Election métropolitaine de 2020 à Lyon : mode d'emploi

Publié le Mis à jour le
Écrit par Paul Satis

C'est une première et une exception en France, le scrutin des élections métropolitaines de Lyon se tiendra en même temps que les élections municipales les 15 et 22 mars 2020. Les électeurs du Grand Lyon voteront, au suffrage universel direct, pour leurs conseillers métropolitains.

Les électeurs des 59 communes de la Métropole de Lyon vont donc voter deux fois le 15 mars, et deux fois le 22 mars. Une fois pour l’élection du maire de leur commune, une fois pour l’élection du président de la Métropole de Lyon. Concrètement, dans votre bureau de vote, vous aurez deux tables pour choisir les bulletins, et deux urnes différentes.
 

Qu’est-ce que la Métropole ?

Elle existe depuis 2015, avant c’était le Grand Lyon et encore avant, c’était la COURLY. Elle regroupe 59 communes.
En 2015, le Grand Lyon a absorbé les compétences du département du Rhône sur son territoire pour devenir la Métropole de Lyon.
La Métropole de Lyon compte 1,385 millions d’habitants, (recensement Métropole de Lyon 2017). Cest une collectivité territoriale au même titre qu’un département ou une région.
 

Quelles sont ses compétences ?

La Métropole de Lyon a la gestion des transports, de l’habitat ou encore le développement économique. Elle a également hérité des compétences sociales du département comme l’insertion et l’emploi, l’aide sociale à l’enfance, la politique du handicap et du vieillissement.
 

Pour les métropolitaines, on vote pour qui ?

Comme aux municipales, les citoyens ne désignent pas directement le chef de l’exécutif, c’est-à-dire le maire ou le président. C’est l’assemblée élue qui le fera. On ne vote donc QUE pour élire des conseillers métropolitains et uniquement ceux de la circonscription où vous vivez.

 

Est-ce que les listes seront différentes de celles des élections municipales ?

C’est un vote par circonscription. Le territoire de la Métropole a été découpé en 14 circonscriptions, Il y a donc 14 élections distinctes, chacune avec des listes différentes. Mais vous saurez bien sûr à quel parti ou quelle personnalité appartient chacune des listes.
Par exemple si vous êtes dans la circonscription Porte du Sud, et que vous voulez voter pour Gérard Collomb comme président de la métropole, vous allez choisir la liste menée par Nathalie Frier.
 

Le découpage des circonscriptions ?

Rien à voir avec les circonscriptions législatives, ce serait trop simple. Le découpage s’est fait globalement sur des critères démographiques. Ces circonscriptions sont désignées par des lettres, A à N. Il peut y avoir plusieurs villes par circonscription, ça dépend de la taille des communes.
La « M », Val de Saône en regroupe une quinzaine…
La « G », c’est la ville de Villeurbanne à elle seule.
Et la ville de Lyon qui est la plus grande, est divisée en 6 circonscriptions, de A à F.
 

Une élection qui déchaîne les passions

On peut dire qu’il y a deux sortants dans cette élection. Jusqu’en 2017 et la victoire d’Emmanuel Macron aux Présidentielles, Gérard Collomb était à la fois maire de Lyon et Président de la Métropole de Lyon. En partant au gouvernement, il a laissé les manettes de ses mandats à des fidèles : la mairie à son 1er adjoint Georges Képénékian, et la Métropole à son 1er vice-président David Kimelfeld.
Un an et demi plus tard, Gérard Collomb quitte ses fonctions de minitre de l'intérieur et est de retour. Il reprend la mairie mais pas la Métropole. David Kimelfeld garde le poste et annonce sa candidature à sa propre réélection. Or la métropole c’est la priorité de Gérard Collomb. Son ultime combat politique.  Aucun des deux ne cède. 
A la République en Marche, c’est la fracture, Gérard Collomb obtient l’investiture du parti, David Kimelfeld maintient sa candidature. Aujourd’hui on en est là.
 

L’élection va-t-elle se jouer entre Gérard Collomb et David Kimelfeld ?

Pas forcément. Aux Européennes en 2019, les écologistes ont réussi un score historique, 21% à Lyon, et commencent à avoir des ambitions. Aujourd’hui, ils désignent Bruno Bernard, ancien élu villeurbannais comme tête de liste. Presqu’inconnu, c’est le spécialiste électoral du parti et un proche de Yannick Jadot. Les écologistes distancent dans les sondages le reste de la gauche menée par Renaud Payre. Les socialistes et leurs alliés, quant à eux, constituent une réserve de voix importante pour les écologistes, alors que les deux candidats issus de la République en marche, eux, sont irréconciliables.
 

Et la droite ?

La droite est menée par le sénateur, ancien maire d’Oullins, François-Noël Buffet, qui espère profiter des divisions de la majorité pour rafler la mise. Mais il se méfie de ses propres amis, et de la possibilité d’un accord entre Gérard Collomb et les Républicains. Un accord démenti pour le moment, mais il y aurait bien eu des discussions.
 

Le Rassemblement National est aussi présent 

Oui, mais sans grande possibilité de victoire. Le Rassemblement National est mené par un personnage atypique : Andréa Kotarac, qui en 2017, était candidat aux législatives sous les couleurs de la France Insoumise, avant de rejoindre Marine Le Pen.
 

Les autres listes 

La France Insoumise ne sera pas présente partout, elle est très divisée. En revanche il y aura des listes Lutte Ouvrière, mais sans poids électoral réel
 

Et que disent les sondages ?

Les sondages rapportent un peu tous la même chose, à savoir que Gérard Collomb est le favori. Mais avec des résultats de moins en moins importants au fil de la campagne, et sans réserve de voix. Les scrutins des 15 et 22 mars sont donc très ouverts.

Il existe un site et un guide très complet de ces élections métropolitaines sur le site de la préfecture du Rhône.