REPLAY : " L’Autre Molière", une jubilatoire leçon de théâtre lyonnaise menée par Eric Guirado et Joëlle Sévilla

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Molière aurait eu 400 ans cette année. A cette occasion La France en Vrai vous propose « L’Autre Molière » Celui qui a vécu à Lyon et surtout celui que l’on n’enseigne pas. Une relecture contemporaine de l’homme et de son œuvre. Instructif et jubilatoire. Un film d’Eric Guirado sur une idée de Joëlle Sévilla. A voir ou à revoir sur france3 AURA le jeudi 15 décembre en seconde partie de soirée.

Elle l’appelle Jean-Baptiste et s’adresse à lui comme à un intime. Elle, c’est Joëlle Sévilla que vous connaissez tous. Parce qu’elle est la mère d’Alexandre Astier et Dame Séli dans la série Kaamelott.

Mais Joëlle est avant tout une comédienne et metteur en scène. Créatrice de l’école de théâtre lyonnaise l’Acting Studio et du Théâtre Mascarille à Lyon. Deux lieux entièrement dédié à son amoureux.

« J’aime cet homme (Molière). J’aurais voulu vivre avec lui… »

Joëlle Sévilla

C’est donc une femme éprise qui nous guide dans le film du réalisateur Eric Guirado. Une femme sous passions. De celles qui viennent changer une vie. La passion du théâtre, la passion des mots et surtout la passion de Molière : « J’aime cet homme. J’aurais voulu vivre avec lui et qui sait… peut-être que ça s’est passé » confie Joëlle Sévilla dans un sourire.

 

Elle a d’abord rencontré les comédiens de la troupe de Molière : « Une nuit j’ai fait un rêve qui m’a complètement bouleversée. Un rêve de sens. Je voyais des comédiens, je les entendais jouer et j’entendais surtout la justesse de jeu des textes de Molière ».

 « Quand on lit les textes de Molière… on se dit que ce n’est pas possible que ce soit joué par des clowns de cirque »

Joëlle Sévilla

 Et tout est parti de là : une compréhension de l’homme, de ses textes, une analyse pointue de chaque pièce. Le tout porté par l’énergie, l’exigence et un humour acéré : « Quand on lit les textes de Molière, d’une finesse et d’une justesse parfaites, on se dit que ce n’est pas possible que ce soit joué par des clowns de cirque comme dit mon fils ! »

Alors Joëlle Sévilla , s’inspirant de Lee Strasberg (fondateur de l’Actors Studio), dépoussière les mises en scène : « C’est aux acteurs de réveiller Molière » A ses élèves elle demande de rendre à l’auteur sa vérité. Sans haut-de-chausses et surtout sans déclamation parce que « c’est l’inverse de Molière  et parce que  c’est chiant. » Et si elle l’aime tant c’est aussi,  parce que, comme elle, il était rue Juiverie à Lyon. C’est à Lyon, qu’a été écrite sa première pièce en cinq actes « L’étourdi ou les contretemps » et c’est ici qu’elle a été jouée pour la première fois.

  «  Je ne comprends pas pourquoi les acteurs français d’aujourd’hui jouent Molière comme à son époque jouaient les ennemis de Molière »

Lee Strasberg, fondateur de l'Actors Studio

 

Alors Joëlle Sévilla , s’inspirant de Lee Strasberg (fondateur de l’Actors Studio), dépoussière les mises en scène : « C’est aux acteurs de réveiller Molière » A ses élèves elle demande de rendre à l’auteur sa vérité. Sans haut-de-chausses et surtout sans déclamation parce que « c’est l’inverse de Molière  et parce que  c’est chiant. » Et si elle l’aime tant c’est aussi,  parce que, comme elle, il était rue Juiverie à Lyon. C’est à Lyon, qu’a été écrite sa première pièce en cinq actes « L’étourdi ou les contretemps » et c’est ici qu’elle a été jouée pour la première fois.

« Lyon est la ville de province où Molière a le plus vécu… »

Georges Forestier, historien du théâtre

 

« Ma chère ville de Lyon »… C’est ainsi que Molière parlait de la Cité des Gaules. « Contrairement à ce qu’on croit Molière ce n’est pas Paris, ce n’est pas Pézenas. C’est Lyon. C’est la ville de province dans laquelle il a le plus résidé entre 1646 et 1658 » précise Georges Forestier, historien du théâtre du 17ème siècle.

 Les historiens s’accordent à dire que l’on est mal renseigné sur les troupes du 17ème résidant à Lyon. Sauf si durant leurs séjours, il y avait un passage obligatoire à l’état civil. Et c’est ainsi que l’on a la preuve des résidences lyonnaises de Molière et sa troupe. Sa signature apparait par deux fois sur les registres, en 1655 et en 1657, à  l’occasion d’un mariage et d’un baptême. Jean-Baptiste Poquelin est une fois témoin et une fois parrain.

« On sait qu’il résidait sur la rive gauche de la Saône, dans le quartier de la Pêcherie et qu’il a très certainement joué au Jeu de Paumes de la rue Duboeuf » raconte Olivier Zeller, professeur émérite des universités. Et Joëlle Sévilla d’ajouter : « Lyon a compté pour lui. Il l’appelait ma chère ville de Lyon. C’est là qu’il a commencé à avoir cette reconnaissance du public et c’est là qu’il a commencé à gagner sa vie correctement. »

Ce film documentaire nous emmène dans une découverte subtile de Lyon et de son Jean-Baptiste Poquelin. A voir sans modération pour réconcilier tout un chacun avec Molière. Pas celui que l’on a découvert au collège, pas celui de Versailles mais l’autre, « L’Autre Molière ».

« L’Autre Molière » d’Eric Guirado sur une idée de Joëlle Sévilla (coproduit par Lato Sensu Productions et Francetv Aura) jeudi 15 décembre sur France 3 AURA à 22H45, dans la case documentaire La France En Vrai. ( ce film a déjà été diffusé en janvier 2022)