Amende requise en appel contre Tariq Ramadan pour avoir révélé le nom d'une des femmes l'accusant de viol à Lyon

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Écrit par AFP

L'avocate générale a demandé, ce jeudi 16 décembre 2021, à la cour d'appel de Paris de confirmer le jugement prononcé en première instance à l'encontre de l'islamologue suisse Tariq Ramadan jugé pour avoir révélé dans un livre et à la télévision l'identité d'une des femmes l'accusant de viol.

En novembre 2020, M. Ramadan, mis en examen pour des viols commis sur cinq femmes, ce qu'il conteste, avait été condamné à 3.000 euros d'amende, dont 2.000 avec sursis, pour avoir donné le véritable nom de celle qui se présente dans les médias comme "Christelle" et l'accuse de l'avoir violée dans une chambre d'hôtel à Lyon en 2009.


Il était reproché à l'islamologue d'avoir enfreint la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui interdit de "diffuser des renseignements concernant l'identité d'une victime d'une agression ou d'une atteinte sexuelle" sans son accord écrit.
"Je sollicite la cour pour confirmer le jugement en première instance. Ils n'ont pas eu l'autorisation (de diffuser son nom, ndlr). Ils ne l'ont jamais eu", a indiqué l'avocate générale dans son réquisitoire.

Dans le livre de M. Ramadan "Devoir de vérité", sorti en septembre 2019, le vrai nom de "Christelle" est cité 84 fois. M. Ramadan l'avait aussi notamment prononcé lors d'une interview sur BFMTV-RMC.

si j'avais voulu être malveillant je l'aurais dit tout de suite

Tariq Ramadan


"D'abord, je savais son identité et si j'avais voulu être malveillant je l'aurais dit tout de suite", a soutenu Tariq Ramadan devant la cour d'appel, indiquant que sa position avait toujours été "claire et cohérente".
"Si vous lisez le livre, je suis d'une rigueur extrêmement stricte. Sur cinq situations (concernant les cinq femmes qui l'accusent, ndlr) je me suis aligné sur ce qui apparaissait sur la place publique", a-t-il affirmé.

Le combat fondamental est de la désigner, de l'intimider

Maître Basile Ader

Selon l'un des avocats de "Christelle", sa cliente a souhaité avec la "plus grande rigueur que son anonymat soit respecté" et il n'y a aucune justification à divulguer son nom "avec insistance". "On cherche en vain en quoi le fait de dire le nom de notre cliente, qui n'est pas commun, plutôt que Christelle qui est le nom sous lequel elle est connue, change les arguments de défense de M. Ramadan", a plaidé Me Basile Ader.

"Il l'a donné à 84 reprises dans son ouvrage, parfois 3 fois sur une même page. Il le fait avec insistance lorsqu'il est interviewé par BFMTV. Le combat fondamental est de la désigner, de l'intimider", a-t-il poursuivi.


La décision sera rendue le 3 février.