Braquage du siècle en Suisse : jusqu'à 20 ans de prison pour les accusés

Le verdict du procès du "braquage du siècle" était attendu ce vendredi 26 janvier. Les six malfaiteurs, dont trois en fuite, ont été condamnés à Lyon à des peines allant de 7 à 20 ans de prison ferme.

À l’issue du procès du "braquage du siècle" devant la cour d'assises du Rhône, les accusés ont été condamnés, ce vendredi 26 janvier, à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison ferme. Pour rappel, le 24 mai 2017, en Suisse, des malfaiteurs, âgés de 32 à 47 ans au moment des faits, avaient attaqué un fourgon blindé pour un butin de plus de 40 millions d'euros. Sur les six accusés, trois se sont fait la belle en profitant de leur remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ils étaient seulement trois dans le box.

Le verdict est globalement conforme aux réquisitions de l'avocat général Eric Mazaud qui situait les six hommes "dans le haut spectre de la criminalité" pour cette attaque menée selon lui avec "un haut niveau de préparation" et une "quasi-professionnalisation".

Une peine allégée pour le plus jeune

Le plus jeune des malfaiteurs est le seul à avoir bénéficié d'indulgence. Les jurés l'ont condamné à sept ans de prison sans mandat de dépôt contre les neuf ans requis par l'avocat général. Le moins expérimenté et le seul non récidiviste de la bande est donc sorti libre du tribunal. "C'était le but. On ne sait pas si c'est aménageable. Il faut qu'on sorte la calculette pour voir avec ce qu'il a déjà fait. Je suis heureux pour lui qu'il rentre ce soir. Il rentre à Annecy chez lui. C'est la satisfaction du jour", confie Cédric Trabal, son avocat. Il explique que son client n'a pas eu de mandat de dépôt grâce à son "humanité". "Je pense qu'on n'a pas triché. Il n'a pas triché à la barre. J'ai essayé d'être sincère dans ma plaidoirie. J'ai essayé de le présenter tel qu'il est, tel que je le vois et j'espère que c'est pour ça que les jurés ont été sensibles".

Ses deux complices sont, eux, punis à la hauteur des réquisitions. Ils étaient accusés d'avoir, au volant d'une voiture volée, rabattu le fourgon des convoyeurs sur la bande d'arrêt d'urgence, avant de les séquestrer. Un père de famille de 42 ans a été condamné à 12 ans de prison. "On ne fera pas appel pour mon client. C'est sévère et ça l'envoie en prison mais c'est un verdict qu'il était prêt à accepter", avoue Samir Driss, avocat.

Trois accusés en cavale

L'avocat du troisième accusé présent, le plus lourdement condamné, va faire appel des 16 ans de réclusion criminelle prononcés. Son client a toujours nié avoir été sur les lieux de l'attaque. Il avait, selon les enquêteurs, joué un rôle clé dans l'organisation du braquage et avait été arrêté au volant d'une fourgonnette transportant la moitié du butin. Son avocat, Laurent Bizien, demandait une condamnation pour recel : "Nous sommes condamnés pour un vol qu'on n'a pas commis, ce qui est reconnu. Nous ne sommes pas condamnés pour les dégradations et enlèvements. J'avoue que c'est une décision qui est complètement absurde. On ne nous a pas entendus".

Les trois accusés en cavale, des récidivistes au casier judiciaire chargé, ont été condamnés par défaut à vingt ans de réclusion criminelle et sont toujours recherchés. L'avocate de l'un des convoyeurs et de la société de transport de fonds Loomis, Hélène Church, avait dénoncé ce jeudi 25 janvier les absents qui "ont essayé de se substituer à toute forme de justice, à toute forme de rédemption". Ce verdict marque la fin d'une rocambolesque et exceptionnelle affaire, vieille de sept ans.