Dordogne, les bassins d'eau à 40°C ont disparu. « Pas une seule de ces constructions n’est naturelle. Le trop-plein, c’est du béton, ça a été construit dans les années 1960. Les caillebotis ont été construits au titre d’aménagement touristique, vraisemblablement entre 2008 et 2011. Le bassin a été construit avec des pierres de la rivière et du ciment par les usagers qui se sont approprié le site. Deux autres bassins ont été construits dans le lit de la rivière, dans une zone Natura 2 000 où il y a des loutres », raconte François Constantin, maire de La Bourboule. La commune possède le site et son maire explique avoir reçu des instructions préfectorales lui intimant de faire en sorte que la baignade ne soit plus possible.

25 000 passages à l'été 2020

Construits par les baigneurs eux-mêmes au pied du réservoir de la source, les bassins étaient très fréquentés : « L’endroit fait peut-être 15 ou 20 m², on a sur certaines photos 23 personnes. Ce site était extraordinaire. Je l’ai fréquenté, comme des générations de Bourbouliens, jusqu’aux années 2000. Il n’y avait aucun problème de surfréquentation, pas de problème de violence à ma connaissance, ni de déchet. Les problèmes sont arrivés quand les aménagements touristiques ont été réalisés. » Les réseaux sociaux veulent sauver la source mais  la diffusion de photos, de vidéos sur le net en ont accéléré la fréquentation : 25 000 passages enregistrés l'été dernier, 35 000 sur l’année, et des infractions en hausse « la probabilité qu’il y ait des accidents et de la délinquance augmente. Elle n’a fait qu’augmenter et c’est pour ça que j’ai dû agir ». Il ajoute : « Avoir un bac fermé où se baignent 10 ou 12 personnes en pleine nuit sans qu’il y ait la possibilité d’évacuation en cas d’accident, crise cardiaque… » La pelleteuse finit d'aplanir le chemin d'accès. Les visiteurs doivent désormais se contenter de recueillir l'eau, réputée pour traiter les maladies de peau. La source de Croizat n'a pas fini de faire couler de l'encre.

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