"Je ne peux plus supporter de vivre près du lieu où mon fils a trouvé la mort", témoigne le père de Jordan, fauché par un camion

Il a perdu la vie à quelques jours de son 19ᵉ anniversaire. Jordan est mort sur une route de Villefranche-sur-Saône, happé par un camion toupie. Les parents du jeune homme, soutenus par plusieurs associations, attendent le procès du conducteur de l'engin prévu le 27 octobre prochain.

"Le chauffeur de camion n’a pas respecté le Code de la route et nous avons pris perpétuité avec ma femme et mes deux autres enfants", explique Ludovic Desarzens. Des mots simples qui traduisent une réalité bouleversante. 

La famille est brisée, endeuillée par le décès de Jordan, 18 ans presque révolus au moment du drame. Depuis, ses parents ont quitté la région. Impossible de vivre près de l'endroit où leur fils a perdu la vie le 3 mai dernier. Ils ne reviendront à Villefranche-sur-Saône que pour assister au procès du conducteur du camion-toupie. L'audience doit avoir lieu le 27 octobre devant le tribunal correctionnel. La famille s'y rendra pour faire face au mis en cause et pour faire passer un message. 

Tué sur le coup

Jordan avait toute la vie devant lui. Il est décédé dans un tragique accident de la route à Villefranche-sur-Saône, à quelques jours de son 19ᵉ anniversaire. Il était 18h et Jordan sortait du travail. Le jeune homme, qui circulait sur son scooter, a été fauché par un camion toupie. Tué sur le coup. Le drame s'est produit sur l'avenue de l’Europe, près d'une zone industrielle, devant une station-essence pour camions. Jordan rentrait tout simplement à la maison, chez ses parents à Misérieux, dans l'Ain, juste de l'autre côté. Un trajet fatal de 10 kilomètres. Un accident d'une banalité à pleurer. 

Le conducteur du camion toupie a coupé une ligne blanche, pour gagner deux minutes de son temps et du coup, il a brisé une famille.

Ludovic Desarzens

Père de Jordan

"Il a été tué par un chauffeur qui n'avait que 250 mètres à faire pour emprunter le rond-point. Jordan remontait la file de voiture, comme c'est autorisé. Lorsqu'il est arrivé à la hauteur du camion toupie. Le conducteur a tourné d’un seul coup. Il a coupé la ligne blanche pour aller faire son plein d’essence !", raconte le père, la voix brisée. Le conducteur n'aurait pas vu le jeune homme qui se trouvait dans son angle mort. "Pourtant, il a mis son clignotant, pour se dédouaner. Et le franchissement de ligne blanche ? C'est un professionnel de la route pourtant. Pour conduire un camion toupie, il a dû passer un permis spécial", s'indigne le père. Une infraction au Code de la route et surtout une faute impardonnable pour la famille. Ludovic Desarzens espère que la justice passera, mais le père de famille ne se fait guère d'illusions. "J'espère qu'il sera puni, mais ce n'est pas à moi de juger !", déclare-t-il sobrement. À l'attention du mis en cause, il a déjà préparé sa déclaration. Il espère seulement ne pas craquer le jour du procès. 

Une famille à jamais endeuillée

"Il vivait avec nous, on était fusionnel. C'était le plus joyeux, le plus famille," confie son père. Sur la photo, Jordan est tout sourire, jovial, tout en rondeur. Un gamin qui avait une copine et un travail dans une entreprise d'intérim caladoise. "Le jour de son anniversaire, on a acheté une concession funéraire ! On l'a enterré 19 jours après sa mort ! Vous vous rendez compte ?". Le temps de l'enquête, de l'autopsie... Une procédure presque interminable pour la famille et au bout une confirmation. "Mon gamin, il était en règle, il avait le permis, il n'avait pas bu. Il était parfaitement en règle", ajoute son père. 

Le 27 octobre, le conducteur du camion toupie, âgé de 30 ans, sera jugé pour homicide involontaire, aggravé par le franchissement d’une ligne blanche. "Le procès ne ramènera pas mon fils, mais je veux aussi être présent pour alerter". Délits routiers, incivilités au volant et infractions aux règles de circulation se sont multipliés ces dernières années, notamment après le Covid, selon Ludovic Desarzens. Des délits qui ont des conséquences destructrices et injustes. "Nous, on respecte le Code de la route, et ce sont nos enfants qui payent les conséquences", déplore le père de Jordan. 

Je sais que le conducteur du camion n'a pas voulu tuer mon fils, mais je veux alerter sur les conséquences de ces accidents et des infractions au Code de la route. Franchissement de ligne blanche, excès de vitesse... Il faut que les gens réalisent qu'ils ont des armes entre les mains.

Ludovic Desarzens

La famille de Jordan est aujourd'hui soutenue par plusieurs associations comme "France Victimes 66", et le "Collectif Justice pour Les Victimes de la Route" qui a fait des délits routiers son cheval de bataille. Sur la page Facebook de cette dernière, la photo de Jordan apparait parmi 530 autres victimes d'accidents ou de délinquance routière. "Ce qui m'a frappé, c'est l'âge de ces jeunes. Je ne tournerai jamais la page. Perdre un enfant, c'est un choc trop fort. On est des parents", conclut le père. 

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