INFLATION. Nourrir les animaux : un casse-tête pour les refuges SPA et les zoos

Les produits pour animaux ont connu l'une des plus fortes augmentations des prix depuis mars 2022. Alors que les refuges voient leur budget exploser, dans un contexte de hausse des abandons, les parcs zoologiques ne s'inquiètent pas pour le moment.

+15 % en 2023. Le rayon des produits pour animaux est l’un de ceux où les prix ont le plus augmenté entre mars 2022 et mars 2023. Selon les données obtenues par FranceInfo en collaboration avec le cabinet NielsenIQ, cela concerne aussi bien l’alimentation que les produits sanitaires comme les litières.

Et lorsqu’il s’agit des croquettes pour chats et chiens, la moyenne française dépasse les 17 % en un an, soit 50 centimes de plus le kilo pour un chat par rapport à l’année précédente et 30 centimes pour un chien.  

De plus en plus d’abandons  

Les abandons d’animaux se multiplient, alors que la France détient depuis juin 2022 et sa sortie de Covid un record européen en la matière.  

“On a de plus en plus de demandes, pour des chiens à problèmes comme les malinois notamment”, explique Christophe Dumont-Richet, responsable du refuge de la SPA de Marennes-Lyon. En une journée, le responsable du refuge a déjà eu huit appels pour héberger des chiens. Avec seulement 20 places, la liste d’attente est un peu longue. Le responsable reste cependant convaincu qu’il s’agit plus d’un problème d’adaptation à l’animal plus qu’un problème d’argent.  

Aux Grandes oreilles, les ressources financières restent une préoccupation pour les propriétaires. Chloé Machado, présidente du refuge, observe un “changement de nature” des abandons. “Nous avons beaucoup de demandes pour accueillir des lapins stérilisés et vaccinés. Les propriétaires qui prenaient un minimum soin de leurs animaux, n’arrivent plus à le faire”, ajoute la responsable, qui craint que le phénomène prenne de plus en plus d’ampleur.  

"Un budget qui est en train d’exploser en nourriture” 

Les adoptions ont au contraire chuté. “Il y a une double peine, car il y a plus d’abandons et les refuges ont un budget qui est en train d’exploser en nourriture”, explique Pierre Athanaze, président de l'association pour la protection des animaux sauvages basé dans la Drôme. 

Aux grandes oreilles, les adoptions ont chuté de 45 % et les dons se font de moins en moins nombreux. Or, les recettes tirées des adoptions servent à payer les frais de vétérinaires et les dons permettent d’acheter la nourriture. Aujourd'hui, six mois de granulés lui coûtent 2 300 euros. Résultat, “on prend en charge beaucoup moins d’animaux”, explique la présidente.  

Christophe aussi ressent le poids de l’inflation des produits réservés aux animaux. “Ça représente un budget colossal. Notre dernière livraison a doublé en ce qui concerne la litière et a augmenté de 15 à 20 % pour les croquettes”, explique-t-il. Le responsable du refuge se dit chanceux de faire partie du réseau SPA et de son aide en cette période mouvementée.  

"La sonnette d'alarme n'est pas encore tirée" dans les parcs zoologiques

Les zoos, eux aussi, subissent ces variations de prix. “Comme beaucoup de monde au niveau fournitures, tout a pris un coup. Nous, c’est la viande, notamment le poulet, qui a augmenté. Ça a quasiment doublé, voire plus, au niveau du poulet à la tonne”, explique Romain Lodi, responsable animalier au Domaine des Fauves, près de Lyon. “On a quasiment que des carnivores. C’est presque 40 tonnes par an”, ajoute l’Isérois.  

Parmi les raisons évoquées, en plus du contexte inflationniste général, l’Isérois pointe du doigt la dernière crise de grippe aviaire, qui a contraint certains élevages à abattre leurs animaux, augmentant les prix de ceux restants.  

Malgré tout, l’alimentation des animaux reste inchangée. “On ne peut pas faire de concessions là-dessus", souligne Romain Lodi qui continue de fournir à ses bêtes une nourriture équilibrée et adaptée à leurs besoins. Pas question également d’augmenter l’entrée du parc et d’exclure une partie de la clientèle, majoritairement locale. “On fait du stock de nourriture, on travaille avec quelques magasins pour récupérer des invendus et on dialogue aussi beaucoup avec nos fournisseurs qui nous préviennent des évolutions. La sonnette d’alarme n’est pas encore tirée”, conclut le responsable animalier.  

Au parc animalier de Courzieu, près de Lyon, "on n'a pas encore l'impact", affirme Charlotte Vidal. La directrice du parc explique avoir changé le mode de nourrissage de ses bêtes il y a deux ans et demi. 

"On est passé sur des produits que l’on ne faisait pas avant, des produits chers afin de valoriser le bien-être des animaux. On s’attendait à des budgets considérables", souligne-t-elle, précisant qu'une partie des aliments sont produits dans leurs jardins, le parc étant de petite taille. 

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