REPLAY. Documentaire : les semeurs d'espoir de l'agriculture de demain

Nourrir l’humanité, c’est un métier qui voit arriver de nouveaux visages et de nouvelles méthodes inspirées de la  permaculture et de l’agro-écologie. Qui sont ces paysans ? Réponses dans "Nouveaux paysans, les semeurs d’espoir", un documentaire d’Aurélie Bérard.

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C’est un cercle vertueux. Chez Sylvain et Aurélie, dans leur ferme du Cantal, les poules entretiennent les pommiers, les pommes soignent les veaux, le fumier des vaches enrichit les champs de céréales pour les bovins. C’est un tout et c’est la base de la permaculture : recréer l’interdépendance des écosystèmes. Sylvain a repris la ferme familiale, mais sans les pesticides utilisés par le père, Jean-Marie : "Aujourd’hui chez mon fils, je suis le bénévole de service ! Sylvain a optimisé le système mieux que moi. On a dû faire des erreurs quand, dans les années 70, on a été orientés vers l’agriculture intensive". 

Sylvain dans sa ferme, image du film "Nouveaux paysans, les semeurs d’espoir"
Sylvain dans sa ferme, image du film "Nouveaux paysans, les semeurs d’espoir" © TGAProd

Sylvain veut être un paysan heureux, capable de regarder les consommateurs dans les yeux quand il leur propose ses produits : viande, poulet, jus de pomme : "Ce qui m’intéresse, c’est l’avenir de l’agriculture et il dépend du maintien des savoir-faire. On y revient. Je préfère produire moins, mais mieux et transmettre autre chose que les valeurs de la spéculation et de l’argent. C’est ce qui garantira notre durabilité".

"Exploiter, c’est appauvrir. Cultiver, c’est enrichir."

Et c’est une nouvelle génération de paysans qui, comme Sylvain, travaille au renouveau de l’agriculture en France. Ils ne sont pas encore très nombreux à défendre un modèle d’exploitations plus petites, plus humaines, plus durables et à faire le pari d’en vivre. Un tiers d’entre eux ne vient pas du monde agricole, mais tous peuvent se retrouver dans l’association "Fermes d’avenir"

"Faire de l’agro-écologie la norme", Maxime de Rostolan, initiateur de Fermes d’Avenir.
"Faire de l’agro-écologie la norme", Maxime de Rostolan, initiateur de Fermes d’Avenir.

À l’origine, Maxime de Rostolan, ingénieur reconverti en paysan militant de l’agro-écologie : "Exploiter c’est appauvrir. Cultiver, c’est enrichir. Les hommes ne pourront pas se nourrir indéfiniment de produits chimiques, de pétrole et de gros tracteurs. L’idée aujourd’hui, c’est de prouver que l’agro-écologie est plus rentable que l’agriculture conventionnelle. Plus rentable parce que par définition plus durable". Idée partagée par François Léger, ingénieur agronome et chercheur : "Le double lien à la nature et aux autres est au cœur du renouveau paysan aujourd’hui. Ça me parait plus durable que l’exploitation forcenée de ressources que l’on dégrade au fur et à mesure qu’on les surexploite".

Pour faire un jardin il faut un morceau de terre et l’éternité - Gilles Clément

C’est ce qu’a dû se dire Céline, graphiste de son état, lorsqu’elle s’est installée dans l’Allier avec l’envie chevillée aux bottes de se lancer seule dans la permaculture et d’en vivre. Son aide de champ, c’est sa grand-tante, Paulette 90 ans : "Elle y arrivera pas ! La terre y faut y être née pour la travailler". Paulette sait de quoi elle parle : elle a 80 ans d’expérience ! 

Céline dans sa ferme dans l’Allier
Céline dans sa ferme dans l’Allier

Petite, Céline disait à sa grand-mère qu’elle voulait être une fermière courageuse comme elle : "Il en faut du courage ! C’est difficile, mais je vis en accord avec ce que je suis. J’ai des projets pour ici. Je veux accueillir les gens, faire de grandes tablées pour des repas bio et bons avec mes légumes. Je veux mettre du beau dans le paysage et dans ce que je fais et puis d’ici un ou deux ans en vivre".

Dans le documentaire d’Aurélie Bérard, éleveurs, cultivateurs, maraîchers font découvrir leur travail et partagent leur philosophie de vie. Ensemble, ils bâtissent les prémisses d’une nouvelle agriculture plus durable et plus respectueuse de la terre et des hommes dans laquelle chacun fait sa part. Et si ces petites fermes étaient l’avenir de l’agriculture ?

Le film en replay


"Nouveaux paysans, les semeurs d’espoir" d’Aurélie Bérard, coproduit par France 3, a été nominé au Festival "Ecrans Publics" consacré aux films qui interrogent les politiques publiques.

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