REPLAY. "Les orchestres fêtent Noël" et le spectacle continue sur France 3

Si la culture n'est pas à la fête en cette fin d'année, son besoin d'être au contact du public reste intact. France 3 Auvergne-Rhône-Alpes a souhaité servir de trait d'union en proposant une émission spéciale. "Les orchestres fêtent Noël", à consommer sans modération.

Renaud Capuçon et l'Orchestre des Pays de Savoie réunis dans l'émission "Les orchestres fêtent Noël" sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Renaud Capuçon et l'Orchestre des Pays de Savoie réunis dans l'émission "Les orchestres fêtent Noël" sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les fêtes de fin d’année, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes soutient la culture avec une émission spéciale "le spectacle continue pour Noël". En cette période si particulière qui voit le monde du spectacle être privé de toutes représentations, de toutes rencontres physiques avec le public, nous avons souhaité offrir une vitrine aux trois orchestres majeurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour une émission exceptionnelle, drapée dans la merveilleuse magie de Noël.

Ainsi, l'Orchestre National de Lyon, l'Orchestre National d'Auvergne et l'Orchestre des Pays de Savoie vous emmènent pour un voyage joyeux et féérique de 90 minutes. Chacune des trois formations musicales vous offre un programme qui respire Noël. Nous avions déjà entamé le compte-à-rebours dès le 1er décembre avec le calendrier de l'Orchestre des Pays de Savoie qui dévoile chaque jour une petite minute musicale pour nous faire patienter jusqu'au 25 décembre. Le spectacle continue ici avec le Concerto n°3 en sol majeur (1775) K216 de Mozart dirigé et interprété par le Savoyard Renaud Capuçon. L'oeuvre a été jouée et enregistrée le 15 décembre à l'Espace Malraux - Scène Nationale de Chambéry. Initialement, une représentation publique était prévue le soir-même mais elle a dû être annulée en raison de la mise en place du couvre-feu dès 20 heures.

Quelques jours plus tôt (le 10 décembre), c'est à l'Opéra-théâtre de Clermont-Ferrand que nous avions rendez-vous pour découvrir le programme inédit spécial fin d'année concocté par Roberto Fores-Veses et l'Orchestre National d'Auvergne : Sir Roger de Coverley (Frank Bridge) et son "A Christmas Dance for string orchestra", les Danses roumaines pour cordes (Arrangement Arthur WILLNER) de Béla Bartòk et la Sérénade pour orchestre à cordes Opus 48 Valse - Finale de Piotr Ilitch Tchaïkovsky. En bonus, ici, vous pourrez également apprécier "Le Printemps" tiré des "Quatre Saisons" d'Astor Piazzola.

Enfin, notre voyage nous fera également escale à l'auditorium de Lyon pour deux moments festifs offerts par l’Orchestre National de Lyon. On remontera un peu le temps avec les retrouvailles du nouveau chef, Nikolaj Zneps-Znaider, avec l’orchestre au moment du premier déconfinement. Pour l’occasion, il avait repris son violon pour le Choral de J.S.Bach "Ich ruf zu dir". Puis nous enchainerons avec un Noël baroque dirigé par Giovanni Radivo, premier violon de l’orchestre, qui nous propose Sinfonia de la Cantate BWV 174 et le Concerto pour deux violons en ré mineur BWV 1043 composés par Johann Sebastian Bach.

"Les orchestres fêtent Noël", une émission présentée par Marie Morin, diffusée le lundi 21 décembre à 22h50 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et en replay ici.

Quatre questions à Nicolas Chalvin

Nicolas Chalvin est le directeur musical de l'Orchestre des Pays de Savoie

Comment vivez-vous, en tant qu'homme, en tant qu'artiste, la période actuelle ?
C'est une période compliquée. On prend les choses comme elles viennent. De toute façon, on sait qu'il y a beaucoup d'incertitudes qui sont liées à ce à ce virus, que les ouvertures sont toujours soumises à une lecture scientifique. Donc, il faut prendre les choses avec philosophie. Évidemment, notre notre cœur de métier, c'est le public, c'est le le spectacle vivant, mais on essaye d'être présent à travers vous, France 3, à travers les réseaux sociaux, à travers les concerts en streaming. C'est une manière de dire aussi qu'on est là, on s'adapte. Et je crois qu'une des grandes qualités qu'il faut développer actuellement, c'est la capacité d'adaptation. On est frustré, on est triste, mais on essaie quand même de d'être réactif et d'avancer, de faire en sorte que, quand tout ça sera derrière nous, les choses seront déjà suffisamment lancé pour qu'on n'ait pas perdu de temps, pas perdu d'enthousiasme, pas perdu de bonheur et que le public ait envie de venir aussi au spectacle et aux concerts dès que tout ça sera fini.

Craignez-vous que le public finisse par prendre l'habitude de ne plus aller au spectacle à cause, justement, de cette période que l'on connait ?
C'est le danger de cette situation. Je pense qu'il faudra faire un un gros travail pour aller chercher le public. On a toujours fait ça, ça a toujours été quand même un voeu pieux dans le secteur culturel, dans la musique, au théâtre, etc. de se dire "comment est-ce qu'on va faire pour ramener le public ?" Il va falloir très vite essayer de le reconquérir, inventer de nouveaux formats, le chercher, rendre l'espace, le lieu de concert, le lieu de spectacle encore plus ouvert qu'avant. Il va falloir de nouveau créer, être encore plus imaginatif qu'avant pour qu'on puisse retrouver ce contact avec le public. Il faut compter aussi sur le fait que les gens ont envie de se voir. C'est une souffrance de ne pas se voir, d'être éloignés, et je pense qu'il faudra qu'on arrive encore une fois, dès que ces couvre-feu, dès que l'épidémie sera derrière nous, ce sera bien qu'on puisse de nouveau tous se retrouver dans le cœur de la ville, dans le cœur de la cité. 

Le calendrier musical de Noël fait partie de cette créativité nécessaire en ce moment ?
Oui tout à fait. Puis de proposer un regard original aussi. On s'est beaucoup amusé à le faire, à arranger les morceaux qui étaient peut-être pas forcément écrits pour l'orchestre, inventer des coupures, c'est un clin d’œil.C'est vrai que la musique classique, c'est souvent des grandes formes, souvent des grands morceaux, la plupart du temps, il y a aussi des pièces très courtes qui existent, mais de réduire tout ça, je trouve que c'était une manière de voyager très facilement, en peu de temps. On ne les a pas dénaturées et je pense que le plus important c'est de faire plaisir au public. La musique classique a besoin de ces nouveaux formats qui ont une originalité, qui ont une spécificité, qui peuvent avoir aussi cet humour, parce que les musiciens ont de l'humour. Et puis, dès qu'on aura un peu de présentiel qui sera possible, on ira chercher d'autres manières de captiver le public, de le capturer, de le faire venir.

Qu'est-ce que les confinements ont changé chez vous ?
Je trouve qu'on se rapproche de l'essentiel à travers ces confinements, ces temps de pause qui nous ont orientés vers la réflexion. L'essentiel, le vrai sujet, c'est la musique. C'est de jouer ensemble, de se retrouver, de retrouver le public, et de transmettre l'œuvre, d'aller à cette cette urgence-là d'une certaine manière. C'est vraiment notre cœur de métier, c'est de jouer, c'est d'enchanter le public, c'est de nous enchanter nous-mêmes et cette absence de concert nous rend ce besoin encore plus vital. 

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