Comment le milieu économique local réagit à l'arrivée au pouvoir des écolos à Lyon et à la tête de la métropole

Alliés à LFI, au PCF, au PS, Grégory Doucet et Bruno Bernard ont respectivement remporté la mairie de Lyon et la Métropole dimanche 28 juin. Comment le monde économique lyonnais voit-il l'arrivée au pouvoir des écologistes ? 
 

© MAXPPP

Décroissance, perte de dynamisme de la région, départ des entreprises, mesures écologiques punitives, réduction de la place de la voiture en ville au détriment du "tout vélo" et impact négatif sur le commerce... l'arrivée des Verts au pouvoir à la tête de la ville de Lyon et de la Métropole fait grincer des dents chez certains et parfois courir des rumeurs. En tous cas, l'élection de Bruno Bernard à la Métropole et de Grégory Doucet à Lyon, novices en politique et inexpérimentés, suscitent des interrogations. Une inexpérience des écologistes qui pourraient s’avérer préjudiciables en période de crise économique.

Que pense le monde économique de cette vague verte qui a touché la région ? Comment réagissent les organisations patronales ? Les entreprises voient-elles d'un bon oeil ce changement de couleur politique de l'agglomération ? Les  dirigeants gardent la tête froide ... 


"Conjuguer économie et écologie"


Dans la capitale des Gaules, ancienne capitale de la soie, les liens tissés entre les instances économiques et le monde politique sont très anciens. A l'approche du second tour des municipales, CPME, BTP et Medef du Rhône avaient appelé les lyonnais et habitants de la Métropole à se rendre aux urnes et surtout à faire barrage à l'abstention. 

Pour François Turcas, patron de la CPME du Rhône, qui connaît bien l'ancien maire de Lyon, l'arrivée des Verts au pouvoir dans la capitale des Gaules représentante un grand changement mais il est formel "on ne pourra pas aller de l'avant si on ne conjugue pas économie et écologie !"

La CPME du Rhône regroupe les chefs d’entreprises des PME et TPE. Cette organisation patronale rassemble plus de 35OO petites et moyennes entreprises, et aussi de nombreuses start-up. Que pensent ses adhérents de l'arrivée des Verts au pouvoir ?
En résumé pour le dirigeant de la CPME du Rhône : pas le temps d'avoir des états d'âme. Les chefs d'entreprise doivent "aller de l'avant" et ont surtout d'autres défis à relever selon François Turcas, "après les gilets jaunes, les grèves, le virus et le confinement, la crise économique et sociale qui s'annonce les chefs d'entreprise ont vraiment autre chose à faire aujourd'hui." Maintien de l'emploi, l'arrivée sur le marché de 800 000 jeunes, gestion de l'apprentissage ... les préoccupations sont légion pour les chefs d'entreprise soucieux de leur survie. 
 

"Pas d'inquiétude mais on veut apprendre à les connaître"


Au sujet de ces nouveaux venus en politique, le patron de la CPME du Rhône n'a pas d'inquiétudes particulières. "On veut les connaître, personne ne les connaît. Quand on parle des écologistes, on nous présente souvent Grenoble (NDLR : Le maire écologiste Cédric Piole a été réélu) mais Lyon n'est pas Grenoble."

Sur leur inexpérience du pouvoir et les rapports que les nouveaux élus vont entretenir avec le monde économique lyonnais, François Turcas veut rester confiant : "Il n'y a pas de raison qu'on ne réussisse pas à s'entendre avec eux. Bruno Bernard (futur président de la Métropole de Lyon) est un vrai chef d'entreprise. Il n'y a pas de raison qu'il ne comprenne pas nos incertitudes." Et d'ajouter malicieusement : "un homme qui fabrique de la bière ne peut pas être mauvais". 

Pour, le responsable de la CPME du Rhône, il faut aussi attendre de connaître les personnes qui seront désignés jeudi 2 juillet à ses côtés au sein de la Métropole de Lyon. Qui sera le vice-président à l'économie ? "Nous sommes prêts à discuter dès lundi sur nos attentes et voir si c'est conciliable," ajoute François Turcas en conclusion.

 

Dérapages et appel à faire barrage aux "khmers" verts... 


Quelques jours avant le deuxième tour des municipales, l'inquiétude du monde économique lyonnais s'était pourtant traduite par des propos polémiques d'un bijoutier réputé de la place lyonnaise. Jean-Louis Maier avait comparé les Verts à Hitler. Un dérapage qui avait fait couler de l'encre après les paroles toutes aussi controversées d'un fameux restaurateur concernant les électeurs des verts. Christophe Marguin, restaurateur et soutien d’Etienne Blanc (LR) aux élections métropolitaines, dans un reportage diffusé sur France 5, irrité contre le vote écolo et s’en était pris aux électeurs des Verts :" Ceux qui me font de la peine, c’est les connards qui votent pour eux". 

Un mail aurait également circulé dans les milieux d'affaires pour « alerter sur le risque de voir une idéologie verte, soutenue par l'extrême gauche, détruire implacablement ce qui fait la force de notre ville ».
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