Sirha 2021 : le chef lyonnais Davy Tissot dans l'arène du Bocuse d'Or

Le Bocuse d'Or est l'un des concours de cuisine les plus prestigieux au monde. La compétition a débuté dimanche avec l'entrée en lice de 12 premiers pays. La France est entrée dans la course ce lundi matin. Le chef lyonnais Davy Tissot s'est entraîné près de deux ans pour décrocher le graal.

A 8h39, très précisément, juste après l'équipe d'Uruguay, la compétition a débuté ce lundi matin pour Davy Tissot. Le chef d'Ecully est entré dans l'arène pour 5h35 de compétition à l'occasion de cette deuxième journée de finale. Peu avant le coup d'envoi, Davy Tissot, très concentré et imperturbable, a confié qu'il se sentait bien et "heureux". "On est dans les starting-blocks. On attend le top départ et on va lâcher les chevaux !" a déclaré le chef. Le Bocuse d’Or est considéré comme les "jeux olympiques de la gastronomie".

5h35 sur le feu : une aventure collective

Agé de 47 ans, le chef lyonnais, meilleur ouvrier de France, a attendu ce moment toute sa vie. "C'est l'aboutissement de deux ans de travail. C'est beaucoup de recherches, beaucoup de questionnement, d'innovations et beaucoup de temps," a expliqué Naïs Pirollet, jeune chargée de RD. Décrocher le Bocuse d'Or serait donc une consécration pour toute l'équipe. Pour remporter la victoire, le cuisinier installé à Ecully est aidé d'un coach, d'une chargée de Recherche et Développement et de deux commis. C'est le chef étoilé de Tournus, Yohann Chapuis, qui a endossé le tablier de "coach" et qui surveille le chef tricolore de près tout au long de l'épreuve de plus de cinq heures. "Il faut que ça sorte très propre et comme on l'a souhaité," a indiqué le coach, l'oeil sur les chronomètres. Le Bocuse d'Or, c'est aussi une question de "timing".

Cette année, le Bocuse d'Or fait la part belle à un plat chaud réalisé autour du Paleron de bœuf braisé entier. Pour la première fois, les candidats présentent leur travail sur un plateau unique pour tous les candidats. Après des mois de crise sanitaire, les restaurateurs ont dû s'adapter. Le Bocuse d’Or a également fait évoluer sont épreuve à l'assiette pour une épreuve « take-away ». Les candidats doivent concevoir un menu complet à emporter avec entrée, plat et dessert. Un menu conçu autour d’un produit de saison : la tomate. Challenge supplémentaire, les candidats doivent également utiliser des crevettes dans la création de leur plat principal. Cerise sur le gâteau et note "green" : le menu a emporter doit être présenté dans une box mise au point par les candidats eux-mêmes, à partir de matériaux d’origine végétale et obligatoirement réutilisable.

Marcher dans les traces de Paul Bocuse...

Depuis deux ans, Davy Tissot a mis sa vie entre parenthèses pour pouvoir se consacrer à la préparation du concours. C'est la première fois dans l'histoire du Bocuse d'Or qu'un chef aussi expérimenté se lance dans cette aventure. "Bosser autant, se remettre autant en question à son âge, c'est juste incroyable," a confié le chef étoilé Régis Marcon. Le chef de Saint-Bonnet-le-Froid sait de quoi il parle : il a lui-même remporté le Bocuse d'Or en 1995. "Dès le décès de Monsieur Paul, il y a pensé. Il m'a dit, il faut que je fasse ce concours. Il faut que je redonne une victoire à la France". Le MOF a fait ses classes chez Paul Bocuse. Davy Tissot a le soutien de toute la profession.

Le Bocuse d'Or, c'est aussi une histoire d'ambiance dans le public... Ils sont nombreux à être venus encourager le chef tricolore. 

Le Bocuse d'Or rime aussi avec une ambiance de folie .. des supporters sont dans les tribunes pour encourager les équipes en lice. Une ambiance digne des grandes rencontres sportives avec ballons, sifflets et drapeaux. Pour cette édition 2021, les soutiens sont venus en nombre : 250 personnes sont venues encourager Davy Tissot. Soit la moitié du public !

Au total, ce sont 21 pays qui sont en lice pour cette compétition prestigieuse. Qui décrochera le Bocuse d'Or ? La France n'a pas remporté le précieux trophée depuis 2013. Lors de la précédente édition, en 2019, trois pays nordiques avaient rafflé les statuettes.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
sirha culture gastronomie