Covid 19: Fermeture des gymnases et salles de sport, les structures lyonnaises sont KO

Au lendemain des annonces du ministre de la Santé, plaçant la Métropole lyonnaise en alerte renforcée au Covid-19, salles de fitness, clubs sportifs et MJC encaissent le choc : les activités sportives indoor vont devoir s'interrompre. Même si le flou règne encore sur l'application de ces mesures.

© Patrick Lefevre / MAXPPP
Thibault Le Moigne est devenu philosophe ou - comme le proclame son enseigne de salles de sport - il reste calme : le manager régional de Keep Cool pour le bassin lyonnais, a pris connaissance des nouvelles restrictions liées au Coronavirus et attend les arrêtés préfectoraux qui vont préciser les modalités de leur application.

Pour lui, la situation devient critique : dès samedi (au mieux, dès lundi), les 10 salles de sport dont il a la responsabilité vont devoir fermer leurs portes. Cela fait partie des mesures strictes annoncées par Olivier Véran dans les zones placées en alerte renforcée au Covid. Les 30 salariés qui y travaillent auront-ils droit au chômage partiel ?... Le cadre l'ignore encore.

De sueurs froides chez Keep Cool

"C'est un coup de massue", avoue Thibault Le Moigne. "On appliquait pourtant un protocole sanitaire très stricte, et cela arrive au plus mauvais moment : après une rentrée timide, les inscriptions repartaient à la hausse." Une reprise très attendue : la fréquentation des salles a baissé de 30 % et les trois mois de confinement se sont traduits par une perte sèche de chiffre d'affaire, l'enseigne ayant choisi de rembourser ses abonnés.

Le manager ne baisse pourtant pas les bras : "Avec le Syndicat du Fitness, on cherche des solutions : proposer une pratique en extérieur ou limiter plus encore le nombre de pratiquants présents." 

Du côté des clubs sportifs, mêmes inquiétudes. Les gymnases doivent fermer leurs portes : "Ce sont des espaces confinés où le port du masque est impossible ou a minima complexe et qui sont des lieux, hélas, de contamination importante", a justifié Olivier Véran.  

Les clubs de sports menacés

"Si ça devait durer, s'en serait fini de nous", prévient François Sanchez, président du PLO, une association omnisport d'Oullins, dans la périphérie lyonnaise. Le confinement a mis à mal les finances du club et les inscriptions ont chuté de 30 à 40 % à la rentrée.

"Avec nos 21 salariés - des coachs sportifs, pour la plupart -, nous avons de quoi voir venir pendant 2 mois", explique le dirigeant. "Après, nous ne pourrons plus verser les salaires et payer les charges. Les adhésions assurant 70 % de notre budget, nous sommes dépendants de notre activité."

Hormis les boulistes - dont l'activité peut se pratiquer en plein air - près de 1300 adhérents (basketteurs, gymnastes, pratiquants des arts martiaux ou du trampoline, etc) pourraient bien se retrouver sur le carreau.

Des exceptions à la fermeture ?

Seul espoir d'éviter le couperet, pour François Sanchez : qu'il en soit de même pour la fermeture des gymnases que pour le port du masque. En effet, Oullins fait partie des rares communes de la Métropole lyonnaise à pouvoir s'en dispenser, grâce à un taux d'incidence des cas de coronavirus plus bas qu'ailleurs... Les arrêtés préfectoraux, attendus pour vendredi, devraient éclaircir les choses.

Ils permettront aussi aux MJC de savoir à quoi s'en tenir. Handball, aïkido, boxe : ce sont des sports de contact qui se pratiquent indoor ; mais aussi danse, yoga ou tai chi : dans ces disciplines, les groupes excèdent régulièrement les 10 personnes... De quoi susciter pas mal d'interrogations dans une MJC du 3è arrondissement.

Renoncer à ces activités serait un crève-coeur car, contrairement aux structures sportives, dans cet établissement, le public, impatient de retrouver ses loisirs, était revenu en masse à la rentrée.

 

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