Incendie mortel route de Vienne : une enquête accréditant la thèse de l'escroquerie à l'assurance

Le procès de l'incendie mortel de la route de Vienne a repris ce vendredi matin, 17 février 2023. Une deuxième journée d'audiences consacrée à l'enquête. Dans ce dossier, les investigations ont conduit vers un seul mobile : l'escroquerie à l'assurance.

À la barre, la première responsable d'enquête a parlé d'une véritable "scène de guerre" pour évoquer l'immeuble du 125 route de Vienne, ravagé par l'explosion et les flammes le 9 février 2019. Le procès de cet incendie criminel qui a causé la mort d'une mère enceinte et de sa fillette, a débuté jeudi 16 février en présence notamment du seul survivant de cette famille.  

Cette deuxième journée d'audience est marquée par la poursuite de l'examen des conclusions de l'enquête criminelle. Les deux accusés, cogérants de la boulangerie sinistrée située au rez-de-chaussée et où a eu lieu l'explosion, ont toujours nié en être les commanditaires, mais les preuves semblent accablantes.

Commerce endetté

L'enquête a révélé que ces deux associés croulaient sous les dettes. Ils avaient ouvert leur boulangerie trois mois avant le drame. Un commerce dans le rouge et un mobile sérieux pour les enquêteurs. Pour l'avocat de la partie civile, Me Beaulieux, pas de doute possible, c'est la seule hypothèse plausible. "Il n'y a pas de zones d'ombre, pas de zones de doute. Les fausses pistes ont été toutes évacuées. Ce ne sont pas les jeunes du quartier, ce n'est pas la boulangerie Elsa, il n'y a pas de différend intra-familial, pas de différend quelconque qui aurait pu expliquer l'incendie. La seule explication, c'est l'escroquerie à l'assurance", affirme Me Guillaume Beaulieux. Les deux accusés ont cependant toujours nié être les commanditaires de l'incendie de leur commerce. 

Quant à l'incendiaire présumé, grand absent de ce procès d'assises, il avait réussi à fuir en Tunisie avant d'être rattrapé et condamné par la justice de son pays. Quels liens entretenait-il avec les deux co-accusés ? "Ils se connaissaient, tous étaient boulangers, issus de la même communauté tunisienne à Lyon, travaillant parfois ensemble. Mais ces éléments ne font pas les éléments d'une complicité. C'est la position soutenue par la défense," explique Me Katia Gabriel, avocate de la défense. 

L'enquête a aussi mis en évidence que les deux cogérants de la boulangerie avaient fait réévaluer leur prime d'assurance peu avant le drame, se souciant tout particulièrement des garanties incendie. Les deux accusés ne se sont pas encore exprimés à la barre. Ils devraient prendre la parole en début de semaine prochaine. 

Avec V. Benais et S. Goldstein