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Réchauffement climatique : comment les stations de ski des Alpes veulent protéger les espèces en danger

Photo d'illustration. / © JEFF PACHOUD / AFP
Photo d'illustration. / © JEFF PACHOUD / AFP

La faune des Alpes subit déjà les effets du réchauffement climatique : elle est de plus en plus vulnérable face au climat, aux activités humaines... Pour protéger ces espèces en danger, le domaine skiable des 3 Vallées a mis en place une série de mesure.

Par France 3 Alpes

Le lagopède alpin se retranche toujours plus haut dans nos montagnes. Ce petit oiseau, totalement blanc en hiver, est de plus en plus rare car il aime le froid. Victime du réchauffement climatique, de l'inexorable montée en altitude des forêts et de celle des activités humaines.
 

"Les coqs sont déjà en partie blanc, ils sont en cours de mue, en transition vers leur plumage hivernal, explique Jean-François Desmet, écologue. C'est une espèce qui a généralement des origines nordiques, arctiques et qui aime le froid. Il a peuplé ces régions surtout au moment des dernières glaciations." 

La hausse des températures pousse également la flore à s'implanter de plus en plus haut dans les montagnes. Les épicéas par exemple remontent déjà sensiblement, et cette tendance s'accélèrerait si le réchauffement climatique perdurait. Problème : cela modifie le milieu alpin et menace certaines espèces dont le lagopède.
 
Dans les Alpes, la faune menacée par le réchauffement climatique
>> P. Alleau, J. Guéant, F. Guais, V. Habran et M. Feutry

Autre victime : la marmotte. L'hiver, les terriers sont moins bien isolés à cause de la moindre épaisseur du manteau neigeux. Le froid traverse la terre et la mamotte puise davantage dans ses réserves de graisse. Résultat : la mortalité augmente et les naissances diminuent. En moyenne, une portée compte aujourd'hui un marmotton de moins qu'il y a 20 ans.

 

Concilier activités humaines et préservation de l'environnement


"Les problèmes qui vont se poser dans les prochaines années, c'est que la neige remontant, les stations vont être obligées de se développer vers le haut. Donc pour l'instant on a une limite de viabilité autour de 1 500 m, mais elle est annoncée plus haut dans les prochaines décennies, assure Bertrand Muffat-Joly de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Et les liaisons vont se faire de plus en plus par les crêtes, donc on va systématiquement avoir le milieu du lagopède alpin qui va être en concurrence avec le domaine skiable."

Car se sont bien les activités humaines qui mettent la survie de ces espèces en péril. Pour pallier ce problème, une convention vient d’être signée notamment entre les exploitants du domaine skiable des 3 Vallées, le Parc national de la Vanoise et l’ONF.
 

Dans ce cadre, une campagne d'information à l'attention des randonneurs a déjà été lancée. "Quand vous faites des sorties, vous pouvez entrer dans les zones de confort des animaux, souvent de manière soudaine et sans préavis. Ils vous perçoivent comme un danger : ils vont s’affoler et très probablement prendre la fuite, brûlant ainsi leur précieuse énergie en pensant sauver leur vie", peut-on lire sur le site dédié.

Autre objectif de cette convention : créer des zones dites de refuge en dehors du domaine skiable pour ces espèces qui, en hiver, dépensent toute leur énergie à survivre. Méribel et Courchevel accueilleront les Mondiaux de ski alpin en 2023, d'où l'urgence de concilier pratique sportive et préservation de la biodiversité.

 

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