Lancer du disque : la championne lyonnaise Mélina Robert-Michon vise déjà les JO de Paris en 2024

Multiple championne avec un mental bien forgé, l'athlète Mélina Robert-Michon n'a malheureusement pas pu participer aux Jeux de Tokyo. Mais elle compte bien revenir à ses meilleures performances lors des JO de Paris en 2024. Elle a montré sa motivation sur le plateau de "Vous êtes formidables".

C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Tout le monde attendait Mélina Robert-Michon aux derniers Jeux olympiques de Tokyo. Et pour cause. Le palmarès de cette lanceuse de disque –la plus grande que la France ait jamais connu- est bien fourni : 20 fois championne de France, mais aussi vice-Championne olympique,-championne du monde et vice-championne d’Europe en individuel.

Absente à Tokyo

Et pourtant… Elle n’y était pas. Mélina n’a pas dépassé le stade des qualifications, classée 15ème alors que seuls les 12 premiers sont qualifiés. « Disons que la compétition était un peu à l’image de cette année… c’est-à-dire compliquée » justifie la championne. « Cette fois, ça n’a pas fonctionné. Ça fait partie du sport même si ça fait mal de ne pas réussir. Maintenant, il faut bien analyser tout cela pour pouvoir repartir de plus belle. »

Mélina estime qu’elle n’était techniquement pas bien préparée. « Avec la crise Covid, on n'a pas pu faire tous les déplacements et on a eu beaucoup moins de compétitions. Cela a manqué de réglages… De toutes ces petites choses qui font qu’à la sortie, on échoue » déplore cette habitante de Villeurbanne.

Pour tenter d’y parvenir, malgré la crise Covid, elle s’était pourtant entrainée au maximum : « On ne compense jamais vraiment, finalement. J’ai l’habitude de m’entraîner deux fois 4 à 6 heures par jour. Et là on est passé à seulement une ou deux heures quotidiennes. C’est compliqué à gérer. Sur cette préparation, je n’ai jamais réussi à retrouver le niveau que j’avais à Rio. Ce sera pour l’année prochaine. »

Mélina donne tout pour sa discipline, le lancer de disque, dont elle regrette qu’elle ne soit pas davantage médiatisée. « On ne peut pas aimer une chose que l’on ne connaît pas. Donc il faudrait déjà que l’on éduque le public, pour lui montrer ce qu’est ce sport. Je le vois autour de moi. Des amis regardent parce qu’ils me connaissent et…finalement me disent qu’ils ont trouvé ça sympa. C’est bien la preuve que ça mérite une meilleure exposition » est-elle convaincue.

Allons-y! C’est une occasion « formidable » d’en apprendre un peu sur ce fameux disque, qui pèse un kilo pour les femmes (et deux pour les hommes). Il est composé d’une partie en métal et d’une autre en plastique.

Si Mélina parvient à le lancer à plus de 66 mètres, elle sait que le record absolu est bien au-delà. « Il est détenu par une allemande qui l’a propulsé à 76,80 mètres. Une performance un peu surhumaine, réalisée par l’Allemagne de l’Est à une époque, on le sait, marquée par le dopage. Plus récemment, une championne américaine a atteint 71 mètres, et c’est déjà une perf exceptionnelle » précise-t-elle.

Une vocation depuis le collège

Mélina est originaire de Colombe, en Isère, entre la Côte St André et Voiron, qui abrite aussi le recordman de lancer de javelot Pascal Lefèvre. Elle est issue d’une famille d’éleveurs laitiers. Elle a toujours connu cette activité, mais c’est son frère, Guillaume, qui a repris l’exploitation familiale. « C’était un formidable terrain de jeu, depuis toute petite. Mais ce n’était pas une passion pour moi, comme pour lui. »

Sa voie sera donc sportive. Mélina fait des rencontres qui transforment son destin : « Au collège, mon prof de sport m’a suggéré très tôt de m’inscrire dans un club d’athlétisme. J’ai tardé à suivre son conseil. Mais il m’a présenté un entraîneur de club à la Cote Saint-André, qui a insisté davantage et j’ai fini par me lancer. Je ne le regrette pas. »

Mélina rejoint plus tard le club de Bourgoin-Jallieu puis le Lyon Athlétisme. Depuis 25 ans, elle est restée fidèle au même coach : Serge Debier, qui prend bientôt sa retraite. « Il ne sera plus là au quotidien, mais jamais très loin. On va faire une transition en douceur » se rassure-t-elle.

Les moments-charnière à Pékin

Côté progression, la championne garde un souvenir très bénéfique de Pékin, où elle a participé à plusieurs compétitions. « J’y étais pour les championnats du monde universitaires en 2001, et aussi en 2008 où, pour la première fois, j’étais finaliste. Un tournant dans mon parcours car je me suis posé la question, à ce moment-là, d’arrêter ma carrière.» se souvient-elle.

« Finalement, j’ai choisi de poursuivre, mais en ne me consacrant qu’exclusivement au sport, pour pouvoir rivaliser avec de vraies pros. Un moment-charnière. Et puis, j’y suis retournée pour les championnats du monde en 2015. Là, je suis totalement passée au travers. Trop de stress… Mais c’est sans doute dans cet échec là que j’ai construit ma victoire aux Jeux de Rio l’année suivante. Pékin m’a, à chaque fois, fait grandir…» résume Mélanie.

Pour ces différents moments, ses proches ont pu l’accompagner. « Cela fait particulièrement du bien de pouvoir partager, dans l’instant, ses réussites ou des résultats un peu plus compliqués » avoue cette maman de deux filles. Après chaque grossesse, Mélanie est revenue à sa discipline « avec du recul et plus d’envie, et surtout de nouveaux objectifs. Deux parenthèses plus que profitables. »

Objectif : Paris

A présent, la championne est entièrement concentrée sur une participation aux prochains Jeux en 2024 à Paris. Peu de choses pourraient l’empêcher d’y être. « Je vais faire tout ce que je peux pour y participer, parce que cela va être un moment fort. A Paris, tous mes proches seront présents et c’est une formidable motivation. »

Sans oublier que, juste derrière, arrive sans doute une nouvelle génération. « On a une jeune athlète qui s’appelle Amanda NGandu Ntumba, originaire de Saint-Etienne, qui commence à avoir de très bons résultats dans sa catégorie. J’espère qu’à Paris, nous serons plusieurs » se réjouit-elle.

 

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VIDEO : en 2017, Anne Hidalgo, en visite au Havre et alors que l'Axe Seine était un peu en sommeil, expliquait comment les maires de Paris, Rouen et Le Havre ont pris l'habitude de travailler ensemble. ©Richard Plumet / France Télévisions

 

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