Incendie de la route de Vienne : à la veille du procès à Lyon, l'émotion reste vive

Le procès débute ce jeudi 16 février devant les assises du Rhône, quatre ans après l'incendie mortel de la route de Vienne, à Lyon. Dans le quartier Grand Trou, l'émotion est encore vive, quatre années après le drame.

A la place de l'immeuble de la route de Vienne détruit par le feu, une façade béante masquée par des plaques de métal. A l'intérieur de la bâtisse, aucun mur ne subsiste, seuls des détritus. La toiture a également disparu. 

Quatre ans après le drame, le quartier Grand Trou garde encore les stigmates de cette terrible nuit de février 2019. Sur ce qu'il reste de la devanture de la boulangerie du rez-de-chaussée, des photos des deux victimes ont été collées par des anonymes. Les passants peuvent voir les images d'une maman souriante et d'une fillette blonde à ses côtés. L'incendie du 9 février 2019 a coûté la vie à cette mère de famille et sa fille de 4 ans.

A côté des photos, des affichettes indiquent aussi les dates et lieu du procès. Il va débuter à Lyon ce jeudi 16 février et doit se dérouler jusqu'au 24 février. Les noms des trois accusés ont également été placardés. 

Incendie route de Vienne : 2 morts

Le 9 février 2019, un terrible incendie faisait deux victimes au 125 route de Vienne, dans le quartier de Grand Trou. Il avait été précédé d'une violente explosion survenue vers 20h30 dans la boulangerie située au rez-de-chaussée. Un fourgon, garé devant la boulangerie, avait même bougé d'un mètre, soufflé par l'explosion.

L'incendie s'est rapidement étendu à tout le bâtiment. Juste au-dessus du commerce se trouvait un appartement occupé par une famille. Il a très rapidement été envahi par les flammes. L'incendie qui a ravagé l'immeuble s'est propagé en ne laissant aucune chance aux occupants du logement du premier étage.

Clara et sa petite fille Anna âgée de 4 ans ont péri dans l'incendie. La mère et l'enfant prisonnières des flammes, ont péri par asphyxie. La maman, enceinte de 8 mois, était âgée de 31 ans. Le père n'a pas réussi à leur venir en aide. Il a échappé à la mort en sautant par la fenêtre.

D'importants moyens avaient été déployés pour venir à bout du sinistre : pas moins de 75 pompiers et 27 véhicules. L'enquête, confiée à la police judiciaire de Lyon, s'était rapidement orientée vers la piste criminelle. 

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A la veille du procès, retour sur l'incendie criminel du 9 février 2019 qui a fait 2 morts dans le quartier de Grand Trou à Lyon. ©France Télévisions

Thèse de l'escroquerie à l'assurance

Avec ce procès, il s'agit de juger les commanditaires présumés du sinistre. Ce sont les deux gérants de la boulangerie située au 125, route de Vienne, qui vont comparaître. L'enquête a révélé une tentative d'escroquerie à l'assurance. En juillet 2019, les deux associés qui exploitaient la boulangerie ont été mis en examen. Ils ont été placés en détention provisoire à Lyon Corbas et Villefranche-sur-Saône. Les deux hommes contestent les faits. Ils sont notamment accusés de "complicité de destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort" et "tentative d’escroquerie réalisée en bande organisée".

Quant à l'incendiaire présumé, il avait rapidement été identifié par les enquêteurs. Il aurait agi à la demande des propriétaires de la boulangerie. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, ce quinquagénaire avait fui en Tunisie dont il est originaire. Il avait été interpellé en juillet 2019 dans ce pays. Jugé, il a été condamné à 15 ans de prison par la justice tunisienne en novembre 2022. Il sera aussi jugé en France, en son absence. Il n'a jamais avoué. 

Emotion quartier Grand Trou

Le drame avait été la cause d'une vive émotion dans ce quartier populaire du 8e arrondissement. Une marche blanche avait été organisée un an jour pour jour après les faits, en mémoire de la jeune mère de famille et de sa petite fille. Quatre ans après leur mort, la douleur est encore grande dans le quartier Grand Trou. "C'est horrible, on a du mal à comprendre que des choses pareilles arrivent pour de l'argent", explique Odile, une habitante. Tout le quartier semble aujourd'hui attendre ce procès. "Chaque fois que je passe là, je revis ça. Que le souvenir reste, mais on a vraiment envie de tourner la page", poursuit-elle. 

 Une plaque commémorative avait également été dévoilée dans le Square tout proche. 

Avec V.Benais et A.Jacques