Avalanche mortelle de Valfréjus en Savoie : au procès, les militaires se rejettent la responsabilité de l'accident

Quatre militaires jugés à Lyon pour homicide involontaire après l'avalanche de Valfréjus en 2016 / © France 3 Alpes
Quatre militaires jugés à Lyon pour homicide involontaire après l'avalanche de Valfréjus en 2016 / © France 3 Alpes

Le procès de quatre militaires a débuté à Lyon, ce jeudi 10 octobre 2019, après l'avalanche qui avait coûté la vie à six légionnaires, en janvier 2016 à Valfréjus, en Savoie. Les 4 gradés, poursuivis pour homicides involontaires, se rejettent la responsabilité de l'accident.
 

Par AFP et France 3 Alpes


Quatre gradés se sont rejetés, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Lyon, la responsabilité de l'erreur d'itinéraire à l'origine de l'avalanche dans laquelle six légionnaires sont décédés à Valfréjus (Savoie) en 2016.

Un adjudant-chef, qui avait participé la veille des faits à une reconnaissance du parcours, a déclaré à la barre ne pas s'être "posé la question" de l'itinéraire au moment de la course car "il y avait des gens devant, qualifiés, avec des cartes".

Celui qui était en tête du groupe de militaires quand l'avalanche s'est déclenchée, a pour sa part désigné le "chef organique", un capitaine qui se trouvait à l'arrière, comme celui qui devait "dire stop" en cas d'erreur de parcours.

Le 18 janvier 2016, 51 militaires du 2e régiment étranger de génie (REG) de Saint-Christol (Vaucluse), qui appartient à la 27e Brigade d'infanterie de montagne (BIM), participaient à une sortie à ski de randonnée dans le cadre d'un stage destiné à leur apprendre les bases du déplacement en montagne.

A la mi-journée, une grosse coulée de 400 mètres de large sur 300 mètres de dénivelé, partie au-dessus du groupe, emportait 18 soldats.
 
Cinq légionnaires - un Albanais, un Malgache naturalisé Français, un Italien, un Moldave, un Népalais - sont morts sur le coup. Un sixième, un Hongrois, est décédé une semaine plus tard des suites de ses blessures. Âgés de 21 à 33 ans, ils devaient partir en mission au Tchad, au Mali et en Centrafrique. Sept autres soldats ont été blessés.
Assurant que les "signes de danger ne se voyaient pas", un des prévenus, le seul à comparaître en costume de ville, s'est défini comme "militaire avant d'être guide de montagne".

Le capitaine à la tête du régiment à l'époque a quant à lui assuré que le parcours qu'il avait décidé "ne présentait pas de difficultés majeures", réfutant toute "faille" dans l'organisation de la course.

Les quatre gradés, tous titulaires du diplôme de chef de détachement de haute montagne, doivent répondre d'homicides involontaires et blessures involontaires devant le tribunal, qui siège dans sa formation militaire.

Le jour des faits, Météo-France affichait un risque d'avalanche "marqué" de 3 sur une échelle de 5, notamment dans le type de pente raide où le groupe s'était engagé, sous le col du Petit Argentier (2.599 mètres).

Selon l'expert nivologue Richard Lambert, "ce qui est absolument certain, c'est le groupe qui a déclenché l'avalanche" à son passage sur des "plaques à vent" reposant sur des couches de neige fragiles.

Le procès doit se poursuivre vendredi.

>> Ci-dessous le compte rendu de l'audience par Xavier Schmitt 


 

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