Agriculture urbaine à Lyon : “Place au Terreau” aide les entreprises à cultiver leur jardin

Dans ce jardin potager, on trouve encore des tomates alors que l'été est bien terminé sur le calendrier... le jardin de l'entreprise Bjorg a été conçu avec l'aide de Place au Terreau. / © France 3 RA
Dans ce jardin potager, on trouve encore des tomates alors que l'été est bien terminé sur le calendrier... le jardin de l'entreprise Bjorg a été conçu avec l'aide de Place au Terreau. / © France 3 RA

L'entreprise coopérative lyonnaise Place au Terreau fondée en 2016, intervient dans la conception, l'aménagement et l'entretien de jardins potagers dans la Métropole pour le compte d'entreprises, de particuliers ou d'associations. De l'agriculture urbaine basée sur les principes de la permaculture.

Par Dolores Mazzola


A Saint-Genis-Laval, au sein de l'entreprise Bjorg Bonneterre et Cie, un jardin potager est cultivé et entretenu par les salariés. Les salariés ont immédiatement adhéré à cette initiative en accord avec les valeurs et la philosophie de l'entreprise pionnière du bio. 
 

L'alliance de la botanique et du bien-être en entreprise


Dans le potager, planté sur quelques dizaines de mètres carrés, au pied du bâtiment flambant neuf, une dizaine de salariées s'activent ce jour-là pour récolter les dernières tomates de la saison. Les jardiniers amateurs sont essentiellement des femmes, révélateur aussi de l'entreprise qui compte un personnel à 60% féminin. C'est la fin de l'été, le potager qui a été planté en mai dernier avec l'appui de la coopérative "Place au Terreau", offre encore beaucoup de tomates de toutes tailles, des herbes aromatiques à profusion et d'autres légumes comme de minuscules cucurbitacées. Les courgettes sont encore en fleur. Sous une large feuille, on découvre encore quelques petits melons, rescapés de la chaleur de l'été... le basilic à grande feuille qui porte beau, n'a pas dit son dernier mot. On trouve d'ailleurs différentes sortes de basilic dans le potager.

Les salariées en sont convaincue : passer le temps du déjeuner dans le potager, c'est l'assurance d'une véritable pause détente, "on ne pense plus aux dossiers, et c'est bien plus efficace qu'une heure en salle de sport,ça reconnecte vraiment à la nature" nous confie Laurence en pleine opération de repiquage d'un plan de salade d'hiver. Dans les allées du potager, les comptables croisent les salariées du service commercial. "On se connaissait de vue mais on ne se parlait pas vraiment avant la création du jardin," explique une des jardinières en herbe. L'agriculture urbaine favorise la communication et le lien au sein de l'entreprise. "On partage un moment avec ses collègues en dehors du cadre de travail classique," affirme Anne-Claire. "Et en plus on peut aussi manger le produit de la récolte, et ça c'est sympa," poursuit Laurence. La plupart des salariées présentes participent depuis le début au projet. Et leur enthousiasme n'a pas faibli.

Le potager est également vu par le service développement durable comme un outil fédérateur : les salariés ont été consultés pour le design du jardin, des projets ont été soumis au vote... et c'est le jardin en forme de "B" (comme Bjorg, évidemment) qui l'a emporté. Régulièrement, Sarah Richardier, co-fondatrice de la coopérative "Place au Terreau", vient animer des ateliers jardinage et distiller de précieux conseils pour faire vivre ce potager... 
© France tv
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Permaculture : "Il faut cultiver son jardin"


Le jardin a été conçu sur les principes de la permaculture, une notion plus large que le bio. Bien sûr, les produits phytosanitaires de l'agriculture conventionnelle sont bannis de ce petit arpent de nature. Exit donc pestices, desherbants et autres engrais chimiques. Du compost naturel, du terreau et du paillage sont utilisés par nos jardiniers urbains pour fertiliser, engraisser et protéger la terre. Car tout commence avec un sol approprié. "Sur un potager, l'idée est de recréer un sol forestier, riche en biodiversité pour que les plantes soient en bonne santé," explique Sarah Richardier. La permaculture consiste aussi à ne pas gaspiller les ressources en eau par exemple en entrenant une certaine humidité au pied des plantations. On applique des principes de bon sens pour préserver les plantes : éloigner les insectes nuisibles et attirer les pollinisateurs pour faire simple. Certaines espèces ont des vertus insecticides. On a compris c'est le choix des plantes, leur diversité et leur installation dans le jardin qui est aussi l'une des clefs de la permaculture. "On mélange les plantes. Par exemple on va mettre le basilic au pied des tomates, avec des oeillets d'Inde à côté. Ces plantes se protègent mutuellement," indique Sarah. 

"On garde aussi des zones sauvages pour attirer de la faune et de la flore. La permaculture, c'est un ensemble de techniques basées sur le mimétisme avec la nature," résume la jeune femme. La productivité  souffre-t-elle du manque de chimie ? Loin de là, le jardin a été très généreux cette saison, malgré la sécheresse. Pour preuve l'abondance de basilic. 

Mais une question vient à l'esprit. Ce jardin se trouve tout prêt de la route et du parking de l'entreprise... un inconvénient ? "On est en agriculture urbaine, il faut composer avec l'environnement," explique Sarah Richardier. Mais elle l'assure, bientôt, la pallisade qui entoure le jardin sera recouverte de végétations. Une barrière végétale qui devrait être une bonne protection contre les nuisances et les pollutions. "A partir de deux mètres, plus de problèmes," résume-t-elle.  
 
"Place au Terreau" développe d'autres projets d'agriculture urbaine, le prochain devrait voir le jour dans le quartier des Etats-Unis à Lyon.

www.placeauterreau.fr

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