Changement de présidence au Sytral: comment devrait évoluer la mobilité dans la métropole de Lyon (Rhône)

La présidence du Sytral a officiellement changé aujourd'hui. Fouziya Bouzerda laisse la place à Bruno Bernard. Le président de la métropole, élu en juin dernier, arrive avec ses projets.

Bruno Bernard, ce lundi après-midi, lors de son élection à la présidence du Sytral.
Bruno Bernard, ce lundi après-midi, lors de son élection à la présidence du Sytral. © Joël Philippon/MAXPPP
Extension du métro, nouvelles lignes de tramway, télécabine, augmentation du cadencement des bus, développement du vélo etc... les projets foisonnent chez le nouveau président écologiste du Sytral. Et pour les réaliser, Bruno Bernard prévoit multiplier par deux ou trois les investissements durant son mandat.

Des investissements passants de 1,1 à 3 milliards d'euros

Durant le dernier mandat, "le Sytral s'est auto-financé à hauteur de 1,5 milliards d'euros et les investissements n'ont été que de 1,1 milliards" précise le nouveau président du syndicat de transports, Bruno Bernard. Pour le prochain mandat "il est donc possible d'investir 2,5 à 3 milliards d'euros en s'endettant sur 10 ans."

Bus, tramway, métro, vélo, covoiturage, télécabines, rien est écarté

Sans surprise, la voiture n'est pas la grande oubliée, mais la grande écartée du projet. Sauf pour le covoiturage ou l'électrique où des voies seront réservées sur certains axes. Mais ce que veut le président de la métropole, c'est "proposer une alternative solide à la voiture individuelle pour que les foyers l'abandonnent et gagnent en pouvoir d'achat." A court terme, Bruno Bernard souhaite donc développer le vélo ou l'auto partage.

A mi-mandat, l'offre de bus devrait être augmentée de 20% avec plus de fréquence et des amplitudes horaires élargies, mais aussi la mise en place de navettes express.

Avant la fin du mandat, le président de la métropole veut créer 60 kms de nouvelles lignes de bus à haut niveau de service et de tramway (avec la ligne de rocade A8 étudiée pendant le précédent mandat ou une ligne entre Bellecour et Part-Dieu). Des études sur des télécabines reliant, par exemple, Lyon à Sainte-Foy-lès-Lyon et Francheville.

"Nous allons lancer des investissements pour les 10 ou 15 ans qui viennent pour développer le Réseau Express Métropolitain et un plan métro" poursuit Bruno Bernard. En clair, faire un RER parisien à la lyonnaise, où le Sytral, SNCF Réseau et la région relieraient leurs réseaux et appliqueraient un tarif unique. "C'est une question d'équité territoriale" pour Bruno Bernard.

Incertitudes sur le métro E

Si l'idée d'une cinquième ligne de métro entre Part-Dieu et Tassin-Alaï était acquise sous le mandat précédent, elle reste une option pour le nouveau président. "Il y a également la prolongation des lignes A jusqu'à Meyzieu et B jusqu'à Rillieux-la-Pape à étudier. Je souhaite qu'il y ait un débat public pour choisir la ligne la plus utile."

Baisse des tarifs pour les étudiants ou gratuité pour les plus précaires

Jugeant la situation financière du Sytral bonne, Bruno Bernard, souhaite faire appliquer la gratuité aux plus démunis et aux enfants de moins de 11 ans à partir du 1er janvier. L'abaissement de l'abonnement étudiant de 32 à 20 euros est également à l'étude.
 
Les projets du SYTRAL

 
La présidente sortante du Sytral Fouziya Bouzerda nous répond:
-La ligne E du métro ne fait pas partie des priorités, vous le regrettez?

Non. On est en divergence parce que je pense que l'ouest, le grand ouest, a besoin d'une desserte structurante qu'on ne sait pas opérer par un autre mode. C'est une vision à long terme, cette ligne E va plus à l'ouest jusqu'à Part-Dieu car c'est ce qu'ont imaginé les habitants lors d'une concertation.

-Votre successeur souhaite faire des consultations pour étendre les lignes A, B ou D. Pour vous, ce travail avait déjà été fait, il n'y a pas besoin de concerter à nouveau?

Non, on a refait un plan structurant. On est arrivé à la fin d'un cycle donc on a décidé d'avoir une vision sur la manière dont on va se développer. On a développé un nouveau plan structurant de métro avec des lignes poussées à l'est avec la ligne A, au nord avec la B, au sud, avec des lignes de tramway en rocade A8, des lignes transversales, on a étudié aussi 10 lignes de câbles et 2 navettes fluviales.
L'enjeu c'était de s'interdire de réfléchir sur aucun mode. Si on n'avait pas lancé ça, la nouvelle équipe ne pourrait rien réaliser.

-Pourquoi le développement de la capacité des bus et le renforcement du tramway n'ont pas été faits plus tôt?

Cela a été fait. On a inauguré ligne T6. On a étudié la ligne de rocade A8. On a augmenté les capacités de métro et tramway, on va accueillir 30 nouvelles rames de métro pour la ligne B, on a une centaine de rames de tramway et on a acheté des rames de 43 mètres. On a accéléré le volume.

-La télécabine avait été étudiée, quelles sont les limites?

Les limites, c'est l'insertion. Quand cous survolez des habitations, vous expropriez chaque propriétaire. Vous devez ensuite insérer les pilônes et les stations dans du bâti. Ce n'est pas insurmontable mais le budget et le temps de réalisation ne sont pas "lights". Ce sont des projets structurants auxquels on a réfléchit. Pour l'ouest, on a préféré le métro. Et le câble, on l'avait imaginé relier Rillieux à Décines-Meyzieu. Cela avait du sens. Il ne faut pas opposer les modes mais choisir le bon, sur le bon territoire.

-Quel manque à gagner sur la gratuité?

la gratuité est un mauvais terme car il y a toujours quelquechose qui est payé. On paie le matériel, l'énergie pour circuler, le personnel, qui va payer? C'est soit l'usager, soit le contribuable.
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