Réforme territoriale dans les Pays de Savoie: "Chiche!", dit le président de l'Assemblée des départements de France

Publié le Mis à jour le
Écrit par AFP

Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton (PS), dit "chiche" à "la simplification" de l'organisation territoriale, défendant la fusion engagée entre Savoie et Haute-Savoie.  

Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton (PS) semble vouloir prendre le gouvernement au mot: "la simplification, les économies, la réduction du millefeuille (...) chiche!" s'est exclamé l'élu devant la presse, ce mardi 7 octobre, après une réunion du bureau de l'association fédérant les conseils généraux.

"Il y a en France 13.388 syndicats intercommunaux et départementaux" (eau, assainissement, électricité, etc., le plus souvent à l'échelle intercommunale), qui représentent "16,5 milliards d'euros de dépenses", a-t-il dit. "Repensons leurs compétences, supprimons-les", en les intégrant dans les administrations intercommunales ou départementales, selon les cas, a-t-il proposé. Selon lui, cela permettrait "au mois 3 à 4,5 milliards d'économies".

Dans le même souci, il a suggéré que les services départementaux d'incendie et de secours, dépendant à la fois de l'État et des conseils généraux, deviennent "un service départemental" sous l'autorité unique des conseils généraux.

Il a défendu "la mutualisation" engagée par des conseils généraux (Nord et Pas-de-Calais entre autres), et la proposition de la Savoie et de la Haute-Savoie de fusionner. "A partir du moment où ça part du terrain, nous sommes pour l'expérimentation", a-t-il dit.

Toutefois, le président de l'ADF a de nouveau pressé le gouvernement d'"apporter la preuve" que sa réforme territoriale allait "faire des économies". L'ADF, a-t-il dit, reste hostile au transfert, depuis les départements vers les régions, des routes, collèges et du transport scolaire. Le transfert aux régions des collèges, "c'est 120 millions d'euros au bas mot" de coûts supplémentaires, selon lui.

Après 2020

M. Lebreton ne s'est pas montré inquiet pour l'avenir immédiat des conseils généraux, la réforme les concernant ne devant intervenir qu'"après 2020", a-t-il dit, reprenant des propos de Manuels Valls. "D'ici 2020, on a l'assurance que les conseils généraux ne seront pas supprimés", a-t-il souligné. Et "qui sera président en 2017, qui sera Premier ministre en 2018/2019?" a-t-il lancé. "Parce que les régions vont s'éloigner du citoyen" en s'agrandissant, "le département s'impose comme collectivité de proximité", selon lui.

"A l'unanimité" de ses membres représentant toutes les familles politiques, le bureau de l'ADF a voté une motion reprenant les positions exposées par son président.