Chine : l'ex-patron d'Interpol inculpé corruption

L'ancien président chinois d'Interpol, Meng Hongwei. Photo prise le 4 juillet lors du congrès mondial d'Interpol. / © ROSLAN RAHMAN / AFP
L'ancien président chinois d'Interpol, Meng Hongwei. Photo prise le 4 juillet lors du congrès mondial d'Interpol. / © ROSLAN RAHMAN / AFP

L'ex-patron chinois d'Interpol, organisation policière internationale basée à Lyon, dont la disparition l'an passé a défrayé la chronique, est inculpé pour corruption. Le Parquet chinois l'accuse d'avoir "profité" de ses différentes fonctions passées pour recevoir de "très importants" pots-de-vins.

Par AFP/CC

C'est le énième développement d'une affaire qui a suscité bien des interrogations, pour ne pas dire : la disparition-réapparition du président d'Interpol en octobre dernier lors d'un voyage en Chine.

Depuis Meng Hongwei, 65 ans, a "remis" sa démission au secrétaire général de l'organisation policière basée à Lyon, et vient donc d'être inculpé de corruption. Aujourd'hui, le parquet chinois précise que l'homme aurait profité de sa position pour recevoir "d'inportants pots-de-vin".
 

Un ex-apparatchik déchu


Depuis qu'il s'est volatilisé, Meng Hongwei est en détention dans son pays. L'ex-dirigeant, qui était aussi vice-ministre de la Sécurité publique et directeur du Bureau de la police maritime, a déjà été exclu en mars du Parti communiste chinois (PCC) et de toute fonction officielle.

"Meng Hongwei a profité de ses pouvoirs et de ses fonctions (...) pour favoriser les intérêts d'autres personnes et accepter illégalement des biens d'autrui, pour des montants très importants", a indiqué le Parquet populaire suprême.
 
Meng Hongwei est un des très nombreux d haut dirigeant communiste à succomber à la campagne anti-corruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping peu après son arrivée au pouvoir. Elle a déjà sanctionné au moins 1,5 million de cadres du PCC, selon des chiffres officiels. 


Purge au sommet


Très populaire auprès d'une opinion publique lassée des malversations, cette opération "mains propres" est également soupçonnée de servir à faire tomber des opposants internes à la ligne du chef de l'Etat chinois.

Mais le cas de M. Meng, qui a gravi les échelons de l'appareil sécuritaire chinois au temps où celui-ci était dirigé par un rival du président Xi Jinping, est une première au sein de grandes institutions internationales. Ce rival, Zhou Yongkang, purge actuellement une peine de prison à perpétuité après avoir été condamné en 2015 pour corruption, abus de pouvoir et divulgation de "secrets d'État".
 

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