Après presque 20 000 kilomètres, l'humoriste lyonnais Patrick Le Chinois fait demi-tour aux portes de la Chine

Incroyable périple en smart que celui de l'humoriste lyonnais Patrick Le Chinois, parti le 30 avril de Lyon pour rejoindre la Chine, afin d'y jouer son spectacle... en mandarin. Après des milliers d'heures de route, il est contraint d'abandonner et de rentrer. La tête pleine de nouveaux défis.

Après 20 000 kilomètres de route en smart et énormément de rencontres et de péripétie, Patrick Le Chinois était sur le point d'entrer en Chine. Le destin en a décidé autrement. Il doit faire demi-tour
Après 20 000 kilomètres de route en smart et énormément de rencontres et de péripétie, Patrick Le Chinois était sur le point d'entrer en Chine. Le destin en a décidé autrement. Il doit faire demi-tour © patricklechinois

Il était parti, fin avril, en smart, après un défi lancé... comme une blague. Avant cela, il s'était imposé une longue préparation aussi, pour apprendre, phonétiquement, un spectacle entier afin de pouvoir le jouer devant le public chinois. Avant son départ, son pari a été relayé dans tous les journaux, et même le 20h de France2. Il a été encouragé par de nombreuses célébrités.

Patrick Le Chinois, déjà très célèbre en Chine, s'était tout simplement lancé le défi de rejoindre le pays du soleil levant en voiture, en traversant l'Europe. Déterminé, avec un moral et une patience inégalables, il a parcouru des milliers de kilomètres au volant. Il a fait étape dans des dizaines de villes qui lui étaient totalement inconnues, dans de nombreux pays. 

Un périple interminable et des rencontres inattendues

L'ensemble, relayé sur les réseaux sociaux en permanence, a permis à l'artiste, dont le moral semble à toute épreuve, de rencontrer des habitants, de vivre des aventures au quotidien. Parfois pour faire marcher une machine à laver dans un hôtel ukrainien, parfois pour dîner avec un député russe, ou encore pour boire une bière avec un fan croisé au bout du monde.

Tout un périple durant près de deux mois qui lui avait permis d'arriver jusqu'aux portes de la frontière entre la Russie et la Chine. C'est là qu'il a du finalement... abandonner. 

Contacté à Kansk, en Sibérie, où il est de retour, pour une nouvelle nuit d'hôtel, il s'explique : "Je vais prendre la route du retour pour Omsk, et ensuite Moscou" résume-t-il après une journée de route.

Il détaille les raisons de son abandon forcé. "J'étais à 500 km de la frontière, où j'ai été reçu par un officiel chinois. J'avais un visa special, parce que j'étais invité par le Ministre de la culture. J'étais donc, en principe, exempté de la fameuse quarantaine qui fait peur à tout le monde. Mais voilà : ils ont instauré une autre quarantaine, à chaque fois que l'on traverse une région... C'est nouveau. Et moi je devais traverser 7 régions. Quatre sur sept avaient accepté de m'enlever ces pauses forcées. Il me restait tout de même trois quarantaines de 21 jours à faire, et ça rendait le projet impossible.

Des adaptations permanentes

Tout au long de sa croisade, Patrick a du improviser et adapter son programme. Au départ, par exemple, il avait prévu de traverser la Slovénie et l'Autriche. Impossible, au final, pour cause de pandémie. "Quand je suis arrivé en Slovénie, l'Autriche venait de fermer ses portes." Le genre de péripétie qui n'a cessé de se reproduire.

"20 000 kilomètres de route, souvent droites, et pas toujours goudronnées " raconte Patrick le Chinois
"20 000 kilomètres de route, souvent droites, et pas toujours goudronnées " raconte Patrick le Chinois © Patricklechinois

"En Ukraine, je devais envoyer mon passeport pour faire valider mon visa russe. Je me suis aperçu que je ne pouvais pas poster un passeport depuis l'Ukraine. Donc je suis passé par l'autre côté, soit la Pologne, la Lituanie, puis la Lettonie. Une fois en Lettonie, nouveau dilemne. Une affaire de diplomatie m'a obligé à faire demi-tour, et je me suis retrouvé en Ukraine. Et là, impossible, à priori, d'entrer en Russie pour cause de conflit. Mais j'y suis entré tout de même, un peu au culot" se souvient-il.

Tout près du but

A priori, la plus grande inquiétude de l'humoriste était surtout liée à la Russie. Il était en possession de différents documents de l'Ambassade de Chine qui le rassuraient sur l'issue de son aventure. C'est l'inverse qui s'est produit "Les officiels chinois sont très sympas mais ils enrobent tout pour te dire que cela va être difficile. En l'occurence, j'étais prêt à faire mes trois quarantaines pour aller jouer mon spectacle mais les salles dans lesquelles je devais jouer ferment en juillet et août. Donc ce n'était plus possible." En revanche, les Russes s'enthousiasment pour lui.

J'ai même fait le journal télévisé russe où j'ai annoncé une nouvelle idée

Patrick avait tout prévu sauf les importants aléas que lui ont imposé la politique... mélée de Covid. Heureusement les dates en Chine ont pu être automatiquement. Patrick ira jouer en Chine en janvier prochain.

Il reste très positif : "J'ai rencontré un tas de gens. J'ai même fait le journal télévisé russe où j'ai annoncé une nouvelle idée : je vais revenir l'année prochaine ici, pour jouer..en Russe ! " Il doit en effet rejoindre Moscou (encore 6000 kilomètres) où il signera les contrats pour ce nouveau projet fou.

Puis il devra reprendre la route. Direction : la France. Près de Lyon, sa famille et ses amis l'attendent. A moins qu'il ne modifie à nouveau ses plans. Avec Patrick Le Chinois, on peut s'attendre à tout.

 

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