Coronavirus : la famille d'une étudiante lyonnaise rentrée de Chine doit faire face à la psychose

31/01/20 Arrivée du premier vol des ressortissants français rapatriés de Wuhan, Chine / © Hector RETAMAL / AFP
31/01/20 Arrivée du premier vol des ressortissants français rapatriés de Wuhan, Chine / © Hector RETAMAL / AFP

"Nous sommes des pestiférés". Voilà le sentiment d'un père de famille d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis le retour de Chine, mardi 28 janvier, de sa fille en échange universitaire à Wuhan. Deux séries de tests médicaux prouvant la non-contamination au Coronavirus, ne suffisent pas face à la psychose.

Par Aude Henry

Mise au ban, pour avoir pris les devants. C'est ce que ressent aujourd'hui Bernard, le père d'une étudiante à Lyon, rentrée de Chine par ses propres moyens, mardi 28 janvier. "Depuis, c'est l'enfer pour toute la famille" explique ce père de famille, extrêmement critique sur la gestion de cette crise sanitaire par le gouvernement français.
 

Nous sommes livrés à la vindicte populaire


Pascal B. dénonce «le tout ou rien» du ministère de la Santé. Pour lui, l'annonce du rapatriement officiel des Français de Wuhan et de leur mise en quarantaine à l'arrivée, a fait de sa famille, "des pestiférés".  "Ceux qui sont rentrés par leur propres moyens, avant l'organisation du rapatriement, se retrouvent seuls, face à la psychose".

Sans consigne claire des autorités françaises en Chine, sa fille, en échange universitaire à Wuhan, décide de rentrer à Lyon le mardi 28 janvier. En vacances à 700 kilomètres de Wuhan, elle prend le train, puis l'avion et à chaque fois, les autorités vérifient qu'elle n'a pas de fièvre. Puis, elle transite par Munich en Allemagne, avant d'atterrir à l'aéroport  de Lyon Saint-Exupéry. Pas de contrôle, malgré le port du masque.

Voulant bien faire les choises, Bernard emmène sa fille au dispensaire de Satolas, près de l'aéroport. Avec l'aide de la régulation du centre 15, une première série de tests médicaux est réalisée. Alexandra n'est pas porteuse du virus Coronavirus 2019-nCoV.
La famille rentre chez elle en Savoie. Mais après un premier relais médiatique, les ennuis commencent.
 

La psychose persiste...


« Quand ma femme a voulu aller au travail, certains de ses collègues ont déclaré que c’était elle ou eux. Son patron lui a alors conseillé d’obtenir une attestation médicale » détaille Bernard. 
La famille se tourne une seconde fois vers le centre de régulation du 15. Insiste pour refaire des tests, obtient les mêmes résultats : personne n'est atteint du Coronavirus 2019-nCoV.
Difficile de faire mieux pour faire face à la psychose, et faire taire la rumeur.  Porter un masque ? « Ce serait pire. Je suis artisan. Vous imaginez si j’arrive chez un client avec un masque ? » rétorque Bernard, qui a toute confiance en les résultats médicaux obtenus.

Depuis, Alexandra ne veut plus parler des conditions de son retour en France. Elle devrait reprendre les cours à la faculté de Lyon 3 d'ici une quinzaine de jours. Un délai demandé par l'université, et qui correspond au temps d'incubation du Coronavirus. 
 

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