"Je suis contre l'occupation israélienne, pas contre les juifs" Salah Hamouri répond à la polémique sur sa visite à Lyon

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien doit intervenir lors d'une table ronde consacrée au regard sur la Palestine, 30 ans après les Accords d'Oslo. Sa présence est critiquée par plusieurs élus et associations juives qui le décrivent comme un terroriste.

Dans le cadre d'une conférence sur les 30 ans des Accords d'Oslo, le maire de Lyon, Grégory Doucet a convié plusieurs experts à l'hôtel de ville le 1er février 2023.

Parmi eux, le président d'Amnesty International France, un membre du comité des droits de l'enfants aux Nations Unies et Salah Hamouri.

C'est la présence de ce dernier qui suscite de vives réactions de la part de certaines associations juives et de plusieurs élus locaux. Assimilé à un terroriste, Salah Amouri estime qu'il s'agit d'"une attaque idéologique menée par l'ambassade d'Israël qui n'a pas à s'immiscer dans les affaires intérieures françaises" 

Qui est Salah Hamouri? 

Présenté comme "défenseur des droits humains et ancien prisonnier politique", par la mairie de Lyon, Salah Hamouri a été incarcéré entre 2005 et 2011 par la justice israélienne, accusé d'être proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) , et d' avoir participé à un projet d'assassinat du rabbin, Ovadia Yossef, l'un des leaders du parti religieux d'extrême droite, Shass. Il avait alors plaidé coupable, "pour éviter 14 ans de prison".  Alain Juppé, ministre des affaires étrangères de l'époque avait à l'époque estimé que "les aveux faits à l’audience n’avaient été corroborés par aucun élément de preuve".

"J'ai vécu toute ma ve sous occupation, explique Salah Hamouri. Le mot terroriste je sais qu'il sert à criminaliser les gens. Moi je continue de défendre les droits des Palestiniens et je suis contre l'occupation de l'Etat d'Israël mais pas contre les juifs"

Salah Hamouri, qui entre-temps a obtenu un diplôme d'avocat, a fait l'objet de 13 mois d'emprisonnement en 2017. 

Le président de la République, Emmanuel Macron, en personne, avait alors signé un courrier adressé à la femme de Salah Hamouri, Elsa Lefort, lui faisant part de son soutien "pour que ses droits soient respectés". 

Puis le juriste a de nouveau été placé en détention en mars 2022,sans accusation formelle. Natif de Jerusalem Est, en zone dite "occupée", il a été expulsé, dimanche 18 décembre 2022 vers la France. Il ne dispose pas de la nationalité israélienne, mais d’un permis de résidence, que les autorités israéliennes ont révoqué. Une décision condamnée par la France, et jugée "contraire au droit" a précisé le Quai d'Orsay. 

Le débat sur sa visite à Lyon

Pour une partie des institutions juives de France, Salah Hamouri, expulsé vers la France en décembre dernier, n'est pas le bienvenu. "Scandale absolu ! Faut-il rappeler à la @villedelyon qui est #SalahHamouri, condamné par la justice israélienne pour tentative d’attentat contre le grand rabbin d’#Israël et liens avérés avec l’organisation #terroriste #FPLP reconnue comme telle par l’#UE ?", a tweeté Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice de l'American Jewish Committee Paris.

"Le masque écologique tombe"

Sur les réseaux sociaux, certains élus de la ville de Lyon et de la région s'indignent : 

Pierre Oliver, maire du 2è arrondissement de Lyon, dénonce "l'indignité" de la mairie lyonnaise. "Le masque écologiste tombe pour laisser place au véritable visage de cette majorité municipale, celui de l’indignité. Encore une provocation pour salir les Lyonnais au lieu de veiller à les rassembler".

Pour Sébastien Michel, maire Les Républicain d'Ecully, "inviter un individu condamné pour participation à une tentative d’assassinat déguisé en prisonnier politique, c’est la dernière trouvaille de Grégory Doucet". 

"Respecter les sensibilités de tous" 

Pour se défendre, la Ville reconnait, dans un communiqué, que : "ce sujet peut parfois susciter de vives émotions. La question de la situation des prisonniers politiques est un sujet important sur lequel de nombreux experts et associations travaillent depuis des années. Quelques-uns d’entre eux, reconnus dans le milieu universitaire pour leurs travaux, ont ainsi été invités par la Ville de Lyon."

Grégory Doucet, face à la polémique a proposé à plusieurs associations juives lyonnaises "de convier autour de la table un spécialiste, expert ou représentant indépendant, de leur choix"  afin d'apporter " un éclairage complémentaire" 

Pour maintenir et entretenir le dialogue, une délégation de la Ville de Lyon a prévu de se rendre en déplacement en Israël dans les prochains mois.

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