Puy-de-Dôme : pourquoi des laboratoires d'analyses médicales sont fermés les après-midis

En fermant leurs portes les après-midis, les laboratoires d'analyses médicales entendent annuler une mesure qui vise à baisser la tarification des actes de 5% dès janvier 2020. / © Pascale Félix / France 3 Auvergne
En fermant leurs portes les après-midis, les laboratoires d'analyses médicales entendent annuler une mesure qui vise à baisser la tarification des actes de 5% dès janvier 2020. / © Pascale Félix / France 3 Auvergne

Dans le Puy-de-Dôme, comme partout en France, des laboratoires d’analyses médicales vont fermer leurs portes tous les après-midis, jusqu'au 1er octobre. Ils veulent exercer une pression sur le ministère de la Santé et sur la Caisse d'assurance maladie qui prévoient une baisse de leurs tarifs.

Par C.L avec Pascale Félix

Si vous devez faire des analyses médicales dans les prochains jours, vous risquez de trouver porte close. En effet, dans le Puy-de-Dôme, comme dans le reste de la France, les laboratoires ont décidé de fermer leurs portes au public tous les après-midis, jusqu'au 1er octobre. Par ce geste fort, ils s’insurgent contre une future mesure du ministère de la santé et de la Caisse d’assurance maladie qui préconisent une baisse de la tarification des actes de 5% dès janvier 2020. Gauthier Allouchery, pharmarcien biologiste à Beaumont, explique : « Les analyses de biologie médicale ont un coût. Derrière, si la Sécurité Sociale ne nous rembourse plus à hauteur de 100 % comme c’est fait actuellement pour certaines analyses de biologie médicale, il va falloir que le laboratoire le prenne à sa charge ou répercute ce surplus sur les patients. Il faudra envisager également la possibilité de fermer un site sur une structure telle que la nôtre. On ne pourra pas assurer le service de soins avec toute la qualité et toute la performance que nous avons actuellement ».

"Vers une biologie industrielle"

Certains laboratoires fermeront leurs portes à partir de 13 heures et pour les urgences, le public sera orienté vers le CHU le plus proche. Le docteur Dominique Forte, biologiste médical et président de Gen-Bio, estime que sa profession a déjà produit beaucoup d’efforts : « Nous avons subi 10 années de baisses tarifaires importantes avec près d’un milliard d’euros d’économies réalisées à la Sécurité Sociale. Ceci nous a aussi permis de nous restructurer, mais là on est arrivés au bout de la restructuration. Ceci se traduira forcément par la fermeture de certains sites, notamment de proximité, avec des impacts sociaux et de la désertification médicale. Mais aussi les délais de rendus seront bien plus importants pour le patient. On se dirige vraisemblablement vers une biologie industrielle ». Lundi 1er octobre, des négociations entre la Caisse d'assurance maladie vont être entamées avec les représentants des biologistes. Ces fermetures pourraient donc cesser ou se prolonger.
 

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