Élections municipales à Lyon : les conséquences d'une réforme souhaitée par Emmanuel Macron

Lors de sa conférence de presse, ce mardi 16 janvier, le chef de l'État a lancé l'idée d'une réforme du mode de scrutin aux élections municipales. Une réforme qui vise Paris, Lyon et Marseille. Dans ces villes, on vote par arrondissement. Réactions à Lyon où le projet interroge.

À la mairie centrale, première concernée par l'annonce du président de la République, on explique qu'on "ne fera pas de commentaire à chaud, mais que l'on reste ouvert au débat".

En lançant sa petite phrase ce mardi 16 janvier 2024, Emmanuel Macron a fait réagir le monde politique. "Décider une réforme en profondeur de la loi Paris-Lyon-Marseille pour revenir au droit commun" a-t-il déclaré. En clair, un changement du mode de scrutin pour ces trois villes.

La loi P.L.M.

Depuis une loi de 1982, les électeurs votent par arrondissement. Il y a en neuf à Lyon. 221 élus siègent alors dans les mairies d'arrondissement. Un tiers d'entre eux seront également élus en mairie centrale. Une élection en plusieurs temps que le chef de l'État souhaiterait simplifier et rendre plus juste : "La seule chose que je veux… C’est qu'un électeur puisse avoir les mêmes droits et compter autant à Paris qu'à Amiens, à Besançon ou ailleurs". Mais, une telle réforme pose de nombreuses questions.

Une mise en œuvre difficile

Il faut d'abord rappeler que lors des élections municipales, on élit des conseillers municipaux, qui, à leur tour, vont élire le maire. Mais à Lyon, une réforme pourrait s'avérer compliquée et difficile à mettre en œuvre. Il faudrait, en effet, avoir trois urnes. L'une pour les conseillers d'arrondissement, l'autre pour la mairie centrale et enfin une urne pour les élections à la métropole. Selon Daniel Navrot, politologue, cela pourrait cependant être une bonne idée. Car, rappelle-t-il, "à Lyon, on peut aboutir à l'élection d'un maire minoritaire en voix". Ce fut le cas pour Gérard Collomb en 2001, qui l'avait emporté en étant majoritaire dans les arrondissements, mais pas en nombre de voix.

Des hypothèses et des questions

Selon certains spécialistes, si ce mode de scrutin avait été mis en place lors des élections de 2020, cela n'aurait rien changé à la victoire des écologistes à Lyon. Ils étaient à la fois majoritaires dans les arrondissements remportés et bien supérieurs en nombre de voix récoltées.

Le conseiller municipal d'opposition, Yann Cucherat nous a indiqué ne pas être réfractaire à une réforme du mode de scrutin. Mais "plutôt que de subir", l'ancien protégé de Gérard Collomb fait le vœu d'un travail en commun des élus de Lyon. Il émet l'idée de réunir les élus de tous bords au sein d'une commission "pour être force de propositions". Et pour la prise en compte des particularités lyonnaises : le scrutin municipal se doublant d'une élection à la Métropole de Lyon.

"Dans l'absolu, ça ne va pas changer grand-chose" note Pierre Oliver, maire (LR) du 2° arrondissement de Lyon. Selon lui, le vrai sujet porte sur les relations entre les mairies d'arrondissement et la mairie centrale. "Il serait intéressant de travailler à une refonte des arrondissements et de leurs relations avec la mairie centrale".

Pour la mairie centrale justement, "tous les sujets sont sur la table". Mais, dans l'entourage de Grégory Doucet, on se questionne. "Une réforme ? Pour quoi faire ? Quel objectif ? Il ne faudrait pas une réforme qui se réduise uniquement à Paris et au mode de scrutin."

Il ne faudrait pas une loi faite à Paris pour Paris. Sinon ça deviendrait la loi P.P.P. !

Un proche conseiller du maire de Lyon

Mais prudence face aux changements des modes de scrutin. En général, ceux qui les modifient en espérant pouvoir gagner les élections finissent par les perdre.