Puy-de-Dôme : les agriculteurs craignent de vivre une troisième année consécutive de sécheresse

Après un hiver doux et un déficit de pluies sur les 3 premiers mois de l'année, les agriculteurs du Puy-de-Dôme redoutent les conséquences d'une sécheresse de printemps précoce. Un nouveau "scénario catastrophe" selon la FNSEA du Puy-de-Dôme.

Les points d'eau sont déjà de rigueur pour certains élevages du Puy-de-Dôme (Auvergne).
Les points d'eau sont déjà de rigueur pour certains élevages du Puy-de-Dôme (Auvergne). © D.Chaize/A.Rozga/France3 Auvergne
Comme si les répercussions économiques liées à l'épidémie de Covid 19 ne suffisaient pas ! Après la sécheresse exceptionnelle de 2018, suivie d'un nouvel épisode en 2019, les agriculteurs du Puy-de-Dôme craignent une troisième année consécutive de sécheresse. "Un scénario catastrophe" selon la FNSEA.

Une sécheresse précoce 

"On ne l'a craint plus la sécheresse, elle est là, bien installée " constate David Chaize, Trésorier de la FNSEA 63. Cet éleveur de bovins charolais sur la commune de Bort-l'Etang fait un constat plutôt sombre. "Niveau élevage, on a des stocks à zéro et on a les grandes cultures qui sont en train de dépérir." Et de témoigner : "Aujourd'hui, j'ai vu un voisin, producteur laitier sur ma commune qui m'a dit : " Là s'il ne pleut pas ce week-end, je vais mettre mes animaux dans les prairies". Des prairies, destinées en temps normal à l'ensilage, aux récoltes de fourrage pour l'hiver prochain."Sur les cultures de printemps, les agriculteurs se demandent même s'ils vont semer les maïs et les tournesols. On en est là ! " déplore le responsable FNSEA de la section bovine du Puy-de-Dôme.

Le fauchage des jachères déjà demandé

La sécheresse qui s'annonce vient amplifier les difficultés économiques des agriculteurs déjà confrontés à la gestion de crise du coronavirus. Alors la FNSEA 63 préfère devancer les demandes d'autorisation de fauchage des jachères."On a déjà déposé des demandes. ça doit passer par l'Europe. On ne sait pas, si on les aura en temps et en heure, mais on a anticipé un petit peu par rapport à l'an dernier" précise David Chaize. Pour l'heure, l'évaluation des conséquences de cette sécheresse précoce, " c'est un ressenti au niveau syndical dans chaque zone du département " reconnaît l'éleveur." On est train de mettre en place une enquête comme on a fait l'an dernier pour les besoins fourragers " souligne le syndicaliste.

Des pluies salvatrices à venir ? 

Même si des perturbations venant du sud du département, sont attendues ces jours-ci, l'éleveur reste pessimiste: "La zone de plaine est particulièrement touchée. En montagne, tout n'est pas perdu, mais si on n'a pas de pluies, on aura les mêmes problèmes qu'en plaine". Le cumul de précipitation depuis le 1er janvier "dépasse à peine 30 mm en plaine, très proche de la situation déjà enregistrée début 2019. Avec un déficit limité à 10%, seuls les postes de montagne restent moins impactés" selon le dernier relevé de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme qui reprend les données de Météo France. "Il faut de la pluie, tout de suite et en quantité importante. Si on a, tout de suite 20 millimètres d'eau, ça ne résoudra pas le problème. En démarrant une sécheresse au mois d'avril, on va avoir des restrictions en eau très vite" craint l'éleveur.
 
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