Au théâtre de la Croix Rousse, la musique de John Adams fait le lien entre l’opéra et la comédie musicale

Une scène sur deux niveaux pour des tableaux crues / © Blandine Soulage
Une scène sur deux niveaux pour des tableaux crues / © Blandine Soulage

John Adams a composé un opéra pop “I Was Looking At The Ceiling And Then I saw The Sky”. Il est encore temps d’aller le voir au théâtre de la Croix Rousse jusqu’à dimanche. Cet ouvrage permet une belle entrée en matière à un public peu habitué aux scènes lyriques

Par Franck Giroud

Le compositeur américain John Adams s’est fait connaitre du grand public dans les années 80 avec un opéra «Nixon in China». Il fait partie de ce que l’on appelle la musique minimaliste ou répétitive à l’instar de Philip Glass ou Steve Reich. Une musique qui a beaucoup inspiré des musiciens comme David Bowie ou les Allemands de Kraftwerk. Les Daft Punk et Jean Michel Jarre n’y ont pas été insensibles. L’opéra de Lyon s’était déjà embarqué dans cette musique avec la création mondiale d’un ouvrage qui avait beaucoup fait parler de lui par son sujet en 1991, «La mort de Klinghoffer» sur la prise d’otages de l’Achille Lauro.
 

Un opéra pop en 7 vies et 20 tableaux

C’est dire si une œuvre de John Adams programmée par l’opéra de Lyon hors les murs, au théâtre de la Croix Rousse est intéressante de prime abord. Et le résultat est à la hauteur avec «I Was Looking At The Ceiling And Then I saw The Sky» (je fixais le plafond et puis j’ai vu le ciel). Cet ouvrage qui oscille entre opéra pop et comédie musicale nous raconte en une vingtaine de séquences le tremblement de terre dans un quartier de Los Angeles en 1994. En sept vies, sept personnages évoluent dans un décor à deux niveaux. Des alvéoles représentant un parc, une chambre et une salle de bain au niveau supérieur tandis que les huit musiciens sont en bas. De part et d’autres de la scène, une église et un tribunal, jugement de Dieu, jugement des hommes.

Un beau mélange de styles musicaux américains

La musique alterne les styles : minimaliste en ouverture puis gospel, blues ou jazz pour porter un propos sur la misère, l’immigration, le racisme et parfois le sordide autour de la drogue. Les voix des chanteurs de l’Opéra Studio sont sonorisées ce qui ne met pas en relief leur interprétation. Leur jeu est de qualité et la mise en scène reprise par Eugen Jebeleanu après la défection de Macha Makeïeff est efficace voire crue. Les tableaux aux couleurs et lumières façon photos de Pierre et Gilles donnent un ton acidulé à la soirée.

“I Was Looking At The Ceiling And Then I saw The Sky” de John Adams, mise en scène Eugen Jebeleanu, direction musicale Vincent Renaud, au théâtre de la Croix Rousse jusqu’au 23 février. 

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