Hébergement temporaire d'urgence : les "Tiny House" trouvent leur place dans le Grand Lyon

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Écrit par Yannick Kusy (avec AFP)
Les élus ont annoncé qu'un autre site d'une vingtaine de "tiny houses" verrait le jour prochainement à Lyon. Démontables et transportables, ces micro-maisons, inspirées d'un mouvement architectural américain, permettent de déployer rapidement une solution de logement
Les élus ont annoncé qu'un autre site d'une vingtaine de "tiny houses" verrait le jour prochainement à Lyon. Démontables et transportables, ces micro-maisons, inspirées d'un mouvement architectural américain, permettent de déployer rapidement une solution de logement © france 3 Rhône Alpes

"Moins chères que l'hôtel" et "plus accueillantes": des "tiny houses" permettent de loger depuis quelques semaines à Villeurbanne, près de Lyon, des femmes et leurs jeunes enfants.. Les élus ont annoncé qu'un autre site d'une vingtaine de ces petites maisons verrait le jour prochainement à Lyon. 

"Pour moi, ici, c'est le paradis car j'ai trouvé tout propre, adapté, avec un grand espace pour que les enfants puissent jouer", se réjouit Imène, 21 ans. Une autre habitante, Angela, 25 ans et mère de deux enfants, dont la terrasse fleurie se distingue de celle des maisonnettes voisines, confie avoir "beaucoup changé d'endroits" depuis son arrivée en France en 2016. "Mon fils de 8 ans m'a dit : Mais c'est une cabane !... mais je lui ai dit que c'était mieux que la rue ou l'hôtel", ajoute la jeune Albanaise, qui pourra rester ici au moins six mois.

Recréer un cocon

17 "tiny house" (des "maisons minuscules" en anglais) ont été installées début mars pour ces mères de jeunes enfants sur le parking d'une friche industrielle, où les bambins jouent à faire des tours de vélo. Chacune dispose d'une pièce de vie, éclairée par une large baie vitrée, avec un coin cuisine et un canapé-lit, d'une petite chambre occupée par deux lits superposés et une salle de douche avec toilettes. 
"Ici c'est stable", souligne Monia, une mère de 37 ans, qui avait précédemment "déménagé d'un hôtel à l'autre".
 

Les micro-maisons se trouvant sur un ancien site industriel, "on va y mettre des arbres et des plantations pour le rendre plus agréable", promet Etienne Prime, un des responsables de l'association Le Mas, qui assure la gestion du village. Malgré cet espace extérieur pas très engageant, "les femmes se sentent vraiment bien car, même si c'est petit, on peut y recréer un cocon", poursuit-il.  

"L'objectif c'est d'être plus accueillant et plus hospitalier et trouver des solutions pérennes pour sortir de l'urgence", explique le président EELV de la métropole de Lyon, Bruno Bernard, en visite sur les lieux. "Cela nous coûte moins cher qu'un hôtel et, en terme de qualité de vie, de pouvoir cuisiner chez soi, ça change la donne. Sans compter qu'on peut offrir ici un meilleur accompagnement", souligne-t-il.

Pas de "conflits d'usage" 

Avec un coût unitaire de 29.000 euros et une durée de vie estimée à une quinzaine d'années, ces maisons minimalistes permettent de "retrouver toute l'intimité et la dignité d'un chez-soi, contrairement à un hôtel", renchérit le vice-président chargé de l'Habitat, Renaud Payre, en précisant qu'une nuitée revient à 17 euros par personne dans une "tiny house" contre 25 euros en hôtel. Les élus ont annoncé qu'un autre site d'une vingtaine de "tiny houses" verrait le jour prochainement à Lyon. 


Démontables et transportables, ces micro-maisons, inspirées d'un mouvement architectural américain, permettent de déployer rapidement une solution de logement. Idéal donc pour la métropole qui souhaite créer des villages provisoires sur des temps courts afin d'utiliser des terrains provisoirement vacants ou sous-utilisés. "C'est une nouvelle politique publique qui évite les conflits d'usage", se félicite M. Prime, qui souhaite "ancrer dans le territoire" les femmes accueillies.

Un accompagnement sportif et culturel

En plus de l'accompagnement social, l'association Le Mas ambitionne d'"offrir une citoyenneté" à ces mères de famille au travers de partenariats autour d'activités sportives ou culturelles. "Ces femmes sont toutes encore isolées et elles vont rester dans la métropole. J'ai donc envie qu'elles se sentent villeurbannaises et qu'elles soient considérées comme telles", a ajouté M. Prime.


 

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