Qualité de l'air : la pollution par les oxydes d'azote a diminué de 50% en 2020 en Auvergne-Rhône-Alpes

Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l'année 2020 "marque un tournant" en matière de qualité de l'air, avec une forte baisse de la pollution due au trafic routier, et aux chauffages. La qualité de l’air s’améliore même de manière constante depuis plus de 10 ans dans la région.

Depuis 2007, ce sont les efforts technologiques entrepris dans le secteur résidentiel (renouvellement progressif des appareils individuels de chauffage au bois), le transport routier (renouvellement du parc automobile, avec la généralisation des filtres à particules à l’ensemble des véhicules neufs à partir de 2011) et l’industrie (amélioration des procédés de dépollution, fermeture de certains sites ou réduction d'activité) qui ont permis ces diminutions. (ici un nuage de pollution de l'air au-dessus de Grenoble en plein hiver datant de 2007.)
Depuis 2007, ce sont les efforts technologiques entrepris dans le secteur résidentiel (renouvellement progressif des appareils individuels de chauffage au bois), le transport routier (renouvellement du parc automobile, avec la généralisation des filtres à particules à l’ensemble des véhicules neufs à partir de 2011) et l’industrie (amélioration des procédés de dépollution, fermeture de certains sites ou réduction d'activité) qui ont permis ces diminutions. (ici un nuage de pollution de l'air au-dessus de Grenoble en plein hiver datant de 2007.) © PHOTOPQR/LE PROGRES

En 2020, deux évènements exceptionnels ont eu une incidence notable sur la qualité de l’air.

La baisse du trafic routier, lors du premier confinement lié à la crise sanitaire, impactant directement les émissions de polluants dans l’air d’une part. Et d'autre part, les températures plus élevées que la normale, au premier trimestre, qui ont pu contribuer à une réduction des besoins de chauffage en plein hiver  "Ces deux phénomènes ont permis de mesurer en conditions réelles l’efficacité de baisses importantes des sources de pollution sur la qualité de l’air." constate Atmo Aura.

Atmo précise toutefois qu'il s’agit "pour l’instant d’une première analyse qui sera complétée début mai par un bilan régional et départemental détaillé, intégrant notamment les données d’exposition des populations et l’évolution des niveaux de pollution estivale à l’ozone."

Moins de trafic, moins de particules

Lors du premier confinement, de mi-mars à mi-mai, une baisse du trafic considérable (de l’ordre de 70 %) a permis de réduire les niveaux d’oxydes d’azote de moitié par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette baisse des émissions du trafic routier s’est d’ailleurs poursuivie, mais dans une moindre proportion, sur le reste de l’année 2020.

Réduire le trafic routier : un levier efficace pour l’amélioration de la qualité de l’air en centre-ville et le long des axes de circulation.
Réduire le trafic routier : un levier efficace pour l’amélioration de la qualité de l’air en centre-ville et le long des axes de circulation. © atmo aura

Un hiver plus doux, moins de pollution liée au chauffage

Lors du mois de février, un hiver doux avec des records de températures (3°C au-dessus de la normale saisonnière1 et sur la moyenne des cinq dernières années), a sans doute permis de réduire les besoins en chauffage dans notre région. Or, le chauffage au bois non performant contribue massivement aux émissions de particules en période hivernale. Sur la période de début février à mi-mars, les niveaux de particules fines PM2,5 dans l’air étaient inférieurs à la moyenne régionale observée sur les cinq dernières années.

Contrairement aux oxydes d’azote, il n’a pas été observé une baisse plus significative des concentrations en particules dans notre région sur l’année 2020 que ce qui était attendu.
Contrairement aux oxydes d’azote, il n’a pas été observé une baisse plus significative des concentrations en particules dans notre région sur l’année 2020 que ce qui était attendu. © Atmo Aura

Une tendance à la baisse de la pollution depuis 10 ans dans la région

La chute considérable en 2020 des concentrations en NOx s’explique par une réduction considérable des déplacements lors du premier confinement poursuivie sur le reste de l’année mais dans une moindre proportion.

Rappel :
- Les oxydes d’azote (NOx) comprennent le monoxyde et le dioxyde d’azote (NO + NO2). Les NO, se forment
à partir de l’oxygène et de l’azote présents dans l’air à haute température. Le monoxyde d’azote s’oxyde
rapidement dans l’air et se transforme en dioxyde d’azote (NO2).
- Les particules en suspension, ou poussières, sont classées en fonction de leur taille. Inférieures à 10 micromètres,
les PM10 sont retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures ; inférieures à 2,5 micromètres, les
PM2,5 pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et au-delà. En deçà,
on parle de particules ultrafines.
Rappel : - Les oxydes d’azote (NOx) comprennent le monoxyde et le dioxyde d’azote (NO + NO2). Les NO, se forment à partir de l’oxygène et de l’azote présents dans l’air à haute température. Le monoxyde d’azote s’oxyde rapidement dans l’air et se transforme en dioxyde d’azote (NO2). - Les particules en suspension, ou poussières, sont classées en fonction de leur taille. Inférieures à 10 micromètres, les PM10 sont retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures ; inférieures à 2,5 micromètres, les PM2,5 pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire jusqu’aux alvéoles pulmonaires et au-delà. En deçà, on parle de particules ultrafines. © Atmo Aura

La baisse des particules en 2020 a suivi son cours habituel mais les concentrations moyennes annuelles des zones urbaines stagnent ces 3 dernières années continuant d’exposer une large population au dépassement des seuils sanitaires pour ce polluant.

Depuis 2007, ce sont les efforts technologiques entrepris dans le secteur résidentiel (renouvellement progressif des appareils individuels de chauffage au bois), le transport routier (renouvellement du parc automobile, avec la généralisation des filtres à particules à l’ensemble des véhicules neufs à partir de 2011) et l’industrie (amélioration des procédés de dépollution, fermeture de certains sites ou réduction d'activité) qui ont permis ces diminutions.

Forte de ces constats encourageants, Atmo Aura émet à présent le souhait que des leçons soient tirées de cette année 2020. "Il faut amplifier les politiques d'amélioration de la qualité de l'air en matière de transport, de chauffage, d'habitat et d'accompagnement durable des comportements" préconise l’observatoire agréé par le Ministère de la Transition écologique, pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes.

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