Rhône : des pesticides et des perturbateurs endocriniens ignorés dans l'eau du robinet, selon UFC Que choisir

Selon UFC Que choisir, l'eau du robinet est conforme en tous points aux critères réglementaires dans le département du Rhône. Mais elle estime que trop peu de pesticides, suspectés d'être des perturbateurs endocriniens, sont recherchés dans les analyses. Une pétition est lancée.

Des pesticides perturbateurs endocriniens suspectés retrouvés dans plus de deux analyses sur trois pourtant réputées conformes, selon UFC Que Choisir
Des pesticides perturbateurs endocriniens suspectés retrouvés dans plus de deux analyses sur trois pourtant réputées conformes, selon UFC Que Choisir © BELPRESS/MAXPPP

La quasi-totalité des consommateurs du Rhône reçoit une eau conforme en tous points aux critères réglementaires. C'est ce que montre une carte interactive proposée en ligne par UFC Que Choisir. Chacun peut ainsi y chercher sa commune ou même son arrondissement pour vérifier à quel point les analyses y sont effectuées avec précision.

Au passage, elle révèle aussi "de graves carences de la réglementation et des mesures de gestion locales en matière de pesticides et de perturbateurs endocriniens." Une bonne partie de ces éléments ne seraient tout simplement... pas recherchée !

UFC Que choisir permet de juger, grâce à cette carte, la qualité de votre eau du robinet. Exemple dans le 8ème arrondissement de Lyon : 48 molécules de pesticides et dérivés sont recherchées dans ce département en moyenne, contre 200 en France.
UFC Que choisir permet de juger, grâce à cette carte, la qualité de votre eau du robinet. Exemple dans le 8ème arrondissement de Lyon : 48 molécules de pesticides et dérivés sont recherchées dans ce département en moyenne, contre 200 en France. © quechoisir.org

 

Pesticides : seulement 48 analyses en moyenne dans le Rhône

Alors que plus de 750 molécules différentes de pesticides et de leurs dérivés sont susceptibles de se retrouver dans l’eau potable, seulement 48 analyses sont en moyenne effectuées dans le Rhône. C'est ce que démontre l’étude de l’UFC-Que Choisir, qui pointe les limites des analyses officielles.

En effet, en l’absence de directives précises au niveau national, la liste des molécules recherchées est définie par chaque Agence régionale de santé. "Or pour notre département, le spectre des analyses est clairement insuffisant. Notre département est le 5e département le plus mal classé en France sur ce critère." explique l'association de consommateurs.

Au vu de ces résultats préoccupants, l’UFC-Que Choisir Lyon Métropole & Rhône demande une interdiction des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, ainsi qu’un renforcement urgent des exigences en matière d’analyses de pesticides devant être impérativement réalisées par l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.

Des pesticides perturbateurs endocriniens suspectés retrouvés dans plus de deux analyses sur trois 

A la différence des autres polluants dont on peut accepter la présence tant qu’elle est inférieure aux limites sanitaires, les perturbateurs endocriniens peuvent avoir de graves conséquences sur la santé à très faibles doses. Elles devraient de ce fait être strictement interdits en application du principe de précaution.

La réglementation européenne sur les pesticides empêche en théorie la vente de pesticides ayant des propriétés de perturbation endocrinienne. "Mais dans la pratique, le niveau d’exigence requis pour démontrer les effets néfastes sur le système hormonal est tellement élevé qu’il rend cette réglementation totalement inopérante, laissant sur le marché des centaines de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens." détaille UFC Que Choisir.

Ainsi dans le Rhône, dans 38 % en moyenne des analyses considérées comme conformes, notre étude révèle la présence de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens à des teneurs inférieures aux limites réglementaires mais quantifiables.

Une pétition est mise en ligne

L’association invite les consommateurs du Rhône à vérifier gratuitement la qualité de l’eau du robinet de leur commune, constater le niveau de recherche des pesticides et signer la pétition pour que le ministère de la santé augmente les recherches de pesticides là où elles sont insuffisantes.

Afin de garantir une eau véritablement indemne de pesticides et limiter l’exposition des consommateurs à ces molécules particulièrement nocives, l’association UFC-Que Choisir Lyon Métropole & Rhône demande aux pouvoirs publics d’assumer leurs responsabilités en faisant de la santé des consommateurs d’eau une priorité et donc :
- d’intensifier les recherches de pesticides en lien avec les niveaux de risques et les types de cultures environnantes. Les consommateurs sont appelés à soutenir une pétition lancée en ce sens accessible en ligne.
- d’interdire la commercialisation des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens en application du principe de précaution.
 

Ce que l'on sait des perturbateurs endocriniens

Selon l'ANSES, Les perturbateurs endocriniens sont "des substances qui dérèglent le fonctionnement hormonal des organismes vivants et causent ainsi des effets néfastes sur la santé de l'Homme ou d'être vivants de l’environnement."

Comment agissent les perturbateurs endocriniens ?

Plusieurs mécanismes sont décrits. Les perturbateurs endocriniens peuvent :

- Imiter l’action d’une hormone naturelle et entraîner ainsi la réponse due à cette hormone. C’est l’effet mimétique ou agoniste.

- Empêcher une hormone de se fixer à son récepteur et entraver ainsi la transmission du signal hormonal. C’est l’effet de blocage ou antagoniste.

- Perturber la production/dégradation, ou la régulation des hormones ou de leurs récepteurs.

- Perturber le transport d’une hormone dans l’organisme.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
consommation économie santé société