Le député du Rhône, Hubert Julien-Laferrière, quitte LREM pour EDS pour retrouver le sens du dialogue promis en 2017

Hubert Julien-Laferrière (ex LREM) a rejoint un nouveau groupe parlementaire "Écologie Démocratie et Solidarité". Son départ coûte la majorité absolue au groupe LREM. Le député de la 2e circonscription du Rhône veut renouer avec les promesses de 2017 d’Emmanuel Macron.

Le député du Rhône, Hubert Julien-Laferrière, quitte LREM pour «ÉDS» pour retrouver le sens du dialogue promis en 2017
Le député du Rhône, Hubert Julien-Laferrière, quitte LREM pour «ÉDS» pour retrouver le sens du dialogue promis en 2017 © MOUILLAUD RICHARD / MaxPPP
Le député de la 2e circonscription du Rhône a rejoint seize autres parlementaires au sein d’un nouveau groupe, indépendant et minoritaire, constitué à l’Assemblée Nationale et baptisé «Écologie Démocratie et Solidarité». Une sécession qui fait perdre d’un siège la majorité absolue (288/577) dans l’hémicycle au groupe de La République en Marche. "Ni d’opposition, ni de majorité" ce neuvième groupe parlementaire veut renouer avec les promesses de 2017 d’Emmanuel Macron, et compte aux côtés d’Hubert Julien-Laferrière, des personnalités fortes comme Delphine Batho, Cédric Villani, Aurélien Taché et Matthieu Orphelin.
 

Un nouveau parti qui dérange

Cette fracture inquiète jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.
Les dix-sept parlementaires disent avoir reçu de nombreuses pressions et de nombreux appels téléphoniques, jusqu’à très récemment, pour les inciter à abandonner ce projet de scission qui a vu le jour, il y a près d’un an, à l’été 2019, porté notamment par Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire.

Pour le député du Rhône, Hubert Julien-Laferrière, cette sécession n’est le fruit "ni de l’aigreur, ni de la déception, et en aucun cas une trahison des engagements de 2017". Au contraire, poursuit le député du Rhône, nous sommes fidèles à cette ambition de renouveler les pratiques politiques, c’est la majorité qui s’en est éloignée.

Hubert Julien-Laferrière déclare avoir eu le déclic au moment du recours au 49.3 lors de l’examen du projet de loi sur les retraites à l’Assemblée nationale, mais il éprouvait un certain malaise au sein du groupe majoritaire depuis deux ans. Il souhaite, comme les autres députés de ce groupe, une forte inflexion sociale et écologique de la politique d’Emmanuel Macron. Il a choisi de démissionner non seulement du groupe parlementaire En marche mais également du parti présidentiel, même s’il ne l’a pas encore fait officiellement, il précise rédiger actuellement une lettre en ce sens.


Le député souhaite que cet engagement permette de dépasser les oppositions stériles à l’heure où de nombreux périls menacent notre pays : Urgences sanitaire, sociale, économique, mais aussi et surtout environnementale.
Lors d’une conférence de presse en ligne, virus oblige, ces parlementaires réfractaires sont intervenus tour à tour, pour affirmer leurs compétences et leur projet dans des domaines clefs, comme l’écologie, l’économie, le secteur social, les services publics, la politique familiale, l’égalité homme-femme...et même les sciences, avec la présence remarquée, parmi plusieurs personnalités, de Cédric Villani.
 

Retrouver le dialogue

Pour nourrir un peu plus les angoisses de Matignon, quelques unes de ces personnalités prennent des postures de futurs Ministres, et envisagent de participer à un éventuel et hypothétique gouvernement d’union nationale de l’après-Covid, et donc de l’après Edouard Philippe. Il s’agit, selon eux, de sortir d’un pouvoir « vertical et brutal » pour retrouver la voie d’une culture du dialogue et restaurer le rôle du Parlement. « EDS » se veut indépendant, un groupe positif et innovant, qualifié par ses membres de « petit mais costaud », comme le slogan d’un célèbre bonbon, le groupe espère recevoir de nombreux ralliements. Une indiscrétion parue dans le journal Les Échos évoquait récemment la sécession de plus d’une cinquantaine de députés en lien avec une plateforme citoyenne initiée par ces élus et intitulée "le jour d’après." 
 

65% de femmes

Une précision de taille, il se définit comme le seul groupe parlementaire à majorité féminine, 65% de ses membres sont en effet des femmes, une identité revendiquée à travers des projets politiques comme la revalorisation des métiers à majorité féminine, mis en avant par la crise sanitaire.
Delphine Batho est l’une des personnalités marquantes de ce groupe dissident. L’ancienne Ministre de l’écologie n’a jamais porté l’étiquette de la République en Marche, contrairement aux autres membres d’Écologie, démocratie et solidarité. Tous réclament un changement de Premier Ministre et un virage politique du Président, ce groupe marche désormais seul et pour lui-même.



 
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