A Lyon, un maroquinier se lance dans la production de sacs en lin "ripstop"

Forts des techniques mises au point par l'un de leurs partenaires ardéchois, Chamatex, deux Lyonnais ont mis au point une gamme de sacs ultra-résistants à base de lin.

Le lin est une plante cultivée pour sa fibre et un usage textile.
Le lin est une plante cultivée pour sa fibre et un usage textile. © Collection Watier/Maxppp

Le vêtement de lin ? Tout le monde s'en souvient lorsque le coureur de Formule 1, Romain Grosjean, prenait feu sur le circuit de Barheïn. Ses vêtements taillés dans cette matière lui avait évité le pire. Depuis, plus des trois quarts des pilotes qui arpentent les circuits en sont équipés. C'est Chamatex, tisseur français implanté en Ardèche et spécialisé Chaîne et trame, qui a mis au point ce fil technique. L'industriel collabore avec de grandes marques de l'univers de l'outdoor et de la chaussure de sport (Salomon, Millet, Babolat, Puma, etc.)
Après avoir fondé leur marque (Le Feuillet) il y a une demi-douzaine d'années à Lyon, les deux frères Ylan et Davy Dahan ont vu dans le développement de cette fibre une opportunité de donner vie à des articles de maroquinerie "à vie longue".

Le lin de plus en plus présent dans la bagagerie

Les deux gérants de Le Feuillet ont planché sur un sac réalisé à base du lin ribstop (le Helmet Bag, en forme de sac d'aviation militaire) qui possède un double avantage : il présente des propriétés mécaniques hors du commun, résiste à l'abrasion et aux déchirures. De ce fait, il est catégorisé dans les matières durables. "C'est également un tissu naturel produit en France, moins gourmand en eau que son cousin le coton", confirme Thierry Decroux, responsable du développement produits chez Chamatex. La fibre est cultivée dans de nombreux départements dont l'Allier et plus loin l'Alsace, les Hauts de France et la Haute-Normandie. En France, premier producteur mondial, on en cultive 77 000 hectares.

Technique naturelle (aussi) pour le cuir

Dans le même esprit de produire des articles "durables", le deux maroquiniers ont pris le parti de travailler avec des peaux traitées lors de tannages végétaux. Leur choix de se fournir en veau pleine fleur les a poussés à mettre en place une filière la moins polluante possible. "Nous faisons appel à des tanneurs qui n'utilisent pas de produits chimiques pour préparer les peaux, de même que les procédés employés par nos sous-traitants sont plus économes en eau", souligne Ylan Dahan.
En optant pour des cuirs de qualité, le tannage est moins "agressif". Pas besoin de chlore pour "lisser" la peau. Un chlore communément employé pour recouvrir les défauts des cuirs (accrocs, maladie, etc.) de même que des teintures synthétiques visant à lisser les peaux.
Pour les coutures et les assemblages de ses sacs, cartables, pochettes d'ordinateur, l'entreprise fait appel à des sous-traitants situés dans l'Hexagone, un atelier à Rillieux-la-Pape (Métropole de Lyon) ainsi qu'un autre à Montbéliard (Doubs).

 

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