Passation de pouvoirs glaciale entre le Premier ministre et Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur

Le Premier ministre assure l'intérim du ministre de l'Intérieur en attendant la désignation de son successeur. La passation de pouvoir s'est déroulée mercredi matin sur un ton policé mais dans un contexte plutôt froid. Et surtout Edouard Philippe a beaucoup fait attendre Gérard Collomb !           

La scène n'a pas échappé aux observateurs politiques. On a vu Gérard Collomb attendre le Premier ministre près d'une demi-heure sur le perron du ministère de l'Intérieur, tapoter sur sa montre et désigner l'heure en manifestant quelque impatience. Problème de timing ou retard délibéré ? Aurait -on voulu adresser un message au ministre démissionnaire?  Toujours est -il que le Premier ministre s'est longtemps fait attendre, donnant l'image d'un Gérard Collomb bien seul, place Beauvau, abandonné aux caméras de télévision...

C'est donc Edouard Philippe lui-même qui assure l'intérim du ministère de l'Intérieur en attendant la désignation de son successeur. Une décision prise dans la nuit et dans l'urgence par un exécutif dépassé par l'obstination publique de Gérard Collomb. Alors que le président de la République avait refusé sa démission lundi soir, le ministre de l'Interieur confirmait mardi au Figaro son intention de démissionner malgré tout pour rejoindre Lyon. Prenant de court l'Elysée et créant de fait une crise de gouvernance avec le départ anticipé d'un pilier du gouvernement, ministre d'Etat, soutien de la première heure d'E.Macron. L' Elysée, pris au dépourvu une seconde fois et déjà affaibli par le départ inopiné de son ministre de l'Ecologie.
 

"16 mois d'un travail exigeant"


La passation de pouvoirs s'est donc faite sur un ton policé et dans un contexte plutôt froid. Gérard Collomb a dit son regret de quitter "ce très grand ministère de l'Intérieur qui touche à la vie de tous les Francais", comme si la décision ne lui appartenait pas. 

Faisant le bilan de son action, Gérard Collomb a souligné l'effort consenti pour récrèer plus de proximité avec les français grâce à la police de sécurité du quotidien. Il a cité la dotation accrue des équipages, des caméras "pieton" et des tablettes numériques qui doivent donner de nouveaux outils aux fonctionnaires pour lutter contre la délinquance. Rappelant incidemment que l'enveloppe de son propre ministère avait augmenté de + 3,4% contre 0,8% pour l'ensemble du budget.

Mais il a aussi dressé un constat sévère de l'évolution de certains quartiers à la périphérie des villes, dominés par les islamistes radicaux et les narco-trafiquants: "Une situation dégradée où la loi du plus fort s'impose". S'agissant de sa loi "Asile et immigration", il a répété qu'il fallait accueillir les réfugiés mais aussi améliorer leurs conditions d'accueil, "sinon la situation deviendra ingérable".

Gérard Collomb a donc fait lui-même le bilan, voire l'éloge de de son action au ministère, pressentant sans doute que personne ne le ferait à sa place. De fait, le Premier ministre s'est voulu courtois mais concis. Il s'est contenté de remercier poliment Gérard Collomb pour "ces 16 mois de travail à la tête d'un ministère exigeant", soulignant après un silence, "le caractère direct de son expression". Tout était dit.         
 

 


    


                       
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