Laurent Wauquiez au Japon : l'organisation défend un déplacement "dans le strict respect des règles"

Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes est accusé par l'opposition d'avoir profité de dépenses incontrôlées d'argent public lors d'un discret déplacement au Japon. L'agence régionale qui a organisé le déplacement tente de dégonfler la polémique.

Après l'article du journal Le Monde paru samedi 20 avril, sur un déplacement professionnel discret et présumé fastueux du président de la région Laurent Wauquiez au Japon, l'opposition locale s'empare de la polémique. En attendant les réponses de Laurent Wauquiez et de son équipe, l'agence organisatrice du développement défend point par point, auprès de France 3, un déplacement "dans le strict respect des règles en vigueurs".

L'organisation joue la transparence

L'agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, qui organisait le déplacement, a transmis à France 3 le programme du séjour, qui s'est déroulé du 10 au 14 mars. Alors que l'opposition accuse Laurent Wauquiez de ne pas avoir communiqué autour de ce déplacement, l'agence affirme, de son côté, avoir communiqué au grand public et sur les réseaux sociaux. France 3 a pu constater quelques publications de l'agence sur son compte Linkedin, dédié aux professionnels.

Mais Laurent Wauquiez, lui, est effectivement resté silencieux sur ce voyage. Maxime Meyer, Conseiller régional écologiste, accuse : "ils sont allés dans une station de ski le week end précédent le voyage, et ils sont allés à un dîner étoilé avec 150 personnes, et ça, c'est de l'argent public, ça oblige à une certaine transparence. Nous n'avons eu aucune information sur ce déplacement, et c'est là où est le problème. On voit qu'il n'y a eu aucune communication sur les réseaux sociaux de la part de Laurent Wauquiez, alors qu'il communique beaucoup d'habitude."

Interview de Maxime Meyer, Conseiller régional écologiste :

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Interview de Maxime Meyer, opposant écologiste ©FTV

Pas de repas, mais un "cocktail classique"

Alors que le Monde évoque un repas prestigieux, le directeur général adjoint de l'agence, Yann Drevet, répond : " il ne s’agit pas d’un repas. Cette séquence correspond à un cocktail qui rassemblait des chefs d’entreprises régionales, françaises et japonaises. Il s’agit d’une opération classique de promotion de la région (territoires, filières économiques d’excellence, etc.) et de mise en relation d’entreprises. Les objectifs que nous poursuivons sont toujours les mêmes : attirer des investisseurs dans les territoires de la région pour continuer à être une région leader en Europe en termes d’investissements directs étrangers (IDE) et faciliter l’accès au marché japonais pour les entreprises régionales."

Un séjour au ski ?

L'opposition évoque également l'opacité, dans le programme du président de Région, de deux jours dans une station de ski japonaise : "Laurent Wauquiez est arrivé le samedi soir, dans une station de ski de luxe, l'agenda ne dit rien de ce qu'il y a fait ! Il faut qu'il nous prouve qu'il n'était pas en vacances aux frais de la princesse", réclame l'opposant socialiste Jean-François Debas.

Interview de Jean-François Debas, Conseiller régional SED (Socialiste, écologiste et démocrate) :

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Jean-François Debas ©FTV

 A ce sujet, l'agence affirme que Laurent Wauquiez n'a eu aucun temps libre durant l'intégralité du séjour, qui ne prévoyait "aucune séquence qui n'était pas officielle et prévue comme telle dans l'agenda : (...) tous les membres de notre gouvernance ont dédié l’intégralité de leur temps sur place pour remplir les objectifs du déplacement."  Le directeur adjoint de l'agence précise : "ce déplacement, comme tous ceux que nous organisons, ne comprend absolument aucun temps de loisir. Il n'y a aucune ambiguïté à ce sujet."

De son côté, le cabinet de Laurent Wauquiez était injoignable ce dimanche. Il reste par ailleurs des zones d'ombres, comme le montant dépensé et pris en charge par l'agence régionale pour ce déplacement, encore inconnu, et certaines précisions manquantes sur le déroulement exacte du séjour.

Les élus préparent des demandes auprès de l'Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, qui se dit prête à communiquer avec transparence avec eux.