7 heures de rééducation par jour : le douloureux quotidien de Marin

© JesoutiensMarin
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Toujours en convalescence dans une clinique suisse, spécialisée dans les soins neurologiques, Marin décrit son quotidien. Un rétablissement laborieux fait d'exercices épuisants, dont il fait lui-même le récit sur Facebook: 7 heures de réeducation par jour pour réapprendre à vivre normalement        

Par Philippe Bette

Marin raconte son quotidien dans un nouveau post publié dimanche 20 août sur Facebook. Le jeune homme a entamé à la mi-juillet une douloureuse rééducation dans une clinique suisse, spécialisée dans les soins neurologiques. Violemment agressé à la Part -Dieu à Lyon alors qu'il prenait la défense d'un couple qui s'embrassait dans la rue, le jeune homme a pu être sauvé mais il est très éprouvé physiquement. Il garde de sévéres lésions neurologiques qui justifient un séjour à l'étranger dans un établissement réputé, où il suit un protocole exigeant qui devrait lui faire retrouver une certaine autonomie.


A peine arrivé à la clinique, Marin avait prévenu l'équipe médicale qui l'accueillait et qui en a pourtant vu d'autres. A la question "Quelles choses veux -tu récupérer ?", le jeune homme avait énuméré toutes les facultés qu'il voulait absolument retrouver : " D’un point de vue cognitif : retrouver ma mémoire, récupérer mes facultés d’attention et de concentration… pour reprendre mes études un jour et ainsi exercer le métier que je souhaite, et qui me demande encore 5 ans d’études… d’un point de vue moteur, je souhaite avant tout déverrouiller mon côté gauche, mais je leur ai aussi fait part de mon espoir de re-courir un jour, et… de pouvoir également faire du vélo mais aussi… jouer au football !!! "  " WoW ! , avaient répondu les soignants, ca va être dur ,très dur mais on peut tenter de le faire" ...
 
Marin suit donc depuis un mois un programme strict qu'il décrit par le détail : "Orthophonie, ergothérapie. En ergothérapie, j’ai fait une activité vraiment très intéressante : il s’agissait de voir sur un ordinateur 15 images de désert, de nommer chacune, puis de retrouver le nom attribué à chacun d’entre eux (difficile, sachant que rien ne ressemble plus à un désert qu’un autre désert) puis j’ai dû essayer de retrouver les noms attribués à chaque image qui réapparaissait. J'ai également kinesithérapie , psychologie, neuropsychologie".

Des précautions particulières 


Marin raconte que ce travail intensif  se fait de façon très encadrée car il est toujours vulnérable "en l'absence de son volet cranien" et que certaines activités, trop dangereuses, lui sont interdites. "Je dois d’ailleurs continuellement porter un casque de protection et une attelle, les règles sont très strictes", précise -t-il lui-même .

Marin réapprend aussi à parler .La chanson est un bon moyen de se réapproprier sa voix : "Avec mon ancienne thérapeute, nous avons terminé la séance en chansons : ‘’Cette année-là’’, ‘’Foule sentimentale’’, mais surtout… ‘’Je t’aime’’ de Lara Fabian (aïe les oreilles…) malgré les efforts, mes problèmes d’articulation et d’intensité de la voix perdurent."

Outre les séances encadrées, il y a aussi les exercices à faire dans sa chambre, de "douloureux étirements" pour détendre les muscles de ses jambes et ainsi lui "éviter de boiter". Tous ces exercices fatiguent beaucoup Marin qui explique qu' en raison d'un ryhtme soutenu, il lui faut faire une sieste le matin et l'après-midi "pour rester en forme."

Au détour d'une phrase , Marin fait part aussi de ses doutes : " J’ai aussi commencé la gymnastique avec … tristesse. Je me suis rendu compte que beaucoup d’exercices m’étaient difficiles à effectuer. Je ne sentais plus ou presque plus mes muscles qui me semblaient comme ‘’morts’’. Tout en faisant valoir qu'il a assuré malgré tout : "Comme à l'accoutumée, je me suis battu pour réaliser les exercices demandés !" 

Mais au au délà des épreuves et de ces pénibles obligations, il y a des moments de détente et de plaisir avec sa famille et ses proches qui lui rendent visite en Suisse. Des sorties aussi avec le personnel soignant. Marin raconte qu'il a pu aller assister au stade à un match de football, sa passion : "Quand je suis arrivé, j’ai senti la même atmosphère qu’à Saint-Etienne lorsque je me baladais pour rentrer dans le stade, j’en ai eu les frissons".  

Et puis le programme de soins prévoit aussi le réapprentissage du goût avec des cours de cuisine. Marin a donc préparé son propre repas avec son ergothérapeute, recette estivale qu'il partage avec ses très nombreux fans sur Facebook. Son dernier post a fait l'objet de très nombreux messages d'encouragement et a déjà été partagé 700 fois depuis dimanche.  

En juillet , la justice a accordé à Marin 150 000 euros d'indemnisation, à titre provisoire, en attendant une expertise complète de son préjudice corporel.    


          






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