Atteint d'autisme, Olivier, 10 ans, est exclu de la cantine de son école

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Écrit par Léa Wolber .

Il y a une semaine, Olivier, 10 ans s'est fait exclure de la cantine de son école, suite à une crise de panique. Atteint de trouble autistique, le jeune garçon nécessite un suivi spécifique, auquel le personnel périscolaire de son établissement ne peut pas répondre.

Mardi dernier, comme tous les jours à la même heure, à la fin du déjeuner, la sonnerie retentit dans cette l'école primaire du 9ème arrondissement de Lyon. 

Olivier, 10 ans est scolarisé dans cet établissement depuis le CP. Il souffre d'un autisme léger, avec troubles de l'apprentissage et du comportement dû notamment à une fragilité sensorielle. Il est donc pris en charge dans une classe Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire). Un maître référent accompagne Olivier au quotidien pour que le jeune garçon s'intègre selon ses besoins et ses capacités dans une classe. 

Seulement, ce mardi 24 novembre, le maître est absent. La sonnerie retentit. Olivier manque de repère et se laisse emporter par une crise d'angoisse. 

Du jour au lendemain, l'école m'appelle et m'annonce qu'Olivier est exclu de la cantine

raconte Cécile Duvernet, la mère du jeune élève. 

C'est la troisième fois que ça arrive. Olivier a déjà été exclu de la cantine deux semaines en décembre 2021 et un mois au début de l'année 2022. 

La raison invoquée par l'établissement : manque de personnel périscolaire compétent pour gérer un élève en situation de handicap. 

"Je n'ai pas d'autre choix que de venir tous les midis pour déjeuner avec lui. Depuis mon lieu de travail, je mets une heure aller, une heure retour. C'est intenable" déplore Cécile. Outre les contraintes techniques, il faut également gérer l'incompréhension d'Olivier face à ce qu'il vit comme un rejet. "Mon fils pleure tous les jours. Il se sent triste, exclu et frustré".

Des formations spécifiques pour le personnel périscolaire 

Déjeuner dehors sur un banc, ou dans une classe. Une situation inacceptable pour Chams Ddine-Bekhayat, président de l'association Blue Network, une plateforme de mise en relation entre les familles et les professionnels médicaux.

La loi est claire que ce soit le code pénal ou le code de l'éducation, dès lors qu'il y a une scolarisation il y a aussi une obligation d'accueillir tous les enfants, quelle que soit leur situation,  et de mettre en place les moyens et adaptations nécessaires pour accueillir les enfants qui ont des besoins spécifiques

rappelle Chams Ddine-Bekhayat, président de l'association Blue Network.

Depuis 2020, la gestion du personnel périscolaire revient à aux collectivités. 

Faute de réponse concrète de la part de la mairie, la famille d'Olivier et l'association Blue Network ont choisi de médiatiser le problème sur les réseaux sociaux. Largement relayée et commentée, la vidéo témoignage de Cécile met en lumière une problématique qui dépasse le cas de son fils. 

"Nous traitons des dizaines de dossiers comparables à celui-ci. Il y a un manque de personnel formé. Je vais demander à la collectivité locale de mettre en place des formations spécifiques pour tout le personnel périscolaire, pas uniquement les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap)."

Et d'ajouter "Tous les ans ce personnel périscolaire demande des formations et n'en trouve pas. Je ne comprends pas ce dysfonctionnement. Il faut une politique ambitieuse et proactive pour l'accompagnement de ces enfants." 

La municipalité regrette le "désengagement de l'Etat"

Pour Joachim Lemenestrel, conseiller du maire de Lyon, "Il y a un désengagement de l'Etat sur les métiers du soins. Plus largement, nous manquons d'enseignants, d'infirmiers, d'atsem. Il faut recruter mais nous ne trouvons pas qui recruter". 

Ce vendredi 2 décembre au matin, en marge d'un déplacement pour l'inauguration d'un centre d'hébergement pour enfants Grégory Doucet, le maire de Lyon,  s'est exprimé sur le cas d'Olivier.

Ce sujet me préoccupe énormément. C'est important de renouer le dialogue avec la famille pour trouver la meilleure solution possible. La ville fait face à la pénurie généralisée d'AESH. On souffre d'un sous-investissement qui ne date pas d'hier

explique le maire de Lyon.

"On a besoin d'investissements massifs de la part de l'Etat et du gouvernement pour offrir des conditions d'accueil satisfaisantes à tous les élèves". 

La famille d'Olivier sera reçue lundi 5 décembre à la mairie pour tenter de trouver une solution pérenne. Et envisage, si nécessaire, de porter l'affaire devant la justice pour faire respecter les droits de son fils. 

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